Canalblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bigmammy en ligne

Bigmammy en ligne
Bigmammy en ligne

Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
Voir le profil de Bigmammy sur le portail Canalblog

Newsletter
Archives
Derniers commentaires
30 octobre 2026

Une année de plus pour Dorian

 

J'ai toujours grand plaisir à me souvenir de la naissance de mon petit-fils Dorian qui a passé les premiers jours de sa vie - après la clinique - chez nous, dans l'attente de rejoindre son papa avec sa maman et de sa grande soeur à Tokyo ...

C'était déjà un enfant très calme et je ne me souviens pas de l'avoir entendu pleurer la nuit, moi qui ai pourtant  le sommeil ultra léger !

Il a bien grandi depuis, notre "Calinausaure".

C'est aujourd'hui un grand jeune homme toujours aussi câlin, notamment avec sa grand-mère, avec toujours un petit air de D'Artagnan.

 

 

Cela ne l'empêche nullement de poursuivre son chemin avec succès.

Renouant avec une tradition familiale seulement interrompue par son père (qui a choisi la Finance), après son arrière-grand père et son grand-père, il étudie en deuxième année de médecine. Un cursus particulièrement exigeant et qui demande patience et ténacité.

Il n'en manque pas.

 

Je lui souhaite un très joyeux dix-neuvième anniversaire !

 

29 octobre 2026

Un vestiaire à soi, exposition au Palais Galliera

 

A travers cette exposition riche de plus de 500 objets, le musée de la mode de la Ville de Paris explore la manière dont les femmes, de Marie-Antoinette en cavalière à George Sand et Rosa Bonheur, se sont approprié les codes vestimentaires masculins et ont ainsi questionné les normes sociales de leur époque.

 

 

 

Le fait que les premières manifestations d’autonomie des femmes nous soient venues du monde anglo-saxon ne relève pas du hasard : c’est le protestantisme qui a permis aux filles de maîtriser la lecture afin de pouvoir lire la Bible, elles aussi. Et comme de l’instruction vient la pensée, vient ensuite l’aspiration à un autre destin que l'essentialisation comme vierge-épouse-mère et gardienne du foyer.

 

 

C’est donc l’anglomanie ambiante qui a franchi le Channel au XVIIIème siècle pour envahir la mode des élites féminines françaises, en commençant par la prétention des femmes à suivre à cheval plus confortablement les chasses. Et ainsi apparut le spencer puis la redingote – riding coat – avec son corsage ajusté et son boutonnage sur le devant, les revers et les couleurs sombres, puis le costume d’amazone : une très large jupe déployée sur les flancs de la monture, mais cachant un pantalon …

 

 

Le ver était dans le fruit, car après les costumes d’équitation, vînt la pratique du sport, surtout la bicyclette, donc la jupe-culotte … Une pièce de vêtement qu’ont déjà adoptée les femmes employées dans l’industrie. Symbole de la révolte pour la liberté, le pantalon va devenir conquête. Cependant, une ordonnance de 1800 impose à la femme une autorisation du Préfet de police de Paris pour s’habiller en homme, une loi certes tombée en désuétude mais qui ne fut abrogée qu’en 2013.

 

 

La mode féminine évolue rapidement au XIXème siècle, en particulier grâce à l’essor des Grands magasins – démocratisation de la mode -  et à la proposition de tenues toutes prêtes. La mode féminine incorpore des codes jusqu’ici réservés aux tenues militaires comme les brandebourgs, les boutons de manchette, les fourragères, guêtres, bottes lacées … un plus tard des éléments de la tenue de ville masculine classique : chemises, gilets, nœuds -papillon avant de mettre en lumière le costume tailleur pour dames.

