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Bigmammy en ligne

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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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15 octobre 2026

Un après-midi avec Laurence A.

 

Plaisir rare de retrouvailles d’anciennes combattantes …

Cela faisait je ne sais plus combien d’années que je n’avais pas revu Laurence avec laquelle nous avons travaillé pendant des années et auprès de laquelle j’ai beaucoup appris.

Nous nous étions rencontrées comme collègues en novembre 1975, à l’Union de Banques à Paris, puis entre 1984 et 1988, nous fumes en relations autant amicales que professionnelles – puisqu’elle avait créé sa propre boîte de communication et que j’ai eu recours à ses talents d’organisatrice d’événements entre 1989 et 2007.

J’avais suivi ensuite, mais de loin, sa carrière d’élue de sa commune de Seine-et-Marne mais l’éloignement et ses nombreuses occupations ne nous avaient pas permis de nous retrouver, jusqu’à ce qu’elle me dise qu’elle avait l’occasion de venir à Paris hier …

Quel plaisir d’évoquer ceux que nous avons côtoyés jadis, de nous raconter les parcours de nos enfants et petits enfants …

Née pratiquement le même jour que moi juste un an plus tard, Laurence n’a rien perdu de sa fantastique énergie. Et en fait, elle n’a jamais pris sa retraite !

Une vie de travail et d’engagements, de drames aussi, comme il en survient dans toutes les familles, l’énergie de les surmonter, une foule de projets très présents.

A toutes les deux, si nous devions rencontrer à nouveau toutes les personnes – parfois éminentes, parfois minables - que nous avons croisées, ce serait une foule … Bref, nous n’avons pas vu passer l’après-midi à en citer une petite partie.

Nous avons en particulier repensé à nos camarades de la fin des années 70, alors que nous occupions le même grand bureau au sixième étage du 22, place de la Madeleine, où nous étions en charge de la communication du réseau des agences de cette banque privée parisienne. On nous surnommait alors « le poulailler ». On n’oserait plus de nos jours une telle qualification pour un essaim de jeunes femmes …

J’avais été recrutée pour la remplacer lors de son congé de maternité et chacun s’attendait à nous voir nous crêper le chignon lors de son retour, mais nous sommes devenues amies.

C’était une étape importante pour moi car j’avais dû arrêter de travailler – à mon grand regret – pour suivre mon mari dans sa carrière en province. Ce retour à une activité professionnelle a beaucoup compté pour moi et nous nous sommes remémorées nos collègues de ce temps : Annie B. Marie-Annick T., Florence R.-D., Michèle C. …

Aucun regret pour moi de ma condition de working girl, il y a un temps pour tout et j’ai encore le loisir d’être là alors que certaines de nos relations amicales n’y sont plus. J’ai eu infiniment de plaisir à renouer avec cette amie de plus de cinquante ans.

 

 

Et j’en ai profité pour refaire la recette de cake surprise testée il y a tout juste un an … et que je vais m’efforcer de terminer toute seule.

 

 

14 octobre 2026

Filets de poulet aux poireaux

 

Détailler deux filets de poulet en grosses lanières. Couper finement une échalote et un vert de gros poireau bien nettoyé.

 

Dans une cocotte en fonte, laisser prendre juste couleur aux morceaux de poulet dans la matière grasse : moitié beurre, moitié huile neutre. Saler et ajouter une pincée de piment d'Espelette. Réserver.

 

Dans la même cocotte, verser les poireaux et l'échalote, une petite gousse d'ail en morceaux, les laisser suer quelques minutes avec une pincée de cumin. Remettre les aiguillettes de poulet.

 

Verser un verre de vin blanc - ou de vermouth Noilly-Prat - et le même volume d'eau, puis deux cuillerées à café de fond de veau en popudre. Couvrir et laisser à petit gaz pendant 20 à 25 minutes.

 

Terminer avec une tasse de crème fraîche entière liquide mélangée avec une cuillerée à café de Maïzena.

Bien mélanger et laisser cuire à découvert encore 5 minutes. Vérifier l'assaisonnement avant de servir bien chaud.

13 octobre 2026

La nuit des ruines, roman historique de Cay Rademacher

 

Cinq ans après La trilogie des ruines, Cay Rademacher nous ramène dans l’apocalypse de la guerre et au milieu des monceaux de décombres de Cologne, sa ville natale.

