Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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Il y avait presque un an que je n’avais plus foulé les allées du Luxembourg … Pas vraiment l’envie, pas la mobilité ni la nécessité … en bref : la flemme !
Mais hier après-midi, le besoin. Après l'appréciation rassurante de mon oncologue sur les résultats du scanner passé lundi matin, je me sentais allégée d’un grand poids. Même si, tout au fond de moi, je pensais être de nouveau en forme.
Il faut dire que ces deux mois passés en famille, entourée (et non « gardée ») avec tendresse, m’ont fait un bien fou. J’ai progressé dans la mobilité, j’ai fait des repas plus équilibrés, mes crises de « dysphagie post-radique » se sont espacées.
C’était un moment délicieux en ce mercredi après-midi : une température idéale, des frondaisons encore très fournies, plein d’enfants – avec leurs grands-parents – les boulistes toujours au poste, les jardiniers affairés, les aires de jeux et les balançoires en pleine action.
Le décor est toujours aussi beau, à quelques pas de ma maison.
Cependant, je repense toujours aux promenades que nous faisions avec Claude, avec toujours le même itinéraire … Je n’ai plus autant d’énergie aujourd’hui, mais je progresse.
Le Maroilles, c'est d'abord l'odeur ... En gratin, il embaume vite toute la maison mais la cuisson lui enlève tout caractère excessif.
Voilà une façon de le faire aimer de toute la famille, ainsi que les courgettes.
Eplucher deux courgettes (une lanière sur deux) et les détailler en petits dés. Les mettre à dégorger pendant une heure dans une passoire avec du sel afin qu'elles ne rendent pas trop d'eau.
Eplucher et émincer un oignon d'une part, une main de persil plat d'autre part, concassés avec une gousse d'ail. Mettre le four à préchauffer à 200°.
Faire sauter les courgettes avec l'oignon et un peu d'huile d'olive dans une poêle antiadhésive, puis laisser cuire à tout petit feu environ une demi-heure. Ajouter de la muscade râpée mais pas de sel, puis, une fois le feu coupé, le hachis de persil et d'ail.
Enlever la croute d'un quart de petit Maroilles et le détailler en lamelles.
Placer les courgettes cuites dans un plat à gratin en une couche fine.
Battre 4 oeufs avec une cuillerée à soupe de crème fraiche épaisse. Verser les oeufs sur les courgettes, puis disposer les lamelles de Maroilles sur le dessus, ajouter du poivre du moulin et enfourner pour environ une demi-heure, jusqu'à blondissement.
Le proverbe latin nous prévient : « il n’y a pas loin du Capitole à la roche tarpéienne ». Voici donc l’histoire – ascension et chute - d’une bande de malfrats qui prospérèrent à Rome pendant les années de plomb, entre 1977 et 1992. Un polar plein de personnages effrayants, dangereux, bornés, camés mais parfois attachants avec leurs chagrins d’amour, leurs appétits de vengeance, leurs scrupules parfois, leurs tentatives de s’échapper de ce milieu létal.
Il y a les squales, les sardines et le plancton.
Parmi ceux qui ont un projet d’organisation, le Libanais va structurer cette bande de façon efficace, fondée sur la maîtrise du trafic de la drogue. Au départ, un capital fourni par la rançon d’une victime, malheureusement tuée par accident, mais qui va permettre les premiers investissements. Ensuite, la novation est la compétence d’un spécialiste financier qui sélectionne des affaires saines pour y investir l’argent sale, sait trouver des prête-noms, sait comment blanchir l’argent des trafics : prostitution, jeux clandestins, paris équestres …
Le Libanais devient le chef incontesté, il a ses lieutenants : le Froid, le Dandy, Œil fier, le Sec (aux finances), le Noir, Trentedeniers, le Minot, le Buffle, le Rat … Il instaure un système de versement régulier de part du butin – le fade – égale pour chacun, une caisse commune qui permet notamment de soutenir les membres qui sont en prison en attente d’une bonne décision suscitée par d’excellents avocats ou des médecins prêts à certifier l’aliénation mentale.
Il y a aussi les femmes : Patrizia, Roberta, Rossana, Gina, anciennes prostituées plus malines que les autres.
En face, les tenants de l’ordre : le commissaire Scialoja et le juge Borgia. Incorruptibles mais parfois aussi amoureux. Difficile de rester de marbre au sein de cette fange.
Enfin, et toujours dans l’ombre, des personnalités de la haute administration, qui tirent les ficelles : le Vieux, le Maître …
L’auteur (né en 1956) sait de quoi il parle. Il fut magistrat à la cour d’assises et auteur prolifique de romans policiers, scénariste, journaliste. Il décrit de l’intérieur l’ascension fulgurante des plus malins, puis la jalousie de leurs pairs, la lutte pour le pouvoir, la réussite spectaculaire de ces assassins sans remords suivie inexorablement de leur assassinat. Et le cycle recommence avec un nouveau leader.