 

 

Pendant tout ma carrière, j’ai revêtu l’uniforme très sérieux de « working girl » : deux-pièces, d’abord jaquette et jupe droite, puis veste et pantalon à pinces … Avec d’autant plus d’enthousiasme que Line, la cousine de ma mère qui fut mon témoin de mariage, était Première main « tailleur » chez Jacques Fath puis chez Givenchy. Avec elle, j’ai pu appréhender la technique complexe d’adaptation de la coupe tailleur aux formes féminines. Elle m’avait ainsi confectionné mon premier tailleur lorsque j’avais 13 ans dont je me souviens parfaitement : un lainage à motif Prince-de-Galles sur fond Bordeaux, veste cintrée à basques courtes, jupe plissée …

 

 

Des femmes portant le costume masculin aux modes du Paris artistique et lesbien de 1900, en passant par les femmes actives commençant à exercer des "métiers d'hommes" en tailleur et bottines, l’exposition analyse l’impact des expressions dissidentes de la féminité et la manière dont elles ont contribué à redéfinir les garde-robes féminines de cette période. 

 

 

J'ai toujours adoré les gilets !

Aujourd’hui, quel que soit leur âge et leur activité professionnelle, la quasi-totalité des femmes portent la culotte, il suffit de regarder dans la rue. Un détail ? Pas tant que ça.

 

 

Selon Jean Viard, la conquête de l’égalité entre hommes et femmes est un des trois éléments majeurs de la gigantesque rupture anthropologique de notre temps. Et selon moi, ce n’est pas fini, en particulier en dehors du monde occidental.

 

 

Au-delà du subtil discours militant, c’est une exposition riche, très concrète (patrons de vêtements, extraits de livres comptables des couturières, vêtements bien mis en valeur – par exemple, le vestiaire de l’artiste majeure Rosa Bonheur (ci-dessus) - qui est très éclairante sur la période contemporaine.

Et quel superbe cadre !

 

 

Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19ème siècle. Exposition au Palais Galliera – 10 Avenue Pierre 1er de Serbie 75016 Paris. 10h – 18h sauf le lundi, jusqu’au 14 février, 14€.

 

 

28 octobre 2026

Filet mignon de porc au Roquefort

 

On doit compter un filet de porc pour deux (ou trois convives, s'il est très gros). Le sortir du réfrigérateur avant de s'en occuper afin qu'il revienne à température ambiante.
 
Préchauffez le four à 180°C (Th : 6) .
 
Couper le filet mignon dans le sens de la longueur jusqu'à la moitié de son épaisseur (à peu près). Saler très légèrement et poivrer dessus, dessous et dedans.
 
Détailler une tranche de Roquefort (200g environ) en lamelles régulières.
Eplucher des pommes de terre et coupez-les en rondelles d'épaisseur régulière.
 
Huiler légèrement un plat et y ranger au fond les rondelles de pommes de terre, puis poser par dessus le ou les filets mignons. Recouvrir d'une feuille d'aluminium bien fermée tout autour et enfournez entre 20 et 25 min. On peut ajouter un petit verre de vin blanc.
 
Retirer le plat du four et tartiner le roquefort à l'intérieur de la fente du filet en y glissant les lamelles de fromage, refermer, puis replacer le plat au four à découvert jusqu'à cuisson complète de la viande (environ encore 25 minutes).
 
Pour le service, couper le filet mignon en grenadins d'épaisseur régulière.
27 octobre 2026

Le Mythe de la virilité, un piège pour les deux sexes, essai d'Olivia Gazalé

 

En tant que fille d’une mère exceptionnelle, maman de trois filles qui réussissent une brillante carrière et grand-mère de trois petites-filles, j’ai toujours été féministe … mais aussi hélas imperméable à la philosophie.

Ce livre m’a été offert (merci Marie !) et je m’y suis donc plongée avec humilité, ne maîtrisant pas les concepts. En achevant cette lecture, je souhaite qu’elle soit donnée à étudier par tous les adolescents, et en priorité aux jeunes hommes.

Ma découverte du mythe de la virilité, si prégnant dans la culture occidentale, qui se donne comme un fait de nature alors qu’il résulte d’une construction culturelle imaginaire … fait ainsi désormais partie de mon outillage intellectuel.