Loin de Hambourg et de l’inspecteur Frank Stave, ou de Richard Oppenheimer, le héros d’Harald Gilbers dans Berlin écrasée, ici, quelques jours avant la capitulation de l'Allemagne, le héros est un jeune lieutenant de l’armée américaine chargé d’une investigation judiciaire, alors que les troupes alliées viennent d’atteindre la rive gauche du Rhin, faisant frontière avec ce qui reste de la Wehrmacht.

Et ce n'est pas un hasard si Joe Salmon a été chargé de cette mission car il est originaire de Cologne et parle la langue des vaincus avec l'accent rhénan, cette ville autrefois superbe, qu’il a quittée en 1938 pour l’Amérique avec sa famille car ils sont Juifs, juste après la Nuit de cristal.

 

 

Dans ce décor de chaos, Joe doit retrouver la trace d’un pilote de B-17 disparu, qui a été descendu par la Flack mais a atérri vivant. Comme nombre des aviateurs tombés aux mains des ennemis, il a été lynché par la population. Joe doit retrouver le criminel de guerre qui l’a assassiné.

Dans ce décor d’effondrement général, d’air humide chargé d’une poudre impalpable de briques explosées, de vitres brisées, murs effondrés et de poutres calcinées, Joe entreprend de reconstituer la scène de crime dont il connaît quelques éléments. Le parachute du commandant de la forteresse volante s’est en effet posé à travers la voûte écroulée d’une église, au pied de la statue intacte de la Madone. Il faut retrouver les témoins de cet événement…

 

 

Mais Joe poursuit une autre recherche, infiniment plus personnelle : la trace de ses camarades d’avant-guerre : la sublime Hilda, fille d’une riche famille d’industriels affiliée au parti nazi et sosie de Marlene Dietrich, et son chevalier servant Jakub Blum ami de Joe autrefois nommé Joseph Salomon. Ces deux recherches vont s’entrecroiser dans un décor d’enfer d'où surgissent d’innommables dangers comme les bombes non explosées.

L'intrigue policière est classique : des témoignages tronqués, des pistes abandonnées, des traitres démasqués. Rien n'y manque.

Une trame historique parfaitement documentée, des décors dantesques, des personnages héroïques mais aussi diaboliques, des délateurs compulsifs … Joe est accompagné par un reporter de guerre britannique, un certain George Orwell, pas encore aussi connu qu'après la parution de son roman 1984, il rencontre à plusieurs reprises l'ancien maire, opposant résolu à Hitler, appelé à une gloire méritée, Conrad Adenauer…

C’est aussi une profonde réflexion sur le sens des responsabilités, l’oubli des valeurs humanistes pour assurer la survie d'une famille, l'émergence de réelles résistances à la barbarie, les difficultés immenses de reconstruction d’un pays en miettes à la veille de sa reddition sans conditions, les obstacles concrets à la recherche des anciens collaborateurs du régime nazi à neutraliser ... ou pas.

Où l’on retrouve aussi les réalités sordides de l’action contre les enfants ne répondant pas aux canons de la « race » aryenne, assassinés dans des centres dédiés comme le sinistre hôpital Hadamar, sujet du roman d’Oriane Jeancourt-Galignani.

 

La nuit des ruines- Nacht der Ruinen -  roman historique de Cay Rademacher, traduit de l'allemand par Georges Sturm aux éditions du Masque, 425 p., 22,90€.

12 octobre 2026

Trésors d'une grand-mère comblée

Mes enfants ont bien fait d’insister pour que mon 80ème anniversaire soit dignement célébré.

Ce fut une soirée fantastique. Tous n’ont pas pu être physiquement présents mais nous nous sommes retrouvés à 17+une et avons aimé ces retrouvailles familiales si rares dans une vie d’aujourd’hui si compliquée.

J’ai été couverte de cadeaux, bien plus qu’à Noël. Ma pile de livres à lire grimpe à vue d'oeil et je vais me gaver de chocolats. Par quoi commencer ?

Mais surtout pour moi une curieuse impression.

Florence a eu une idée particulièrement étonnante : celle de recenser puis sélectionner parmi les vingt années de mes billets de blog, ceux qui l’ont particulièrement marquée, pour les rassembler en un livre. Parcourant plus de 7000 chroniques, récupérant des centaines de photos, elle a fait appel à un éditeur qui en a façonné un livre de 288 pages, en grand format et couverture dans le style « ligne claire » que j’apprécie tant.