Cette saga s’inspire de faits réels. La banda della Magliane a sévi à Rome pendant les années de plomb, avec en toile de fond l’assassinat d’Aldo Moro, l’attentat de la gare de Bologne, un temps où la police était très (trop ?) occupée à traquer les Brigades rouges. Une organisation prospère, indépendante mais qui entretenait cependant de bonnes relations avec les différentes obédiences mafieuses, les mouvements néofascistes, les services secrets et la franc-maçonnerie.
Une plongée dans l’univers bling bling (ah… les Rolex !) et périlleux de la pègre, remarquablement traduite par Catherine Siné et Serge Quadruppani (le traducteur d’Andréa Camilleri).
Romanzo Criminale, polar historique de Giancarlo De Cataldo, traduit par Catherine Siné et Serge Quadruppani, publié aux éditions Métaillé en 2006, 585 p., 23€.
Parmi les sujets du JT de TF1 de 13 heures hier, il y avait un reportage (merci Tim Tim !) sur l’un des opéras les plus joués au monde : Carmen de Bizet …
Et aussitôt me sont revenus en mémoire une foule de souvenirs. Car j’ai été contaminée en novembre 1959 lors de ma première incursion dans l’univers de l’opéra. Et en particulier, cette première expérience avec Carmen à l’opéra Garnier. J’avais donc 13 ans.
J’ignore à quelle occasion mon père s’était procuré les places pour cette représentation exceptionnelle, mais je me souviens du casting. Au pupitre, Roberto Benzi, jeune prodige de la direction d’orchestre qui avait commencé dès l’âge de 6 ans et avait tourné un film vu à la télévision, dans le rôle-titre : son épouse Jane Rhodes, superbe comédienne et mezzo-soprano, Albert Lance en Don José, sur une mise en scène de Raymond Rouleau.
Encore aujourd’hui, je revois les scènes de cette adaptation réalisée pour la première fois à l’opéra alors qu’elle avait été créée pour l’opéra-comique. Ce fut un triomphe. J’avais appris par cœur plusieurs des dialogues, en particulier celui de la dernière scène : "C'est toi ? - c’est moi ! » Je m’en souviens encore.
Malheureusement, lors de la première en mars 1871, cette œuvre magistrale fit un bide. Une triste fin pour l’auteur qui mourut quelques semaines après …
Plus tard, j’ai continué à apprécier les opéras, notamment avec Claude : Mozart au festival de Salzbourg – plusieurs années de suite – Verdi … Mes trois opéras préférés : Carmen, Don Juan et La Traviata. Peu d’appétence pour Wagner, une mention spéciale pour Norma de Bellini, vu à l’opéra Bastille et Salomé de Richard Strauss vu au palais Garnier.
J'ai revu Carmen dans différentes mises en scènes, par exemple en 1985 avec Teresa Berganza, mais je n'ai jamais oublié cette première impression. Bien entendu, il y a bien des années que je ne vais plus à l’opéra. Mais j’en garde de brillants souvenirs.
Commencer par sortir votre cocotte en fonte - idéalement une STAUB, de dimension calibrée avec la quantité de viande d'agneau dont vous disposez.
Pour 6 portions : couper en gros dés trois oignons et deux courgettes longues pelées une ligne sur deux.
Faire rissoler à l'huile d'olive les oignons et deux gousses d'ail en les saupoudrant des épices : coriandre, cumin et gingembre - une demi cuillerée de chaque.
Faire bien rôtir les épices avec les oignons puis réserver.
Remplacer les oignons par les morceaux de viande : collier d'agneau par exemple.
Quand tous les morceaux sont saisis et dorés sous toutes leurs faces, remettre les oignons, ajouter les dés de courgettes et une boîte - ou comme ici un pot - de coulis de tomates. Un verre d'eau en plus.
Saler et poivrer, un peu de piment d'Espelette. Couvrir et laisser mijoter environ 45 minutes.
Ainsi que l'écrit Alfred Grosser dans sa préface à cet ouvrage publié en 1953 : « Non, tous les Allemands n’ont pas aveuglément suivi Hitler. Oui, il y a eu des oppositions, des résistances allemandes. Pendant longtemps, cette réalité a été occultée, a été niée hors d’Allemagne et notamment en France. (…)Les Alliés ont tout fait pour qu’Hitler apparaisse comme l’incarnation de la totalité de la communauté allemande. »
Günther Weisenborn (1902 – 1969) s’est fait un devoir de citer tous les témoignages recueillis, récits, déclarations, rapports, jugements, statistiques rapportant les différentes formes de la résistance allemande au nazisme, depuis la prise de pouvoir jusqu’à la capitulation.
