Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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Avant de rédiger une critique, il me faut le temps de lire et, en ce moment, j'ai en cours un ouvrage particulièrement dense et compliqué : l'histoire de l'Iran de 1800 à nos jours ... je suis donc en pleine actualité ...
Ce qui ne m'empêche pas de retrouver avec plaisir des images de câlins .... Merci à Google qui me les envoie !
Et demain matin, je vais aller jusqu'au bureau de vote, avec ou même sans béquilles !
Jusqu'à présent, les électeurs des trois villes les plus peuplées de France choisissaient leur conseil d'arrondissement ou de secteur. Les élus du haut de la liste siégeaient ensuite à la fois dans ces organes et au conseil municipal (appelé Conseil de Paris dans la capitale car il cumule les fonctions de conseil municipal et de conseil départemental).
Une loi de 2025 a réformé ces règles. Les électeurs glisseront désormais deux bulletins dans deux urnes, une pour le conseil d'arrondissement et une autre pour le conseil municipal. Et même trois bulletins à Lyon, où l'on vote aussi pour la Métropole.
Donc, deux fois le circuit : identification, prise du bulletin, isoloir, vote, émargement ... Avec mes béquilles, cela ne va pas être triste !
A Paris donc, àl'inverse de l’élection présidentielle, plus de deux candidats pourront se hisser au second tour, laissant présager – selon les sondages - une triangulaire, voire une quadrangulaire. En effet, seules les listes qui obtiendront au moins 10% des suffrages exprimés (et pas seulement des inscrits) pourront se maintenir au second tour. A noter que les listes qui auront obtenu au moins 5% des voix pourront fusionner au second tour avec une autre liste ayant obtenu au moins 10% des suffrages.
La liste qui l'aura emporté au premier ou au second obtiendra une prime majoritaire de 25%, c'est-à-dire qu'elle obtiendra de droit un quart des sièges à pourvoir.
Dans un second tour extrêmement serré avec quatre ou cinq listes, cela signifierait que la liste en tête n'aurait pas la majorité absolue au conseil municipal si elle n'obtenait pas au moins 33 % des voix. En revanche, pour les conseillers d'arrondissement, la prime majoritaire est de 50 %.
J’ai reçu la documentation électorale hier … Chaque liste comprend 163 noms, selon le système dit « chabada », c’est-à-dire un homme, une femme. Difficile d’y déceler des noms connus …. Et il va falloir faire bien attention à glisser dans chaque enveloppe le bon bulletin pour l’élection de la (ou le) Maire et celui pour le conseil d’arrondissement, et ne pas se tromper d’urne, car sinon, le bulletin sera nul !
C’est bien compliqué tout ça, sans compter la difficulté de distinguer les partis politiques présentant chaque liste, souvent écrits en petits caractères.
C’est tout de même aberrant, ce nombre de listes … La France demeure toujours un pays de divisions. Quelle misère !
Printemps 1834, quelques mois après l’accession au pouvoir de Louis-Philippe, la France est en ébullition. Des barricades s’élèvent à Marseille, Grenoble, Saint-Etienne et surtout Lyon, puis à Paris dans le quartier Saint-Avoye …
Rétablir l’ordre est la mission du ministre de l’Intérieur, Adolphe Thiers, avec son bras armé, le belliqueux général Bugeaud, qui le pousse à la fermeté.
Près de la barricade érigée par les opposants rue Transnonain (aujourd’hui rue Beaubourg), des familles se réfugient dans l’immeuble du n°12, investi par les soldats du 35° de ligne qui viennent de relever le corps de leur capitaine abattu par un tir en provenance de l’immeuble.
Ils investissent la maison et massacrent 12 de ses habitants : des femmes, des vieillards, des enfants, tous sans armes. Cette affaire, illustrée bientôt par une lithographie de Daumier, est devenue le symbole de la violence d’Etat.
Jérôme Chantreau raconte les dessous politique de cette affaire à travers des personnages fictifs et des figures historiques. Annette Vacher, la flamboyante pierreuse de vingt ans, pour laquelle la beauté est devenue malédiction, Joseph Lutz, le flic ancien sicaire de Vidocq, auquel le pouvoir confie l’enquête – naturellement à charge – pour incriminer formellement les partisans de la Société des droits de l’homme.