Aux temps préhistoriques, les chasseurs-cueilleurs ne faisaient pas le lien entre l’acte sexuel et la grossesse. La femme, capable d’assurer la survie de l’espèce, était sacralisée : voir les innombrables statues de déesses-mères. Et puis, avec l’apparition de l’agriculture, les hommes ont compris … Dès lors, après Aristote, Paracelse et Saint Thomas d’Aquin, la femme s’est vue dénuée de sa participation à la genèse de l’enfant, ravalée à la simple « terre » par rapport à la prédominance de la « semence » de l’homme (je résume …)

Mais alors apparut la terreur absolue d’une paternité toujours douteuse, impliquant pour la femme la privation de liberté, l’interdiction d’accès à l’espace public, le confinement à l’espace privé car l’adultère devient une obsession pour le mari, et cela, bien avant l’apparition des grandes religions.

Autres terreurs archaïques du masculin, que l’on retrouve dès l’origine de la civilisation en particulier dans les récits de la création du monde : la peur de la castration, la hantise de l’efféminisation, l’angoisse de l’impuissance. 

Essentialisation de la femme-mère, sacralisation commune à toutes les religions, de la virginité, obligation de voiler la chevelure vue comme un piège maléfique … Même Saint Paul écrit que le voile est le signe de la subordination de la femme à l’homme. Ce n’est qu’en 1964 après le concile Vatican II que les femmes furent autorisées à entrer dans une église la tête nue !

Olivia Gazalé déconstruit les superstitions, les tabous, les idées préconçues et les présupposés qui remontent du fond des âges. Mais son message central est que si le système viriarcal (patriarcal) a essentialisé et opprimé les femmes, il a également aliéné les hommes au mythe de la virilité qui se referme aujourd’hui en forme de piège.

 

 

L’injonction, quand on est né homme, est de devenir viril : un devoir d’affirmer en toute circonstance sa virilité - ainsi les rites initiatiques masculins qui gèrent le changement de statut par la coercition et la violence : « Tu seras un homme, mon fils ».

Idem, l’exaltation de la mort en héros à l’image d’Achille, Roland, le jeune Joseph Bara, tous les soldats morts pour la Patrie, et, surtout, ne pas ressembler à une femme. Plus une société déconsidère les femmes, plus elle traque les homosexuels.

Pour les hommes, la post-modernité constitue un puissant facteur de déstabilisation : métamorphose de la paternité, luttes féministes, accès des femmes aux métiers des armes, aux postes de direction, mutations de la famille, techniques de procréation, coparentalité, maîtrise par les femmes de leur fécondité, brouillent les cartes.

Nous vivons en effet une crise de civilisation. Le mythe de la virilité guerrière a sombré dans les tranchées de la Grande guerre, Vichy a évoqué la dégénérescence, la Shoah puis l’effroyable brutalité des totalitarismes ont montré que l’homme est capable d’inhumanité.

Avec l’apparition des tâches répétitives introduites par le taylorisme, la tertiairisation de l’économie (l’autrice n’évoque pas l’IA puisque l’ouvrage a été publié en 2017), l’homme ressent désormais une profonde aliénation. Une frustration qui provoque des poussées de violence : masculinistes, tabassages domestiques, dans les stades, les manifestations, jusqu’à des actions terroristes ou kamikases, tueries de masse...

 

 

Les superhéros de BD, manga, jeux vidéo et cinéma réactivent la mythologie guerrière mais ne sont qu’une utopie portant au paroxysme le goût de la mort.

Parce qu’ils en furent les uniques bénéficiaires pendant des siècles, les hommes sont les premières victimes de la crise de civilisation actuelle.

La conclusion de l’autrice : pour que les hommes changent le regard qu’ils portent sur les femmes (encore encombré d’archétypes virilistes), il faut qu’ils modifient l’image qu’ils ont d’eux-mêmes.