Et cette masse d’informations ressemble à un martyrologe de toutes les victimes sacrifiées au nom de leurs valeurs diamétralement opposées à l’idéologie d’Hitler.
Les églises chrétiennes, les organisations de jeunesse, les classes moyennes de la base au sommet, les femmes, l’armée jusqu’au niveau le plus élevé, les ouvriers et les syndicalistes, les intellectuels, écrivains, artistes, universitaires …
Une longue liste de noms, faits, de récits, de bilans.
Seuls deux événements sont le plus souvent cités en France : le groupe d’étudiants menés par Hans et sa sœur Sophie Scholl dit « la rose blanche » et l’attentat du 20 juillet 1944 fomenté par le haut état-major et Claus von Stauffenberg auquel Hitler a miraculeusement échappé.
J’ai relevé quelques chiffres édifiants parmi bien d’autres : pour la seule année 1936 à Berlin on compte 2197 arrestations de personnalités de gauche ; pour tout le Reich, chiffres de la gestapo en 1936 : 1687 arrestations, en 1937 : 8058 arrêtées pour activités socialistes clandestines, 17168 pour trahison.
Sur les 525000 Juifs présents en Allemagne, 295000 ont émigré, 215000 ont péri, il ne restait que 15000 survivants en 1945.
A la déclaration de guerre, environ 300000 Allemands étaient détenus pour raisons politiques. Durant les deux premiers mois de 1944, il y eut 310686 arrestations.
Tous les différents mouvements de résistance étaient profondément imprégnés des valeurs chrétiennes.
Le mouvement fut plus long à se développer au sein de la Wehrmacht et ne fut pas assez fort pour influer de manière décisive sur le cours de la guerre. Cependant, entre août 1939 et janvier 1945, au moins 24559 membres de la Wehrmacht furent condamnés à mort (sans compter les innombrables exécutions sommaires non recensées).
Avant celui du 20 juillet 1944, pas moins de cinq attentats contre Hitler furent planifiés au niveau supérieur de l’armée …
Sans doute moins nombreux qu’en France occupée, mais écrasés par un régime de terreur absolu, il y eut des femmes et des hommes pour s’élever contre la barbarie nazie. L’auteur lui-même en a payé le prix mais a été libéré par les troupes soviétiques. Son livre est un vibrant témoignage qui contribue à remettre certaines idées fausses en place sur la « responsabilité collective » du peuple allemand pendant la seconde guerre mondiale.
Une Allemagne contre Hitler – Der lautlose Aufstand – compte rendu de la résistance du peuple allemand – par Günther Weisenborn – traduit par Raymond Prunier, aux éditions Le Félin poche (2004), 392 p. 8,90€.
Dans l’une des bibliothèques de cette maison, il y a un stock de livres de Gérard de Villiers (1929 – 2013) dont j’ignore la provenance, parmi l’énorme production du créateur du personnage ultra-célèbre chez les lecteurs de romans d’espionnage de ma génération : Son Altesse Sérénissime (dit SAS) Malko Linge. Il paraît que la production de cet écrivain s’est vendue à environ 100 millions d’exemplaires ! Qui dit mieux ?
J’en avais lu quelques-uns, fourmillant de combats homériques et surtout de descriptions particulièrement imagées des fréquentes prouesses sexuelles de l’espion increvable – à tous les sens du terme. Il est vrai que ces livres, surtout destinés à un public masculin, furent écrits à une époque où n’existaient pas les sites de vidéos pornographiques …
Bref, à part ces passages qui ne présentent aucun intérêt pour moi, je dois concéder que le style de l’écrivain est fluide, très efficace et surtout évoque dans chaque épisode une situation politique ou sécuritaire très bien documentée. C’est d’ailleurs ainsi que l’ont qualifié des experts en géopolitique, dans la mesure où l’auteur a su se constituer un réseau très étendu et surtout très bien informé de sources professionnelles.
Ce roman porte le numéro 97 et se situe en Colombie, autour d’un des patrons de cartel, celui de Medellin, que les autorités américaines ont prévu d'exfiltrer. Paru en 1989, il met en scène « La bandera des cloportes : un flic à moitié tuberculeux, un mercenaire retraité, un tueur psychopathe et une fille folle de son corps. Contre une des plus puissantes organisations criminelles du monde. »
Le lecteur est donc replongé dans la trilogie de Don Winslow : La griffe du chien et ses suites, avec l’action combinée des représentants de la CIA et de la DEA opérant sans entraves sur le territoire d’un pays ami – mais pas toujours avec succès. Sauf avec un expert comme Malko. Cependant, la trilogie en question est parue en 2005 … et se déroule surtout au Mexique.