 

 

Un cadeau unique à partager puisque distribué à chaque membre de la famille … que certains des présents à la soirée de samedi n’ont pas encore emporté … mais qui les attend.

Un travail de « bénédictine » : je parviens difficilement à imaginer le nombre d’heures de visionnage, leur réunion en un seul document, garanti sans IA … Le choix des chapitres, la retranscription des textes … Florence m’avait transmis cet été une version numérique pour que je lui écrive un avant-propos, mais je n’avais pas osé aller plus loin qu’un survol des chapitres pour ne pas gâcher la découverte de l'ensemble …

Pour moi donc, une (re)découverte et une étrange sensation : certains propos, bien oubliés (J’ai écrit tout ça, moi ?), je retrouve des images. Car je ne reviens que très rarement sur mes articles écrits au jour le jour … et les parcourir cette fois sur papier glacé me surprend.

Je dis souvent que l’écriture quotidienne, le choix d’un sujet, la composition d’une critique ont joué pour moi un rôle de thérapie pour atténuer les angoisses de la maladie, de la perte progressive de l’autonomie, puis de la séparation. Je suis maladivement timide – mais je donne le change – et cette rituelle activité m’est devenue au fil des années indispensable ? Depuis mon salon, je m’imagine proche de chacun de mes lecteurs et surtout près de mes merveilleuses filles.

 

 

Puisse ce recueil laisser une trace dans la mémoire de mes petit-enfants afin qu’ils sachent de qui leurs mères « descendent » … Car il est toujours un moment de la vie où chacun cherche à savoir d’où il vient.

Mais pourquoi donc parle-t-on de descendants alors que ce sont les nouvelles générations qui montent !!!

11 octobre 2026

Le Fondateur, roman de Giuliano Da Empoli

 

J’avais apprécié le premier roman du beau Guiliano, Le mage du Kremlin, un peu moins le suivant. J’ai eu beaucoup plus de mal à achever ce troisième opus qui, finalement, martèle la même mise en garde (très justifiée !) et cette fois, en français dans le texte.

Comme Valentin Baranov, le conseiller du Tsar, G. est un homme proche du pouvoir. Sauf que le Chef du gouvernement qu'il servait a perdu les élections.

A quarante ans, certainement surdoué et nanti des plus rutilants diplômes, il se retrouve soudain sans emploi. Repéré rapidement – et on va vite comprendre comment - par un magnat de la tech, il est recruté pour s’occuper de « Public affairs », les relations avec les institutionnels, dans l’entreprise tentaculaire de renseignements d’Alexander Zimmermann, le Fondateur, qui en fait son sparring partner.

La clé du personnage central est facile à découvrir : il suffit de lire la notice Wikipedia du philosophe René Girard dont le grand patron Peter Thiel, créateur de la société Palantir, co-fondateur de Paypal et ancien copain d’Elon Musk, se déclare le disciple.

Ici, la société du Fondateur s’appelle Panoptik : une référence au système carcéral de Jeremy Bentham, mais pas encore au niveau de 1984, le chef d’œuvre de George Orwell. J'y ajouterai la série policière américaine "Person of interest" et sa machine à prévoir les fauteurs de crimes ou leurs victimes. Parce que là, nous ne sommes plus dans l’anticipation mais dans la plus récente actualité géopolitique.

 

 

Thème cher à l’auteur : une histoire d’individus soustraits aux lois du commun, ou comment aujourd’hui l’apocalypse, comme le reste, se démocratise.

Les politiques – que le fondateur qualifie de « mouches à fruits » – s’écharpent au sujet du « grand remplacement », mais en réalité le grand remplacement, c’est celui, maintenant, de la réalité virtuelle produite sans aucun contrôle par les géants de la tech.

A travers une trame romanesque assez mince, l’auteur se demande jusqu’où ira le pouvoir d’une multinationale vouée à la surveillance numérique, entièrement aux mains d'investisseurs privés, gavée de milliards de données et qui compte parmi ses clients un grand nombre de gouvernements. La question est : délivrera-t-elle ses services au plus offrant ?

