Bigmammy en ligne

Journal de bord d'une grand'mère, de ses trois filles et de ses 5 petits-enfants à travers le monde

17 mai 2008

Nous revoilà au Calfour....

Al_CalfourPartis à 9h30, arrivés à 16h30 avec une demi-heure de déjeuner chez McDo, la maison est resplendissante, quoiqu'un peu fraiche. Il convient de l'aérer...

Les roses sont superbes, la pelouse a été tondue de près, la réserve de gaz n'a pas bougé, la glycine - qui avait vraisemblablement pris un coup de gel cet hiver - a redémarré et se porte mieux. Tout va bien.

En route pour dix jours de calme tandis que les plombiers s'attaquent au remplacement de la chaudière parisienne....En espérant qu'ils en auront fini lorsque nous rentrerons...

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Histoire de Jacqueline et Pierre - Partie deux

Les camps de Franco

Quelques heures plus tard, Pierre fait connaissance avec les prisons franquistes, dans la petite ville de Barbastro. La geôle est surpeuplée de gens dont l’avenir est bien sombre, des combattants républicains notamment.
1943_Carte_de_rationnement_de_Pierre__Miranda_de_EbroLa bureaucratie gouvernant l’Espagne franquiste, le petit évadé français reçoit le 28 juin 1943, à Barbastro, une carte d’alimentation (« cartilla individual de racionamento »). Il y a bien une carte d’alimentation, certes, mais il n’y a rien à manger.

Quelques jours après, Pierre est transféré à Miranda de Ebro. C’est un camp d’internement, créé en 1937 au cœur de la Castille franquiste pour enfermer les Républicains. Les évadés de France, comme les autres détenus, sont soumis à un régime de famine. Pire encore : l’hygiène y est inexistante. Il y a un point d’eau pour 3000 détenus dans le quartier des Français, et la plupart des détenus conserveront, comme Pierre, des séquelles médicales de leur séjour.

bientotmidi___Miranda

Pierre y passe un long hiver, dans le vent glacé du plateau castillan. Cependant, comme tous ses compagnons français qui ont réussi la traversée des Pyrénées, il sait que les Espagnols ne l’extraderont pas en France occupée, et même le relâcheront un jour ou l’autre.

Franco, malgré l’aide que lui ont apportée en 1936 l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, ne collabore pas avec ces puissances, même entre 40 et 42, quand tout semble leur réussir. Dès le début 43, la défaite allemande à Stalingrad le conforte dans sa prudente neutralité. Les Américains et les Britanniques négocient avec lui certaines facilités économiques et militaires, notamment l’exfiltration des évadés de France, parmi lesquels, d’ailleurs, se trouvent des pilotes anglo-américains abattus en France, et bien sûr les Français qui veulent rejoindre la France combattante en Afrique du Nord.

Deux poutrelles d’acier et deux sacs de ciment

1943__d_cembre_sauf_conduit_pour_la_sortie_du_campC’est ainsi qu’un jour, Pierre est emmené par les gardiens vers un train. Pas d’explication, bien sur, mais le train roule vers le sud. Pierre a gardé le souvenir d’une Espagne totalement désolée, ravagée par la guerre. C’était particulièrement vrai pour Madrid, assiégée pendant 3 ans, et bombardée chaque nuit pendant les offensives.

Mais à Madrid, l’ambiance change : plus de surveillance étroite, « Vous allez chez De Gaulle » ; les jeunes gens sont réceptionnés par  la CROIX-ROUGE américaine et par les représentants de la France Libre, très active à Madrid, défiant ouvertement l’Ambassade officielle de Vichy, dont certains de ses membres sont d’ailleurs issus. La CROIX-ROUGE rhabille de neuf ces jeunes gens, et leur alloue un pécule « solide » en pesetas. Pierre touche ainsi un costume, des chaussures, du linge et de l’argent. Et il reprend le train pour le port de Malaga, où l’attend le bateau pour Casablanca.