Et d’abord, en lisant ce livre !

 

Le mythe de la virilité, un piège pour les deux sexes, essai d’Olivia Gazalé, publié chez Robert Laffont, dans la collection Agora Philosophie, 523 p., 12,10€.

 

 

26 octobre 2026

Plaisir de la découverte de nouveaux mots

 

Quelques mots de notre belle langue que j’ai découverts au cours de les lectures. Des termes « savants », rares, mais dont j'ignorais la signification. Des exemples :

Poliorcétique : ensemble des techniques et stratégies militaires employées pour s'emparer d'une place fortifiée, ou à l'inverse pour en organiser la défense.

Essentialisation : processus par lequel un individu, un groupe ou une entité est réduit à une seule de ses caractéristiques (son origine, son ethnie, son genre ou sa religion) en oubliant sa complexité, sa diversité et son évolution.

Et je me souviens de la polémique qui avait surgi à la suite d’un propos de l’ancien ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement. Là aussi, j’avais dû chercher dans le dictionnaire :

Téléologie : doctrine philosophique et étude qui explique les phénomènes, les êtres ou les actions par leurs fins, leurs buts ou leurs causes finales. J’ai récemment retrouvé ce terme dans le livre de Julian Jackson sur les interprétations a postériori du désastre de 1940.

Autant de mots qui ne figurent que très rarement dans les livres que je lis chaque jour et que je ne risque pas d'utiliser à mon tour ... Il n'est jamais trop tard pour apprendre.

Parfois très savants, formés le plus souvent à partir de langues anciennes – j’ai pourtant étudié le grec ancien en plus du latin au lycée – je ne les avais jamais rencontrés. Et soudain, dès la découverte de leur définition, et, accessoirement de leur étymologie, une nouvelle porte qui s’ouvre dans la connaissance et la réflexion.

Notre langage s’appauvrit dangereusement en ce moment, surtout mais pas seulement, face à l’omniprésence des nouvelles technologies. La lecture devient ainsi un loisir de vieux oisifs riches : c’est cher un livre !

 

 

Comme c’est dommage pour ceux qui passent à côté d’un bon livre ! Comment leur dire qu’ils se privent d’un plaisir infini, qui transporte dans des mondes inconnus, vers des rencontres de personnages inoubliables, place le lecteur au milieu de combats impossibles à mettre en scène dans un film à grand spectacle dont le budget ne serait pas finançable ?

Il ne faut pas craindre d’ouvrir un livre ou d’aborder un sujet étranger à ses propres centres d'intérêt ou compétences et si complexe qu’il apparaisse. C’est une occasion de découverte d’un nouveau terrain de la connaissance.

Et puis rien n’empêche de refermer l’ouvrage !

Pour ma part, j’ai rarement eu l’occasion de laisser tomber un livre en cours de lecture. Il aura fallu que le style soit réellement mauvais, ou la traduction défaillante, ou que le thème soit en opposition totale avec mes plus intimes convictions. Devant l’extraordinaire production littéraire qui nous est proposée, rentrée littéraire après rentrée littéraire, je me fie le plus souvent à ma proximité avec des auteurs que je connais, attendant le plus souvent avec impatience la parution de leur dernier ouvrage.

Même si parfois il m’arrive d’être déçue par des auteurs encensés par la critique, je m’attache à aller jusqu’à la dernière page, quitte à donner mon sentiment dans la recension que j’en écris aussitôt.

Car l’écriture est le complément idéal de la lecture. C’est mon travail – et mon plaisir – de chaque matin, quand j’ai les idées claires. J’ai la chance d’être arrivée malgré mon âge sans ressentir encore les difficultés de conceptualisation et les trous de mémoire … disons pas trop souvent.

La lecture et l’écriture jalonnent mes journées qui me semblent passer à une vitesse inouïe.

M’ennuyer, moi ? Jamais !