G., le narrateur, est un témoin immobile du monde convenu des technocrates et de milliardaires tirant les ficelles de pauvres gouvernants incompétents, tétanisés et inconséquents. J’avoue avoir trouvé très ennuyeuse la description du mode de vie bling bling à Marbella et plus particulièrement des fêtes données dans ce cercle nécessairement restreint de super privilégiés …

En faisant croire à chacun de nous que l’intelligence artificielle est supérieure à la nôtre, ces magnats de la tech sont en train de vider de son sens l’idée même d’humanité. Nous voilà prévenus …

Sans doute, le choix d’un roman plutôt qu’un essai qui ne serait lu que par des initiés correspond à un calcul judicieux. Mais en ces temps de conflits ouverts ou qui ne demandent qu’à éclore, ce genre de message d’alerte va en remettre du poids dans la balance déjà fortement déséquilibrée des angoisses de nos contemporains.

Bref, moi qui ai pour habitude de lire un ouvrage pratiquement d’un seul jet, j’ai dû cette fois m’y mettre à plusieurs reprises. On ne gagne pas à tous les coups. Finalement, je préfère les polars italiens !

 

Le fondateur, de Giuliano Da Empoli. Roman édité chez Gallimard, 281 p. 21,50€.

10 octobre 2026

La collection perdue, récit de Pauline Baer de Perignon

 

Je ne crois pas au hasard …

Pourquoi ces derniers mois voyons-nous autant de références à la période sombre de la France vaincue puis occupée : Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli, le diptyque La bataille de Gaulle d’Antonin Baudry, Notre salut d’Emmanuel Marre, bientôt le Jean Moulin de Laszlo Nemes avec Gilles Lellouche, le dernier livre de Pascal Chabaud L’ombre de Jean Moulin …

Sans doute l’effet bénéfique du renouvellement des générations. Celle qui est aux manettes aujourd’hui – celle de mes filles - veut savoir.

Et une quête de vérité encore plus cruelle : celle des descendants des survivants des persécutions sous le gouvernement de Vichy. Autre exemple : Le fabuleux piano de Sonia Devillers, roman qui figure sur la dernière liste des candidats au prix Goncourt et raconte les exactions de la Möbel-Aktion qui vidait intégralement les appartements des familles juives envoyées en déportation.

Est-ce un hasard qui m’a fait saisir sur une pile parmi des centaines de livres, à la librairie du musée d’Orsay, ce court ouvrage de Pauline Baer de Perignon ? … Pas davantage !

Arrière-petite-fille de Jules Strauss (1862-1943), banquier et agent de change venu de Francfort s’établir en France en 1881, célèbre collectionneur, marchand d’art et mécène du musée du Louvre (en particulier donateur de cadres d'époque pour des chefs-d'oeuvre de la Renaissance), Pauline Baer de Perignon (sœur du comédien Edouard Baer) s’est donné pour mission de retrouver les traces de la collection de son aïeul.

Car elle ne parvient pas à croire comment son arrière-grand père et sa célèbre collection, dont on ne retrouve plus trace nulle part, ont pu échapper à la persécution et à la spoliation.

Car Jules Strauss appartient à la troisième vague d’amateurs des tableaux des impressionnistes, dont il achetait les toiles directement lors de ventes dans les ateliers … mais sans doute les a-t-il revendues un peu trop tôt, en particulier en 1902 et 1932, lors de la grande crise économique.

Mais il n’achetait pas que des tableaux, mais aussi des meubles et des tableaux anciens – avec une prédilection pour l’époque Régence. Que sont devenues les œuvres d’art qui figuraient aux murs et dans son salon de l’avenue Foch ?

C’est ici récit d’une haletante quête devenue obsessionnelle qui a conduit l’auteure à devenir une véritable chasseuse de provenance, remuant ciel et terre et utilisant toutes les ressources de ses multiples réseaux pour retrouver la trace de ce qui fut en 1941 la spoliation de cette collection par l’administration allemande.

Une course du combattant pour réussir à faire reconnaître que certaines œuvres spoliées à des propriétaires juifs sont encore indûment retenues depuis plus de 80 ans par des musées peu enclins à les restituer aux héritiers de leurs légitimes héritiers, malgré les multiples commissions et organismes publics mis en place pour les restituer. Un monde kafkaïen, que Pauline va affronter avec acharnement.

Avec l’immense humilité d’une jeune femme qui n’est dotée d'aucun titre universitaire pour aller fouiller dans les archives, mais armée de l’évocation de la force des liens entre membres d’une famille d’intellectuels et de héros de guerre restée très solidaire, la plongée angoissante dans ce temps de persécutions, et le souvenir de la souffrance des Juifs persécutés devant leur monde qui disparaît dans un  pays où ils s'étaient établis pour bénéficier des Droits de l'Homme.