Bref : un roman d’espionnage très sérieux sur le plan du contexte géographique, qui apprend au lecteur bien des notions de politique étrangère, le tout agrémenté de combats d’une violence extrême, entrelardés de scènes de sexe hyper réalistes. A ne pas mettre entre toutes les mains …
Mais à vrai dire, j’ignore si les livres de Gérard de Villiers sont encore disponibles en librairie, ou peut-être dans des boutiques spécialisées de livres anciens ou des foires aux livres … Et j'ajoute qu'aujourd'hui encore, la situation en Colombie n'a pas tellement changé ...
Cauchemar en Colombie, roman d’espionnage de Gérard de Villiers (publié en 1989 et 2010) aux éditions de l’auteur. 253 p., 6,99€.
Ouvrir en deux un kilo de petits abricots et en ôter les noyaux.
Mettre le four à préchauffer à 210° (Th : 7).
Beurrer une tourtière - ici, en porcelaine, que l'on n'a pas besoin de démouler - et dérouler une feuille de pâte feuilletée, enlever le papier de cuisson.
Préparer la crème d'amandes :
Délayer une petite cuillerée à café de Maïzena dans un peu de lait froid, ajouter 20 cl de crème fraîche entière liquide, 150g de sucre en poudre dont 2 sachets de sucre vanillé, 125g de poudre d'amandes, 2 oeufs entiers.
Battre au fouet pour obtenir une crème relativement épaisse.
Piquer le fond et les bords de la pâte et disposer les demi-abricots, la partie bombée dessus.
Juste avant d'enfourner - il ne faut pas que la crème détrempe la pâte - verser la crème sur les fruits.Laisser cuire 30 minutes.
Surveiller la couleur du dessus. Laisser tiédir ....
Ce n’est pas seulement le hasard qui fait que le récent film « La bataille de Gaulle » a été vu par plus de cinq millions de spectateurs. Ni que plusieurs de mes auteurs préférés aient choisi la période de la Résistance comme cadre de leurs romans ou essais : Pierre Assouline, Pascal Chabaud, Thierry Delrieu,Laurent Joly, Romain Slocombe …
Plus rarement évoquée est la période qui a succédé à la libération du territoire et a donné lieu aux règlements de comptes entre ceux qui avaient fait les mauvais choix et les résistants. Aujourd’hui, les derniers témoins disparaissent. Et les jeunes générations ont envie (besoin) de savoir.
Jean-Luc Aubarbier raconte un épisode très mal connu : l’épopée pitoyable d’un groupe d’ex-miliciens réfugiés en Allemagne, super entrainés par le sinistre Otto Skorzeny, parachutés à la Noël 1944 dans le Limousin pour y perpétrer des attentats derrière les lignes tandis qu’Hitler jette ses ultimes forces contre les Alliés dans les Ardennes.
Leur dernier espoir : qu’Hitler renverse le cours de la guerre, rétablisse son pouvoir sur la France et que le changement de régime leur permette de sauver leur peau et soient reconnus comme des héros. Mais il reste un obstacle de taille : le général de Gaulle, et ils sont chargés de l’éliminer.
Une histoire véridique, précisément documentée, à laquelle l’auteur prête un personnage complexe : Eloi Joubert, un séducteur invétéré, ambitieux mais qui gâche successivement toutes les opportunités qui s’offrent à lui, aussi bien en amour qu’en affaires, à l’indépendance d’esprit qui le conduit à être interné dans un des abominables camps de Vichy où il tombera malade … puis retrouvera celui qui fut son bourreau. Un personnage qui emprunte ben des traits au grand-père de l’auteur qu’il n’a jamais connu.
Pour moi, un souvenir d’une visite émouvante dans la région du sublime château d’Hautefort : la cité « idéale » Clairvivre, où Eloi soigne sa tuberculose, une utopique cité du bonheur qui fonctionne toujours.
La traque des commandos lâchés sur la région de prédilection de l’auteur se terminera par la capture des assaillants, mais leur sort – à part celui qui a absorbé sa capsule de cyanure – ne sera pas si dramatique.
On ne peut s’empêcher de penser aux ravages de l’idéologie qui mène les hommes au paroxysme de la violence telle que nous l’éprouvons aujourd’hui …
Maquis blanc, thriller historique de Jean-Luc Aubarbier, éditions terres de France, Presses de la Cité, 392 p., 22€.