A Malaga, Pierre et ses copains ont une nuit à passer ; comme tous les jeunes gens, ils trouvent sans peine les lieux où l’on s’amuse. On imagine leur bonheur, après plusieurs mois de privations. Le bonheur peut avoir ses pièges : Pierre, qui n’avait pas bu une goutte d’alcool depuis six mois, a forcé sur le vin local, et s’est endormi profondément dans les bras d’une jeune beauté mercenaire. Il se retrouve au réveil sans costume, ni chaussures, ni argent. La petite demoiselle qui était sensée passer la nuit avec lui, a tout emporté. On lui prête des vêtements, et il va à la Police. Là, on lui montre une demoiselle, qui est justement sa compagne de la nuit. Et il refuse de la reconnaître, imaginant quelles lourdes conséquences son témoignage pourrait avoir dans cet Etat policier. La générosité, c’est déjà le trait dominant de Pierre !

En route pour le port : là, un cargo attend les passagers pour Casablanca, au Maroc libre. Mais ils ne sont pas venus à vide : Pierre et ses copains apprennent qu’ils sont échangés contre remboursement : un évadé pour deux poutrelles d’acier et deux sacs de ciment. «C’est là, dira toujours Pierre, que j’ai appris ma vraie valeur».

La Première Armée française

Arrivés à Casablanca, les jeunes Français sont dirigés vers le Bureau de recrutement. Fin 43, le Comité français de Libération nationale, qui unit après tant de difficultés la Résistance, a besoin d’effectifs, pour participer à la lutte qui se prépare avec les débarquements en Europe. En Afrique du Nord, il lève toutes les classes mobilisables, chez les « Indigènes » comme chez les « Français de souche », et il voit arriver avec joie ces garçons (et filles) de France qui ont franchi les Pyrénées au péril de leur vie.1943__Pierre___Casablanca

Pierre, qui a déjà subi l’entrainement d’un chasseur alpin, recommence tout dans un Régiment de Zouaves. Départ vers la montagne de l’Atlas, exercice intensif et nourriture solide, de quoi oublier les miasmes de Miranda. Pierre, qui a une formation en électricité, est transmetteur, à l’état-major d’un régiment d’infanterie qui va « voir du Pays ».

Le débarquement en Provence

Il ne part pas, comme tant d’autres, en Italie ; son régiment est intégré à l’Armée du général de Lattre, le seul officier général français qui ait tenté de résister à l’invasion de la zone « libre » le 11 novembre 1942.

De Lattre est aussi le seul à savoir qu’il faut préparer sa Ière Armée française à débarquer en France, avec les alliés américains et britanniques, et à en chasser l’occupant. Et il la prépare bien. Dotés de matériel américain, travaillant sans relâche pendant l’hiver 43-44 et le printemps suivant, les soldats de la Ière Armée sont prêts quand on les envoie le 15 aout 1944 sur les côtes de la Provence.

Pour Pierre, c’est le baptême du feu, à Agay, le 15 aout, puis, pour la libération de Marseille, le 29 aout 1944. La remontée de la vallée du Rhône, puis de la Franche-Comté, se feront sans trop de drames, disait Pierre. Des jeunes des maquis (Forces Françaises de l’Intérieur) s’engagent sur le trajet. Moins entraînés, mal équipés, ils ont besoin de l’attention des « anciens », qui, comme Pierre, n’ont pas plus de 23 ans. 

Les Allemands se replient, sans trop insister jusqu’à une ligne précise : la frontière du Haut-Rhin, au sud de Mulhouse, où, pour eux, commence la « Heimat », la Patrie allemande. A partir de là, ils pratiquent une défense acharnée. Ils vont défendre l’Alsace tout un hiver, avec ce qui leur reste de bonnes troupes, d’armes et de matériels, avec aussi, pour beaucoup d’entre eux, l’expérience de cinq années de guerre, dont quatre en Russie.

Pierre se souviendra toujours du 2 février 1945 : c’est le jour de l’anniversaire du Général de Lattre, et c’est le jour où la Ière Armée est venue à bout de la poche de résistance de Colmar. La belle ville de Colmar, vouée aux fastes militaires depuis que Louis XIV y a pris pied au nom de la France en 1648, garde encore dans ses façades la trace de ce combat terrible. Pierre, petit transmetteur dans un régiment, est en première ligne et pense sa dernière heure arrivée.