25 octobre 2026

Rôti de veau à l'estragon

 

Il faut un morceau de noix ou de sous-noix de veau d'environ 1,500 kg pour 8 personnes, légèrement bardé. Laisser la viande à température ambiante, la saler et la poivrer. Préchauffer le four à 180°/200° (Th : 6/7).

 

Emincer en fines lamelles deux belles échalotes et deux carottes. Préparer une tasse de feuilles fraîches d'estragon coupées finement au ciseaux.

Laisser chauffer de l'huile neutre et une noisette de beurre au fond d'une cocotte en fonte - Staub, si possible) - et faire y dorer le rôti sur toutes ses faces. Le réserver sur une assiette. Mettre à sa place dans la matière grasse les échalotes jusqu'à ce qu'elles deviennent transparentes, puis les rondelles de carottes, bien mélanger.

Reposer le rôti dans la cocotte au-dessus de la garniture aromatique.

 

Ajouter un grand verre de vin blanc sec, une cuillerée à café de fond de veau en poudre et la moitié des feuilles d'estragon.

Couvrir la cocotte et la glisser au four pour 1h et 15 minutes.

Au bout de ce temps, extraire le rôti. Lui enlever les ficelles ainsi que la barde de lard.

 

Ajouter dans la sauce une grosse cuillerée à soupe de crème fraîche, donner un petit bouillon puis un coup de mixer plongeant pour bien homogénéiser la sauce qui devient mousseuse en pulvérisant les échalotes et les carottes.

 

Couper le rôti en tranches, saupoudrer la sauce du reste de feuilles d'estragon frais concassé, mêlé avec quelques feuilles de persil plat.

24 octobre 2026

A propos de l'abolition réclamée de Parcoursup

 

De mon temps, comme disent les « vieux » dont je suis, Parcoursup n’existait pas ….

En 1966, seulement 10% d’une classe d’âge accédait à la possibilité – après succès au baccalauréat – de poursuivre des études supérieures.

La démographie – qui est pourtant une science statistiquement et éminemment prévisible - enregistre chaque année les naissances, mais personne n’avait anticipé la « vague » des enfants nés à la suite des retours de maris et de jeunes gens relâchés des camps de prisonniers à l'été 1945 … le "baby boom".

Ainsi, pour mes années de sixième et cinquième en 1957 et 1958, j’ai dû suivre une scolarité dans des classes de plus de 35 élèves, chauffées tant bien que mal par un poêle poussif et hébergées dans des bâtiments provisoires, construits à la va-vite sur des terrains du pourtour de la Ville de Paris anciennement occupés par les fortifications démantelées d’Adolphe Thiers, alors que notre nouveau lycée était en construction tout à côté et que l'on recrutait à tour de bras des professeurs à mettre devant les élèves.

Même manque d’anticipation quelques années plus tard lorsque cette tranche d’âge passait le bac – donc juste avant 1968 et venait s'entasser dans des amphithéâtres bondés.

En cette année de terminale (1963 - 64), je ne me souviens pas avoir entendu le moindre topo sur les possibilités d’orientation de la part de mes professeurs ni sur les grandes filières de l’enseignement supérieur. Pour ma part, on l'avait inscrite d'office en classe d'hypokhâgne littéraire, ce qui ne me convenait nullement. Mes parents, tous deux titulaires du Certificat d'Etudes, n’avaient aucune notion de ce qui pouvait être proposé à leur progéniture.

Il s’est trouvé qu’un ami de mon père, militaire, avait un fils qui m’a parlé de son parcours passionnant à Sciences Po qu’il continuait à l’Ecole nationale de la Magistrature …

Pour moi comme pour mes parents, ce cursus semblait être réservé aux enfants des élites, totalement inaccessible aux gens ordinaires comme nous. Mais il y avait alors un concours ouvert aux titulaires du baccalauréat.

