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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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27 juillet 2026

La vie quotidienne de Louis-Philippe et de sa famille par Anne Martin-Fugier

 

Ce livre date de 1992, dans une collection qui, à cette époque, m’intéressait beaucoup. Mais, naturellement, je l’avais complètement oublié.

1830 – 1848 : dix-huit années de règne commencées et achevées sous le feu des barricades. Des années de croissance économique et de triomphe de la bourgeoisie, à l’image de ce Roi des Français – et non de France - qui fut intronisé par les députés – pour éviter la République ! - et non sacré.

Un roi qui vécut au milieu d’une famille nombreuse, un roi sans majesté qui ne trompa jamais son épouse Marie-Amélie et dirigea en collaboration étroite avec sa femme et sa sœur, Marie-Adélaïde d’Orléans, qui lui servaient de chefs de cabinet.

Louis-Philippe (1773 – 1850), roi sans majesté mais très attaché à l’étiquette, soucieux de la paix en Europe, parlant plusieurs langues et ne lisant que la presse anglaise, passionné d’histoire et doté d’une mémoire prodigieuse.

Un roi près de son peuple qui survit à huit tentatives d’attentats dont celui de Fieschi (18 morts !). Qui traîne une réputation d’avare alors qu’il dépense à grandes guides pour entretenir, agrandir, rénover les palais du royaume : il a la passion de la truelle, aussi bien pour les résidences de la Couronne que pour celles de son domaine privé et trouve un plaisir immense à visiter ses chantiers. Alors revient sans cesse la question de la Liste civile car le roi est endetté et doit doter sa nombreuse progéniture. Il demande sans cesse des rallonges à son budget …

Car il aime recevoir : revues militaires, réception du corps diplomatique, réunions des parlementaires, conseils des ministres, bals somptueux (4000 invitations au bal de janvier 1845), concerts, la vie du couple royal puis des enfants priés de « faire fonction » est intense.

 

Le livre est une chronique de tous les cercles du pouvoir et met surtout l’accent sur les relations permanentes entre tous les membres de la famille, en particulier sur le rôle des cinq fils qu’il faut marier en Europe.

Le drame intervient cependant avec la mort le 13 juillet 1842 du prince royal, le duc de Chartres, dans un accident de voiture. Ferdinand avait 32 ans et réunissait dans sa personne la beauté, le talent, l’autorité et le charme : il charmait les soldats, les artistes qui trouvaient en lui encouragement et protection, les femmes. Grand, mince et blond aux yeux bleus, sa famille l’appelait « le Beau ».

Entre la proposition de Thiers « Le roi règne et ne gouverne pas » et celle de Guizot « Le trône n’est pas un fauteuil vide », Louis-Philippe cherchait à conserver des marges de manœuvre.

Mais la chute sera due à l’incapacité à prendre suffisamment au sérieux les concessions faites à la montée progressive du désir de démocratie dans la population, un refus de les développer de façon à transformer la royauté et à la préserver, un enfermement aveugle et obstiné dans la structure-fantôme de la vieille monarchie.

Une période mal connue de notre histoire, c’est dommage !

 

La vie quotidienne de Louis-Philippe et de sa famille par Anne Martin Fugier, Editions Hachette, 342 p. (1992)

 

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