RHIN et DANUBE

Mais il a eu de la chance, il est resté en vie et en bonne santé. Il va passer le Rhin au printemps 1945, car il sera de ces Français qui marcheront du Rhin au Danube jusqu’au 8 mai 1945, date de la capitulation du IIIème Reich.

bataille___ColmarQuand elle traverse ce qui a été une ville, son unité blindée marche au milieu des ruines ; les rues, les chemins, ne sont plus tracés. Il n’y a plus de résistance organisée, mais il faut se méfier des pièges et de jeunes combattants fanatisés. Dans les ruines d’une maison, Pierre, comme beaucoup de ses copains, ramasse et garde en souvenir un fusil allemand « Mauser », qu’il a ramené lors de sa démobilisation, et conservé toute sa vie chez lui. J’ai recueilli cet héritage, non sans avoir, conformément au Règlement militaire, séparé une « pièce essentielle » de l’arme.

(à suivre...)

 

 

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16 mai 2008

Histoire de Jacqueline et Pierre - Partie une

Tout comme j'ai relaté le récit croisé de l'histoire de mes parents, Claude a rédigé, à partir de ses souvenirs, l'histoire de ce couple auquel nous souhaitons rendre hommage. Nous, et nos trois filles, les avons aimés comme des Parents et des grands Parents, à tel point qu’un jour ils nous ont adoptés au sens de la Loi.

2008__papiers_de_famille_BriotContrairement à « Affaire terminée j’arrive », l’histoire des parents de Marie-Pierre, ce récit n’a malheureusement pas été écrit par eux : il est reconstitué, à partir de leurs souvenirs, émouvants, haletants ou cocasses, et qu’ils racontaient volontiers. Egalement d’une longue interview de Pierre Briot, donnée un après-midi de mai, sur la terrasse du Calfour, à l’ombre et dans les chants d’oiseaux, avec le bienveillant concours d’une bière fraiche. Troisième source : l’exploitation des archives familiales, dont nous sommes les gardiens.

C’est une histoire parallèle jusqu’en 1953, de deux Français nés dans des univers différents, manifestement destinés à des vies toutes simples, sinon médiocres, mais forcés par la guerre à déployer énergie et talents. Des gens qui se portent au devant du danger, décident vite, et font le choix de la difficulté.

Une enfance tranquille

Jacqueline Renaud est née le 4 octobre 1919, dans une famille de commerçants originaires du Marais vendéen, et installés à La Roche-sur-Yon.

1916_le_p_re_de_Jacqueline__en_poiluCe chef lieu, construit par ordre de l’Empereur Napoléon Ier pour gouverner la Vendée catholique et subversive, était un gros bourg sans charme, surtout peuplé, à l’époque, de fonctionnaires de Préfecture, et de commerçants qui desservaient l’économie agricole prospère du Bocage. 

Le père de Jacqueline, Alexandre Renaud, employé aux Chemins de fer de l’Etat, avait été mobilisé  pendant 4 ans en 1914-18, était rentré avec la croix de guerre, sans grave blessure, et avec la volonté de fonder au plus vite une famille pour oublier le cauchemar. La petite Jacqueline est bientôt suivie par deux beaux garçons, Guy et Yves. Tout irait bien dans ce petit monde si la maman, de santé fragile, ne donnait pas des signes d’épuisement. Une tante paternelle, Rosalie, veuve et prospère, se propose pour élever Jacqueline, déjà un peu turbulente. Jacqueline aura donc deux domiciles, celui de ses parents et celui de « Tante », tout près l’un de l’autre.1931__la_famille_Renaud

Tante Rosalie a pour meilleure amie Madeleine Joussemet, Présidente du comité vendéen de la CROIX-ROUGE, épouse de médecin ; toutes deux savent trouver une occupation utile aux jeunes gens, et c’est ainsi qu’elles mobilisent la petite Jacqueline, âgée de 8 ou 9 ans, pour les quêtes annuelles de  la CROIX-ROUGE. C’est un premier pas vers l’engagement de sa vie.