Mieux que dans un film d’action, l’auteur nous conduit dans les pires endroits de Paris : cloaques, mines de gypse de Montmartre, chantiers d’équarrissage, maisons d’abattage, prisons et bagnes … une tout autre image de la période romantique - mais aussi de l'action auprès de celle et ceux qui font progresser la conscience humaine.
Nous y rencontrons des personnalités rayonnantes : Claire Demar et Suzanne Voilquin, saint-simoniennes qui publient un journal féminin "La tribune des femmes - et luttent contre le patriarcat, le père Louis-Antoine Cestac et Gracieuse Bodin, dévoués au sauvetage des orphelines et des filles-mères à Anglet, le jeune avocat Alexandre Ledru-Rollin qui publie un mémoire très objectif sur ces journées de révolte.
Une construction précise, des descriptions réalistes, un style fluide et poétique à la fois, plein de tendresse pour ses personnages, même les plus sombres …
Un roman haletant de la première à la dernière page.
L’affaire de la rue Transnonain, roman historique de Jérôme Chantreau, éditions La Tribu ; 460 p., 22€.
On nous prévient aujourd'hui : au revoir la douceur, le froid et la neige reviennent en fin de semaine ...
Moi, cloîtrée plus ou moins chez moi avec encore des douleurs qui limitent considérablement ma mobilité, je croyais naïvement que nous en avions terminé avec le froid de l'hiver. Mais il va falloir se faire une raison.
Et pendant ce temps-là, des images stockées sur le cloud me remontent chaque jour, plusieurs fois par jour.
Des photos prises à la même date au cours des années à Paris, ou plus cruellement, dans ma maison de Lot-et-Garonne et son verger abandonné, que je ne pourrai rejoindre que début juillet. Une véritable torture !
En attendant, j'ai toujours pour compagne l'immense plaisir de la lecture, entre deux phases d'information continue sur la guerre au Moyen-Orient. Quelle époque !!!!
Une matinée sous un soleil radieux hier ... et, pour ma guérison, une nouvelle étape.
J'avais donc rendez-vous à l'hôpital avec le professeur d'oncologie digestive pour obtenir les résultats du scanner subi le lundi précédent.
Verdict par comparaison avec le dernier examen du mois de septembre : absence d'argument pour une reprise évolutive. Ouf !
Qu'en termes ambigus ces choses-là sont dites ! Mais je m'en contenterai.
Ce qui fut difficile, c'est de béquiller depuis le taxi, depuis le portail à la porte de l'hôpital ( elle est longue l'esplanade qui comporte aussi une zone d'attérissage d'hélicoptère - puis dans les vastes couloirs jusqu'au cabinet de consultation du spécialiste qui me suit depuis quatre ans. Aller-et retour. Soit un total de 1000 pas.
J'étais bien fatiguée en rentrant à la maison, mais contente ... Je n'en ai pas fini avec mes douleurs post-traumatiques, mais je progresse chaque jour.
Personne n’aurait su prévoir la sinistre correspondance temporelle entre les jours de guerre que nous connaissons aujourd’hui et la sortie de la neuvième enquête d’Hippolyte Salviniac …
Car l’auteur nous plonge dans les semaines de la fin juillet 1914, alors que se met en branle le terrible engrenage des alliances qui vont provoquer le déclenchement de la Grande guerre.
Une description angoissante de la vie quotidienne à Paris et dans le Lot, les angoisses de la désorganisation de cette fin d’été juste avant les moissons, au moment de l’assassinat de Jean Jaurès et les premiers jours de la mobilisation générale et des premiers affrontements entre les troupes françaises et les Allemands.
Même en ces temps troublés, l’inspecteur Jules Lerouet, assisté d’Hippolyte Salvignac, sont confrontés à un double homicide : une auxiliaire de vie auprès d’un vieillard malade d’Alzheimer, puis deux jours plus tard le vieil homme lui-même. A chaque visite, l’assassin a mis à sac l’appartement de ce vieux noble, sans trouver ce qu’il y recherchait : sans doute une épée, retrouvée pliée en trois un peu plus tard, abandonnée par le voleur.