Je me suis inscrite, sans illusions. Le matin de l’épreuve, j’ai failli faire demi-tour mais ma mère m’a encouragée : vas-y, tu n’as rien à perdre !

Je me suis présentée à l’examen. Et j’ai été reçue ! Cela a changé ma vie. Encore aujourd’hui, au vu de mes résultats médiocres au baccalauréat – sauf en langues et en histoire - je suis encore estomaquée !

 

 

Que se passera-t-il demain, si on revient au statu quo ante, si on répond à la demande des lycéens en colère, si Parcoursup est aboli, alors qu’aujourd’hui 80% de la classe d’âge obtient un bac hélas notoirement dévalorisé ?

Des concours mettant en jeu la sélection des meilleurs, cornaqués par leurs familles hyper-favorisées et sachant s’informer ?

Au nom de l’égalité, tout titulaire du bac peut entreprendre des études supérieures et le concept de sélection est politiquement tabou. Mais chez nous, avant la plateforme tant décriée, la sélection s’opérait par l’échec, avec des taux d’abandon en cours de première année effrayants dans certaines disciplines. Angoisse d’attendre une affectation ou désespoir de se retrouver en cours d’année rejeté ?

Comment opérerait la « main invisible » d’un nouvel algorithme, sans doute tout aussi opaque que le précédent ? Tirage au sort ? Piston pour heureux élus ? Priorité à certains parents opportunément informés ou généreux mécènes comme ce qui existe aux Etats-Unis ?

Je ne suis pas persuadée que ce soit plus efficace que la suppression du système actuel – qui pourrait sans doute être amélioré (grâce à l’IA ?) …. ce que proposent ses opposants. La décision appartiendra aux nouveaux responsables issus des urnes. Je leur souhaite bien du courage !

Pour mémoire, les inscriptions à Parcoursup en 2026 (chiffres officiels du ministère publiés le 19 octobre) ont atteint 1046000 candidats – soit 66000 de plus qu’en 2025 - auxquels étaient proposées 25000 formations. 91% des lycéens ont reçu au moins une proposition début juillet dont 66% dès le premier jour. 84 % des lycéens ont fini par accepter l'une des propositions. Il serait intéressant de savoir ce qu'il advient de ceux qui n'ont pas obtenu d'affectation ... 

J’ai encore une petite-fille en classe terminale aujourd’hui et j’angoisse, tout comme elle, elle qui sera la neuvième personne à me faire repasser le bac !

23 octobre 2026

La chute - France, 1940 par Julian Jackson

 

Parmi les centaines de livres que j’ai lus sur l’histoire des guerres européennes au cours des deux derniers siècles, au risque de lasser certains de mes lecteurs fidèles, celui-ci est l’un des plus intéressants.

Julian Jackson (né en 1954) est un historien britannique spécialiste de l’histoire de la France au XXème siècle. C’est notamment sur la base de sa biographie remarquée de Charles de Gaulle qu’a été conçu le film en deux époques « La bataille de Gaulle » d’Antonin Baudry qui rencontre actuellement un grand succès.

Son analyse des causes et conséquences de la débâcle de l’armée française du 10 mai au 15 juin 1940 apporte un éclairage nouveau, particulièrement riche sur les relations politiques et militaires franco-britanniques mais aussi celles des Alliés avec les Belges. Des faits objectifs, sans indulgence mais sans parti pris pour un camp ou un autre, une foule de notations qui font examiner cette période catastrophique sous bien des angles différents de certaines appréciations précédentes.

Le livre, relativement bref, est composé en deux parties : d’une part, le récit de l’enchaînement des décisions puis des phases de la campagne de France, l’analyse des forces en présence – pas si disproportionnées qu’on l’a souvent dit – l’état du moral des troupes, la qualité et/ou la carence du commandement, les graves dissenssions entre les gouvernants de chaque côté de la Manche ; d’autre part les causes, conséquences et scénarios contrefactuels : que se serait-il passé si la France n’avait pas cédé aussi vite et aussi complètement, qu’aurait fait Hitler ?