C’est à Coucy le Château dans l’Oise que naît, le 11 juin 1921, Pierre Briot ; pour cette famille-là, la vie est beaucoup plus rude : les parents sont tous deux ouvriers chez Ercuis, grande et prestigieuse fabrique d’argenterie, mais le salaire est maigre, et le petit Pierre, comme son frère, est voué à rester un ouvrier.

La guerre pour devenir adultes

Septembre 1939 : c’est la guerre. Pierre est trop jeune pour être mobilisé, mais, en Picardie, il verra les combats de près en juin 40. Jacqueline, qui a passé en 1937 son baccalauréat en mathématiques, ce qui est rare pour une jeune fille, a commencé des études de droit à Poitiers. L’armistice va y mettre fin, car Poitiers est en zone libre et La Roche-sur-Yon en zone occupée. Pas question d’ausweis pour faire des études.

Mais il y a pire : le 21 juin 1940, la Wehrmacht est entrée à La Roche-sur-Yon. La tante Rosalie, qui possède une grande maison, est requise de loger un officier allemand. Guy, le frère de Jacqueline, élève de Terminale, qui a passé 8 jours prostré de douleur, se glisse un soir chez Tante, et remet à sa sœur un pistolet allemand : « cache moi ça ». Il l’a volé dans la journée à un occupant – crime puni de mort par le code militaire. Il commence ainsi une carrière de résistant et d’officier qui le conduira aux grades de Colonel de parachutiste et de Commandeur de  la Légion d'Honneur.

Soulager les souffrances

Pour faire quelque chose, Jacqueline travaille bénévolement à la Croix-Rouge : et il y a de quoi faire pour accueillir les réfugiés de Belgique, du Nord et des Ardennes: soins, logement, nourriture, tout manque.

bombardementNantesLà aussi, il y aura pire, et même pire que tout : le soir du 16 septembre 1943, Madame Joussemet appelle Jacqueline : « NANTES a été bombardée, il faut du monde, tu pars avec une équipe». Sur les lieux, au Port, au centre ville, il y a 1500 morts et 2500 blessés ; des lambeaux de chair pendent aux arbres ; les jeunes Vendéens, qui étaient encore relativement protégés malgré la guerre, connaissent alors, et avec quelle dureté, leur baptême du feu.

Rejoindre de Gaulle par les montagnes

Pierre, lui, s’en approche. Dès 1940, il s’est mis en tête de s’engager – dans « l’Armée de l’armistice » réduite à 100 000 soldats en zone dite libre - et il veut servir dans les chasseurs alpins. Il faut rejoindre Chambery, mais il ne comprend pas bien qu’entre les Alpes et lui, il y a la redoutable ligne de démarcation, qui coupe  la France en deux, de la frontière suisse aux Pyrénées.

Il n’a, bien entendu, aucun papier ; il arrive à Chalons-sur-Saone, un matin de 1941 ; très simplement, il va dans un bistrot, et fait part de son intention de passer en zone libre. On lui dit qu’il a une chance s’il se glisse dans la masse des ouvriers d’une grande usine, tous titulaires d’ausweis, qui franchissent le pont-frontière tous les matins, à l’heure de l’embauche. Ce qu’il fait, et ça passe. Pierre inaugure ainsi une incroyable série de coups heureux, qui sont sa « marque de fabrique ».

Le voilà de l’autre coté, qui reprend le train pour Chambery. Il y arrive, court au Quartier. Il est en pleine forme, plein de fougue et de volonté de servir ; il est engagé. Il ne sera pas déçu par les Alpins : d’abord, le petit apprenti picard découvre les joies de la marche, du sport, du ski, de la montagne. C’est dur, mais ça ne lui fait pas peur. Et, pour la première fois depuis longtemps, il mange bien. De plus, les officiers ne sont pas écrasés par la défaite de 1940. Ils disent : « un jour prochain, le combat reprendra, il faut être prêts ; ici, on vous prépare à servir votre Patrie ».arm_e_armistice

Le 11 novembre 1942, ce discours devient réalité : pour répondre au débarquement américain en Afrique du Nord, les Allemands envahissent la zone libre. Les départements alpins sont occupés par les Italiens de Mussolini ; les bataillons de chasseurs alpins sont désarmés et dissous – d’ailleurs dans le respect des lois de la guerre.