Remonter sa piste n’est pas chose facile : la famille du vieil homme est marquée par une captation d’héritage, un amoncellement de souvenirs militaires, en particulier ceux du maréchal d’Empire Sérurier (1742 -1819) qui a servi sous Louis XV, la Révolution et l’Empire, sans grand panache, et à terminé sa carrière comme gouverneur des Invalides en 1814, à la veille de l’arrivée des Prussiens dans Paris.
Mais que recherchait donc l’assassin pour causer la mort de deux personnes ?
Dans le chaos de la mobilisation, Hippolyte et Jules poursuivent leur enquête dans les Ardennes, autour de Sedan, le terroir d’origine des deux victimes …
La description de l’ambiance à l’arrière, puis de la désorganisation de cette région frontalière – autour de la rivière Semois et tout près de la frontière belge - est saisissante.
Un des meilleurs romans de la série à mon sens, particulièrement réaliste : en particulier les difficultés qu’éprouvent les deux enquêteurs à infiltrer ce terroir dans une région bousculée par l’arrivée des réfugiés belges, la réquisition de tout le trafic ferroviaire et les troupes se mettant en position avant les premiers assauts de ces soldats encore en pantalons garance, véritables cibles mouvantes …
L’auteur nous indique lui-même que cet épisode clôture la série … Je vais terriblement la regretter …
L’été des hécatombes, roman historique de Philippe Grandcoing, neuvième enquête d’Hippolyte Salviniac, collection « Vents d’Histoire », 310 p., 20,90€
Un dessert familial très classique, naturel et pas cher du tout, mais si spectaculaire ! ...
Les proportions : pour 10 personnes, 10 oeufs pour un peu plus d'un litre de lait. Deux gousses de vanille, une cuillerée à café de fécule, 200g de sucre en poudre. Et quelques pistaches.
Commencer environ 3 heures avant l'heure de servir ce dessert qui doit être bien froid.
Faire bouillir le lait avec les gousses de vanille fendues en deux et bien raclées pour en libérer les grains noirs. Séparer les blancs des jaunes, mettre une pincée de sel dans les blancs, passer au mixer les jaunes et le sucre en poudre jusqu'à ce que le mélange éclaircisse nettement. Ajouter alors la fécule - ou la Maïzena - qui va éviter que la crème anglaise ne tourne à la cuisson.
Verser délicatement, petit à petit, le lait chaud dans les jaunes, en tournant ou mixant progressivement. Enfin, rebasculer l'appareil dans la casserole et remettre sur feu moyen. Commencer la cuisson en tournant sans cesse avec une cuiller en bois, jusqu'à ce, lorsque vous passez le doigt sur le dos de la cuiller, il reste une trace bien droite. Enlever les gousses de vanille lorsque la crème a refroidi, dans le saladier de service.
Monter les blancs en neige très ferme. Portionner de gros nuages de blancs et les déposer sur un plat allant au four à micro-ondes, en autant de fois que nécessaire mais avec de l'espace entre eux car ils vont gonfler. Laisser chauffer 1,30 minutes à puissance maximale et mettre à égoutter.
Dans le bol du mixer, mettre les pistaches et les exploser en poudre.
Poser les "nuages" de blancs cuits sur la crème anglaise bien refroidie, et la poudre de pistache par dessus.
Tout le monde connaît la marque de cacao Van Houten ... un ingrédient incontournable pour un chocolat chaud ou pour ornerun classique tiramisu.
Parmi les multiples informations que j'ai recueillies dans le livre d'Ali Laïdi sur l'histoire du protectionnisme, j'ai trouvé quelques pépites et en particulier l'origine de ce nom commercial.
Coenraad Van Houten est l'ingénieur hollandais qui a industrialisé le chocolat grâce à un procédé mécanique permettant de produire le beurre de cacao à partir de la pâte de cacao. C'était en 1828.