C’est peut-être la partie la plus originale de l’ouvrage. Certains faits méritent d’être soulignés : on connaît l’incompréhension mutuelle évidente entre les Alliés, le retard pris en entre les deux guerres par la France pour réarmer face à une Allemagne de plus en plus agressive, mais un effort avait été massivement enclenché dès 1936, de façon insuffisante toutefois. Le chasseur Devoitine D520 était le meilleur avion mais seulement 80 exemplaires étaient disponibles en mai 1940 : les Allemands les utilisèrent sur le front de l’Est en 1941. Un exemple parmi d’autres.

La thèse prémonitoire de De Gaulle sur la nécessité de créer des unités blindées, exposée dans « Vers une armée de métier » dès 1934, rencontra l’hostilité des hommes politiques partisans de la vocation miliaire de régénération nationale quasi mystique.  

 

 

La déroute de la France fut aussi celle de ses Alliés avec lesquelles elle n’a pas su coordonner ses opérations et qui avaient fort peu à lui offrir. Depuis Dunkerque, la confiance mutuelle entre Britanniques et Français avait complètement disparu. Et pourtant, les soldats résistèrent avec acharnement à la percée allemande entre le 13 et le 24 mai, suffisamment longtemps pour permettre au corps expéditionnaire anglais et à quelques troupes françaises d’atteindre la tête de pont et rembarquer.

L’auteur souligne la ténacité avec laquelle l’armée française continua à se battre au cours des deux premières semaines de juin malgré les terribles revers qu’elle avait connus lors des semaines précédentes.

C’est le 15 juin que mon père fut capturé près du village de Ville-Dommange.

Julian Jackson met aussi en garde l’historien de laisser le point de vue rétrospectif obscurcir notre jugement en fonction de ce que nous a appris la suite des événements. Par exemple, le concept de Blitzkrieg a été conçu a posteriori après l’invasion de la France, qui avait surpris l’armée allemande elle-même. « La campagne de France fut le succès d’un Blitzkrieg improvisé, tandis que celle menée contre la Russie fut un Blitzkrieg planifié mais qui échoua. »

Parmi les nombreux livres et mémoires cités dans cet ouvrage et qui traitent de cette période de chaos, j’en ai retrouvé certains que j’avais déjà lus et résumés dans ce blog … Parmi bien d'autres, ceux de Marc Bloch, Winston Churchill, De Gaulle, J-B Duroselle, William Shirer, Laurent Joly, Olivier Wieviorka, Tim Bouverie, Robert O. Paxton …

Dans ce livre qui est une passionnante synthèse, j'ai surtout apprécié le caractère nuancé et l’objectivité de cet historien parfaitement francophone, reconnu au niveau international, en ce qu’il décrit les responsabilités des acteurs tant britanniques que français, avant et après le déclenchement des hostilités dans cette catastrophe commune.

Un dernier commentaire, très personnel, celui d'une vieille dame qui a connu 1968 - entre autres - : nous avons connu le désastre de 1940, les violences de 1968 .... et nous nous en somme sortis ! Soyons confiants en notre génie du bordel ambiant !

 

La chute, France 1940, par Julian Jackson, traduit de l’Anglais par Souad Degachi et Maxime Shelledy, aux éditions du Seuil - collection L’univers historique, 360 p. 24,90€.

22 octobre 2026

Super anniversaire, Camille !

 

Que dire de plus que ce que je souligne chaque année à propos de ma petite-fille qui célèbre aujourd’hui ses 25 ans ?

Simplement que je n’ai pas vu ces années passer et me souviens avec bonheur de la naissance de cette première petite-fille, un rayon de soleil à une époque où le ciel s’obscurcissait pour moi, et qu’elle n’a depuis plus cessé de nos épater par sa constance à suivre la voie qu’elle a choisie, son courage devant l’adversité …

Troisième échelon d’une famille de juristes tous issus de la prestigieuse faculté d’Assas, elle fait suite à son grand-père Claude qui avait fait le choix de l’Administration, puis de sa maman associée dans un grand cabinet parisien.