Pierre parle à son chef de section : quoi faire ? « Tu peux rester ici, et plus tard rejoindre un maquis, dit le Lieutenant, ou tu peux aller t’engager en Afrique du Nord, où les Français ont repris le combat ; il faut passer par les Pyrénées et l’Espagne, mais il faut attendre le printemps prochain ». En avril 43, voilà notre petit chasseur en route pour Toulouse, avec des papiers en règle fournis par l’Armée de l’armistice.

Sorti de la gare Matabiau, il va sans hésiter consulter un agent de police, auquel il demande poliment comment on fait pour passer en Espagne ! Le brave flic manque de s’étrangler, et lui dit « Tu as eu de la chance d’être tombé sur un patriote, car j’ai bien des collègues qui t’auraient fait jeter en prison ; je connais des gens qui vont t’aider ; en attendant, je te boucle chez moi, car tu es vraiment trop naïf ».

La suite, c’est un obscur voyage en camionnette, de nuit, jusqu’à Lannemezan, un court séjour dans une petite scierie, avec quelques autres candidats à l’évasion, un passeur qui les fait monter jusqu’au col au risque des patrouilles allemandes (sur les évadés de France, voir le site www.effelle.fr/francais-libre/evades-de-france) .

guardia_civilArrivés en haut : « C’est par là les gars, la Guardia civil vous mettra en prison, mais vous en sortirez ». De fait, au premier village, la Guardia civil – très dense pour surveiller le pays à peine sorti de la guerre civile - les repère et les boucle. Mais le garde a besoin de son chef pour engager la procédure, et ils vont donc le chercher au bord d’un petit lac, où il pêche tranquillement.

(à suivre)

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15 mai 2008

Un diner réussi au bistrot du Dôme

Claude_et_la_carte_du_bistrot_du_D_meVoilà, cela fait plus de vingt ans que nous venons dans cette maison, et nous ne sommes jamais déçus.Au_bistrot_du_D_me
Ce soir, nous avons "pratiquement" dîné avec, à la table la plus proche, Robert Badinter, notre voisin. Bon, effectivement, la moyenne d'âge reste assez élevée...
Mais surtout, les plats de poisson sont d'une simplicité et d'une fraicheur sans égale, ce qui justifie pleinement le prix payé pour deux couverts avec entrée, plat, un dessert partagé, un café et une bouteille de délicieux vin de Quincy, suivi depuis des lustres (environ 100€).Une maison à recommander, donc..
Le bistrot du Dôme, 1, rue Delambre, 75014 Paris (01 43 35 32 00)

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Les Guerriers enterrés de l'Empereur Qin

Exposition à la Pinacothèque de Paris, 28, place de la Madeleine, jusqu'au 14 septembre