Je pique à Cay Rademacher, en exergue de son dernier roman*, cette citation de Voltaire : L'Histoire n'est que le tableau des crimes et des malheurs.

L'actualité aussi, hélas !

 

 

La collection perdue, par Pauline Baer de Perignon, publié chez Folio, 290 p., 9,50€.

 

*La nuit des ruines, en cours de lecture.

 

9 octobre 2026

Un coup de nostalgie pour le Ticket-restaurant ...

 

La création des tickets-restaurants en France remonte à 1962 par l'entrepreneur Jacques Borel, puis a été officialisée par une ordonnance gouvernementale le 27 septembre 1967. - après qu'il ait obtenu de l’État que les entreprises ne paient ni impôt ni cotisations sociales sur leur part et après « Dix ans de négociations, 2.700 visites ! »

Car c’est en 1967 que Georges Pompidou, alors Premier ministre, institutionnalise un nouvel avantage social : le « ticket-restaurant ».

 

 

50 ans plus tard, ce moyen de payement séduit toujours plus des salariés qui en bénéficient.

Et moi, je me souviens très bien de cette nouveauté !

En novembre 1967, juste de retour de mon voyage de noces et nantie de mon premier emploi en CDI à la BRED (Banque régionale d’Escompte et de Dépôts), je travaillais rue de La Boétie et reçus, en plus de ma paye, un carnet de tickets-restaurants. Un coup de pouce bien venu dans ce quartier ultra touristique à prix très élevés.

De l’initiateur en France de cette prestation sociale inédite, Jacques Borel (né en 1927, il est toujours vivant !), je connaissais son introduction en France des premiers restaurants d’autoroutes, comptant parmi les propagateurs de la « fast food » (les Wimpy précurseurs des McDo), en quelques mots, nombreux ceux qui le qualifient toujours d’inventeur de la malbouffe !

Aujourd’hui, les titres-restaurant sont un moyen de paiement très apprécié par les salariés : néanmoins, ils ne peuvent être utilisés que dans les restaurants, les entreprises ou organismes assimilés ou les vendeurs de fruits et légumes.

De manière pratique, ils peuvent être utilisés dans les brasseries, bars-restaurants, hôtels-restaurants, mais aussi dans les différents commerces de bouche : boucherie, charcuterie, boulangerie, enseignes de fastfood, primeurs, vendeurs de fruits et légumes et surtout supermarchés alimentaires.

Dans les supermarchés, les tickets restaurant ne peuvent être utilisés que pour payer des denrées alimentaires, qu’elles soient directement ou non consommables (pâtes, riz, viande, farine…). 

L'employeur détermine librement la valeur des titres-restaurant qu'il accorde à ses salariés, ou pas. Il n'existe aucune règle qui fixe une valeur minimale ou maximale.

Pour que le titre-restaurant soit exonéré de cotisations sociales, collectées par l'URSSAF, l'employeur, et/ou le CSE, doivent prendre en charge entre 50 % et 60 % de la valeur du ticket. Le reste est à la charge du salarié bénéficiaire.

L'utilisation est limitée à un montant maximum de 25 € par personne et par jour, le plafond d'exonération de la part patronale est fixé à 7,32 € par titre (depuis le 1er janvier 2026).

Ainsi, durant toute la durée de ma vie professionnelle, j’ai vécu avec le titre-restaurant, soit comme bénéficiaire soit également comme partenaire de la négociation salariale annuelle avec les représentants du personnel lorsque j’étais responsable des ressources humaines de mon entreprise.

Un avantage qui perdure aussi longtemps (43 millions de tickets restaurants sont émis chaque jour, pour plus de 5 millions de bénéficiaires), tout en s’adaptant aux technologies nouvelles - la dématérialisation qui représente plus de 70% des titres émis), ce n’est pas si banal !

Soyons attentifs à ce qui sera prévu dans le budget 2027 au sujet du régime des titres-restaurant : il est envisagé de limiter à 10 ou 15€ l'achat en supermarché, mais aussi détendre la validité du TR sept jours sur sept.

8 octobre 2026

Mary Cassatt, l'indépendante, exposition au musée d'Orsay

 

Mary Cassatt (1844 - 1926), une artiste de tout premier plan, parvenue, par son talent et sa détermination, à se forger une identité unique dans l’histoire de l’art de la fin du XIXᵉ siècle et du début du XXᵉ, de part et d’autre de l’Atlantique.