Dans quelques semaines, elle va prêter serment lors d'une audience officielle devant la Cour d'appel… elle y étrennera sa robe, (ou toge) qui symbolise l'égalité entre les professionnels, la neutralité, la dignité et le respect de la justice. Sous ce costume noir uniforme, les différences sociales, la richesse ou l'influence s'effacent pour laisser place à la voix de la loi.

Je suis très fière d’être sa grand-mère.  ... ET PUIS aussi : " T'as de beaux yeux, tu sais ?"

 

Joyeux anniversaire, Camille … qu’il me faudra bientôt appeler Maître !

21 octobre 2026

L'embrasement de la Mairie de Limoges : un scandale ...

 

Alors, on recommence 1871 ? On refait la Commune ?

Nous avons tous été les témoins – entre autres images aussi affreuses qu’inquiétantes, de l’effondrement du beffroi de l’Hôtel de Ville de Limoges (ci-dessus), choqués par les circonstances de cet incendie … Aux dernières nouvelles, un suspect de 34 ans a été appréhendé, actuellement en garde à vue ... Attendons d'y voir plus clair pour comprendre.

En ce lendemain de l’anniversaire de mon mariage avec Claude le 20 octobre 1967, je revois aussi les images de l’embrasement accidentel, le 26 janvier 2025, du campanile de cette mairie du 12ème arrondissement de Paris (ci-dessous) où nous nous étions dit OUI, survenu dans un tout autre contexte.

 

 

Cette nuit de janvier 2025, le feu s’était déclaré vers 3h du matin, ravageant la toiture, la charpente et le beffroi haut de 36 mètres, qui fut déposé un peu plus tard par mesure de sécurité.

J’ignore à quel rythme les travaux de restauration de la mairie à nouveau dans ses locaux seront achevés, mais il faut sans doute encore patienter plusieurs mois (années ?), surtout en ce qui concerne la réfection à l’identique du campanile qui seront entrepris selon la phase 3 prévue en 2027 – 2028. Néanmoins, les services indispensables à la population ont à nouveau fonctionné à Paris rapidement, même en mode délocalisé.

Je n'ai pas eu ni le courage ni la nécessité de revenir sur les lieux depuis ...

J’imagine que les dégâts nettement plus considérables infligés à l’Hôtel de Ville de Limoges seront encore plus complexes et plus longs. Cependant, nous disposons aussi des procédures mises en œuvre lors de l‘incendie de Notre Dame …. Mais que dire encore de toutes les destructions volontaires d'entreprises et de bâtiments symbolisant tant soit peu l'Etat ... 

Pour tous les habitants attachés comme moi à leur ville et à la noblesse du Service public, un tel choc constitue une souffrance indélébile. Comme la très grande majorité d’entre nous, je suis atterrée, scandalisée, horrifiée par le niveau de violence cynique et de ressentiment qui secoue notre société.

Et avant tout, je suis démunie face à l’incapacité des uns et des autres de discuter en respectant l’adversaire, quel qu’il soit. Je suis hélas une vieille dame qui a vécu la moitié de sa vie dans un autre siècle, où demeuraient encore en vigueur certaines valeurs qui semblent avoir complètement explosé aujourd’hui. Ma génération en est-elle responsable ? Sans doute, mais pas qu'elle ...

Cela fait donc 59 ans que, tout juste majeure, j’ai signé mon premier acte officiel me liant à l’amour de ma vie dans la salle des mariages de cette Mairie encore en travaux aujourd’hui, mais qui va renaître bientôt.

Courage à tous ceux qui souffrent d’avoir tout perdu - et sans doute aussi quelques illusions - en cette automne désastreux  …

 

 

Pages
Visiteurs
Hier 697
Depuis la création 8 023 515