En 1862, les Suisses Tobler et Peter découvrent la formule pour fabriquer le chocolat au lait, qu'Henry Nestlé va répandre dans le monde. Suivront en France Meunier et Cadbury en Grande-Bretagne.
Qu'ils soient bénis .... j'adore le chocolat !
Toutefois, je rappelle que l'accumulation de capital ayant permis à la Grande-Bretagne d'initier la Révolution industrielle au XVIIIème siècle a été essentiellement générée par le commerce triangulaire : pacotille embarquée en Europe( dont beaucoup de pièces textiles provenant d'Inde), escale et troc en Afrique occidentale contre des Noirs captifs, transport dans d'affreuses conditions en Amérique (Brésil, Antilles, sud des Etats-Unis) et échange contre du sucre, revente en Europe avec des marges colossales.
C'est le principe fondateur du capitalisme moderne.
Une information dérangeante :
En 1870, la France introduit la culture du cacao dans sa colonie de Côte d'Ivoire ...
Le refus ou l'échec de cette culture ainsi imposée par le pouvoir colonial sont alors assimilés comme un acte d'insoumission et puni comme tel ...
Ali Laïdi, né en 1966, est journaliste, docteur en sciences politiques et chercheur à l’IRIS.
Il analyse les enjeux profonds derrière la guerre internationale commerciale lancée par Trump au reste du monde, et à la Chine tout particulièrement.
Au cœur de ce champ de bataille, l’Europe se démarque par son absence de vision stratégique. Face à ce retour en force de la guerre économique, sortir de cette naïveté est une question de survie pour l'Occident...
Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un ouvrage économique aussi intéressant et au style si accessible, passionnant à parcourir, qui permette de replacer dans le temps long le combat incessant que se livrent depuis des siècles les tenants du libre-échange et ceux du protectionnisme.
D’abord, une définition : le protectionnisme signifie l’usage de l’ensemble des moyens permettant de séparer le marché intérieur d’un pays du marché international : les prix, les productions, les emplois et les revenus domestiques sont alors moins soumis à la concurrence étrangère et répondent plus, en théorie, aux souhaits des Etats.
Les outils de cette politique : droits de douane, quotas d’importations, accords bilatéraux de restriction volontaire d’exportation, barrières non-tarifaires comme les normes techniques, environnementales, sanitaires, interdictions d’importations, taxation lourde de certains produits (gros véhicules), soutien à la demande intérieure (bonus/malus), subventions, accès aux marchés publics … La palette est infinie.
Il s’agit bien là d’une histoire à l’échelle du monde, et d’une histoire des échanges internationaux depuis la plus haute antiquité.
Bien entendu, nous pensons tous à la politique de Colbert avec le monopole conféré à la Compagnie des Indes sur le commerce des indiennes : une réglementation brouillonne et complexe qui aboutit à la contrebande et la contrefaçon à grande échelle …
L’auteur passe en revue les principaux échanges, depuis la création des colonies athéniennes sur le pourtour de la Méditerranée dans des contrées riches en céréales, les préoccupations d’approvisionnement de Rome, le commerce du sel et le monopole vénitien, la domination asiatique du riz, les guerres du sucre, le café, le cacao, puis les métaux – y compris les terres rares - l’industrie ferroviaire, la domination allemande sur la chimie malgré les découvertes initiales de savants français, le pétrole, les automobiles, l’aéronautique, l’électronique et l’informatique, les services et les biens culturels (le cinéma …).
Le bilan est sans complaisance pour les politiques françaises, de gauche comme de droite. Le constat : l’économie n’est jamais dans un camp, celui du libre-échange, ou dans l’autre, celui du protectionnisme, d’autant plus que les Etats-Unis assument plus que jamais leurs contradictions : militer pour le libre-échange en multipliant simultanément les accords de contingentement dès que la situation économique ne tourne pas à leur avantage.
Car tous les individus, groupes, tribus, empires … commencent par protéger leurs moyens de production avant de décider de s’ouvrir au monde. Ainsi reprend la fièvre protectionniste après chaque crise financière ou sanitaire.
Histoire mondiale du protectionnisme, par Ali Laïdi, aux éditions Passés/Composés, 446 p., 24€.