Le musée d’Orsay lui consacre pour la première fois depuis ses quarante ans d’existence et à l’occasion du centenaire de sa disparition, une exposition magnifique.

 

 

Mary Cassatt, issue d’une riche famille américaine de lointaine origine française, vécut plus de 60 ans dans notre pays. Elle y suivit une formation tout à fait comparable aux artistes masculins de son époque tout en se définissant elle-même comme « américaine, nettement et franchement américaine » et surtout totalement indépendante, réussissant à vivre de son art.

 

 

Bien que toujours restée célibataire et sans enfant, elle est la spécialiste des tableaux de mère et enfants (ceci explique-t-il cela ? ) dont elle réinvente le thème, et de portraits de jeunes femmes élégantes saisies dans leur intimité, un jardin, prenant une tasse de thé ou de chocolat, dans une loge de théâtre en tenue de soirée … Des portraits lumineux, en postures très naturelles, des jeunes filles en pleine leçon de musique …

 

 

Son ami Edgar Degas qui a apprécié ses tableaux exposés au Salon  l’accueille au sein du groupe des Impressionnistes avec lesquels elle participe à quatre de leurs expositions.

 

 

Mais ce n’est pas la seule facette de ses activités. Avec son amie Louisine Havemeyer, membre de la haute société new-yorkaise, collectionneuse et mécène qui va contribuer à la faire connaître aux Etats-Unis, elle milite activement pour le vote des femmes et contribue à financer les suffragettes.

 

 

L’exposition est riche de nombreux tableaux provenant de collections et musées étrangers (pastels, huiles, estampes inspirées de l’art du Japon), et donc non vus jusqu’ici.

 

 

Après Berthe Morizot au musée Marmottant-Monet en 2023/2024, il était grand temps de mettre en lumière sa contemporaine américaine.

 

 

Car en France – je cite le magazine Saisons - son nom s’efface progressivement. Artiste étrangère dans un milieu encore frileux, femme dans une histoire écrite par les hommes, figure difficile à faire entrer dans les cases du récit officiel : autant de raisons qui expliquent sans doute que son nom ne soit pas toujours connu de tous. 

 

Cette exposition rend hommage à sa liberté.

Et surtout, procure un grand coup d’air frais et de joyeuse tendresse qui emporte le visiteur et attire un nombre significatif de touristes américains.

 

Mary Cassatt, l’indépendante, Exposition au Musée d’Orsay jusqu’au 31 janvier. A partir de 9h30 sauf le lundi.16€ plein tarif sur place.

7 octobre 2026

J'ai laissé passer un anniversaire du mois d'octobre ...

J'ai laissé passer celui, très personnel, du 4 octobre 2007 : la naissance de ce blog.

Je consulte les statistiques : j'entame ma vingtième année de dialogue quotidien avec au compteur plus de 8 millions de visiteurs uniques et 12 millions de pages vues, soit en moyenne 1, 5 pages regardée par visiteur. 

Je n'en reviens pas !

Je vais tenter de continuer à ce rythme, grâce à vous !

7 octobre 2026

Poulet gratiné à la mozzarella

 

Une version cuite de la salade câprese ...

Pour deux convives.

 

Emincer en rondelles fines un oignon, monder une tomate et la détailler en tranches fines. Découper en rondelles une boule de mozzarella de bufflone.

Mettre le four à préchauffer à 195° (Th : 6-7).

 

Dans un plat à gratin à la juste taille, verser un filet d'huile d'olive et y déposer les rondelles d'oignon. Mettre le plat à chauffer tout de suite dans le four encore froid, avec une pincée de thym.

Couper une gousse d'ail en petits morceaux et quelques feuilles de basilic frais en lanières. Inciser les blancs de poulet dans la longueur et y glisser ail et basilic, poivrer et saler.

 

Sortir le plat du four quand celui-ci est arrivé à bonne température.

Disposer les filets de poulet sur les oignons pas encore tout à fait cuits puis les rondelles de tomates et la mozzarella en alternance sur les blancs de poulet. Glisser au four pour 15 minutes.

Ressortir le plat du four (attention, c'est chaud !), y verser une belle rasade de crème fraîche liquide et saupoudrer de parmesan râpé. Rajouter du thym et du basilic, sel et poivre.

Laisser encore cuire pendant 20 minutes en surveillant le gratinage.

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