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12 janvier 2023

Henri VIII, la démesure du pouvoir, biographie de Cédric Michon

 

Henri 8

J’apprécie particulièrement les biographies car elles permettent de se plonger dans l’atmosphère d’une époque, avec ses croyances, ses modes de relations humaines, ses germes d’évolution vers notre temps.

Et j’ai eu d’autant plus de plaisir à lire celle-ci qu’elle est particulièrement facile à lire, sans être encombrée de références, accessible à qui ne connaît que peu d’éléments de l’histoire de notre grand voisin, ennemi séculaire et modèle en bien des choses : l’Angleterre.

Pour moi jusqu’ici, Henri VIII, c’était Barbe bleue incarné. Je le voyais comme un colosse obèse éclatant par tous les crevés de son pourpoint constellé de pierres précieuses – ainsi le présente le célèbre portrait qu’en fit Holbein vers 1537 – entre deux de ses six épouses, Anne Boleyn et Jeanne Seymour.

Henri VIII constitue le pivot de l’histoire d’Angleterre, entre Moyen-Âge et époque moderne, entre idéal de chevalerie et idées réformistes de la Renaissance. A ce titre, Henri VIII (1494 – 1547) est un prince de son temps, tout comme son contemporain François 1er (1491 – 1547) ou Charles Quint (1500 – 1558).

Henri n’était pas destiné à devenir roi. Il était un « suppléant » et a été élevé parmi les femmes et non comme son frère aîné, par les conseillers de son père Henri VII, fondateur de la dynastie Tudor, l’homme qui mit fin, à la bataille de Bosworth aux trente années de la guerre des deux roses entre les familles York et Lancastre.

C’est un colosse – 1,90m – parfaitement éduqué, passionné de chasse et de joutes comme de théologie, un beau jeune homme pieux et catholique, un fastueux prince de la Renaissance ayant peine à se tailler une place à la mesure de ses ambitions entre ses grands et puissants voisins, la France et l’Empire des Habsbourg.

Cinq mois après son mariage en 1501 avec Catherine d’Aragon, son frère aîné le roi Arthur meurt. On attendra 1509 pour marier à nouveau Catherine avec le nouvel héritier Henri. Seule une fille survivra à ce malheureux couple : Marie. Mais Henri VIII veut un héritier mâle. L’annulation de son mariage avec Catherine va initier le processus de rupture avec la papauté.

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Henri VIII devient peu à peu un tyran sanguinaire qui n’hésite pas à faire décapiter tous ceux et celles qui s’opposent à ses volontés : de tous ses conseillers, seul Thomas Cranmer réussit à survivre. Mais pas Thomas Wolsey, Thomas More ou Thomas Cromwell, ni Anne Boleyn, ni Catherine Howard, ainsi qu’un grand nombre de seigneurs dont le tort est de comporter une once de sang qui pourrait être royal. Les prétextes sont si faciles à invoquer : hétérodoxie, trahison ou désaccord avec la volonté du roi.

Ce qu’il faut retenir de son apport à l’histoire : la construction de l’identité et d’un sentiment national, la séparation d’avec la papauté (déjà un Brexit en 1534 ?), l’adoption d’une foi et d’une église propre, proche du protestantisme par le dogme mais fidèle au rituel catholique, la souveraineté impériale, la création d’une marine royale, le renforcement de l’usage de l’anglais à travers la traduction de la Bible et des prières en langue vernaculaire – y compris au pays de Galles – la suppression et confiscation des abbayes, la construction de palais somptueux …

Toujours dehors et dedans à la fois – l’Angleterre ni catholique, ni protestante … mais toujours face à l'Europe. Une histoire qui continue …

 

Henri VIII, la démesure du pouvoir, biographie par Cédric Michon (novembre 2022), édité chez Perrin. 410 p., 25

Commentaires
J
Une biographie qui semble très intéressante, je note. Agréable journée
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