expo_pinacoth_qyeEst-ce la cruelle actualité sur le tremblement de terre au Shanxi qui nous a poussé à voir cette exceptionnelle exposition organisée par la Pinacothèque de Paris ? Sans doute pas, mais je n’ai pu me défendre de penser à cette immense armée enterrée, gardant depuis tant de siècles le tombeau du premier empereur Quin, sous la menace d’un nouveau et terrible tremblement de terre. Et la visite en vaut la peine, dans un cadre en sous-sol tout à fait approprié.
C’est là en effet une petite – mais très bien p
résentée et commentée – sélection de l'une des plus fabuleuses découvertes archéologiques du XX siècle : les légions enterrées de L'Empereur Qin, premier Empereur de Chine, qui a accédé au pouvoir en 210 avant J.C., présentées pour la première fois à Paris. Trente années et une main d'oeuvre de 700 000 personnes ont été nécessaires pour l'édification de la nécropole. char_de_combatLes statues sont un peu plus grandes que nature : elles mesurent entre 1,80 et  1,95m. Elles étaient équipées d’armes bien réelles (épées, lances – ce qui se dit « mao » en chinois…) qui ont, par la suite, souvent fait le bonheur des pilleurs. L’exposition présente aussi une très curieuse armure, fabriquée à partir de petites plaques de pierre calcaire. On imagine le poids qu’elle devait représenter….Une première introduction avec trois statues de terre cuite de soldats, un merveilleux cheval sellé également en terre cuite et la copie d’un char de combat à quatre chevaux, avec leur harnachement, en bronze. Les traits des soldats seraient ceux des vrais soldats de l’empereur de Chine. Leur découverte a été faite à un kilomètre du gigantesque complexe funéraire où se trouve la tombe du premier empereur. Trouvées dans trois fosses différentes, les statues ne seraient que la pointe émergée de ce complexe. En effet, celui-ci s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres et le tumulus principal n’a toujours pas été fouillé. Guerrier_enterr_Le parcours de l’exposition propose ensuite un foisonnement d’objets usuels de la société chinoise, depuis le IXe avant J.-C. jusqu’à la fondation de l’empire chinois par Quin Shi Huangdi : cloches rituelles de bronze, vases ding pour les offrandes de viande, plaques de jade finement ciselées, une ravissante boucle de ceinture en or ornée d'une tête de canard, etc. Une société chinoise bien plus ancienne et évoluée qu’on ne peut le soupçonner. Un détail parmi d’autres : le motif indéfiniment répété d’entrelacs sur les vases rituels en bronze, qui ressemblent, et pour cause, aux motifs sculptés sur les granits précolombiens….En bouquet de conclusion, une quinzaine de soldats de terre cuite, allant de l’officier supérieur au simple fantassin, d’une stupéfiante beauté.

 

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Bar grillé au beurre nantais

Bars_grill_s___la_planchabar_grill_Choisir un bar pour deux personnes. Demander au poissonnier de le (ou les) vider sans l’écailler. De quelque manière que l’on procède : plancha extérieure ou gril en fonte, il faudra que la plaque de cuisson soit extrêmement chaude et maintenue à température constante pendant toute la cuisson. Pour une pièce de 40cm de long, il faut compter six à sept minutes de chaque côté pour obtenir une chair cuite et non surcuite. Regarder à l’intérieur du poisson si la chair est encore rose. Dans ce cas, laisser encore sur le gril. Si vous utilisez un grill à rainures, vous pouvez déplacer le poisson en cours de cuisson de façon à obtenir des croisillons.

Bar_grill__au_beurre_nantaisSur la table, enlever la peau qui doit se détacher toute seule avec ses écailles, servir les filets nappés de beurre blanc ou de beurre nantais (voir la recette dans les « basiques »). certains passent la sauce au chinois, moi, j'aime bien  sentir les petits brins d'échalote ....

 

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14 mai 2008

Là où je t'emmènerai...le plus tard possible !

un_moulinLa traversée du Père Lachaise m’a donné envie de visiter en détail le cimetière de Montparnasse ! Vous trouvez cela morbide : détrompez-vous. Tout d’abord, c’est un endroit frais et calme, avec ses quelque douze mille arbres. Ensuite, c’est très vivant – si j’ose dire. En effet, on y compte 35000 sépultures, et environ 1000 personnes y sont inhumées chaque année, ce qui donne environ 3 par jour ouvré. Et partout des travaux…mais c’est aussi un lieu de promenade : des mamans le traversent pour promener leurs bébés, loin de la pollution et du bruit.des_voisins_bien_tranquilles

Et puis nous avons appris que le mont Parnasse n’était pas une des collines de Paris, mais au commencement, un "tumulus", amas de gravats et de résidus pierreux des carrières toutes proches, un dépotoir. Il devint vite aussi un quartier de guinguettes où venaient se détendre les étudiants du quartier latin. Les grands cafés du carrefour Montparnasse en sont sans doute les héritiers. L’emplacement du cimetière fut dédié aux activités agricoles, sous la houlette de religieux, qui y construisirent un moulin, encore debout. Enfin, après la Révolution, les terrains devinrent la propriété de l’Assistance Publique, qui commença à y inhumer les morts des hôpitaux.Who_noes

Ce qui frappe, c’est la constante sociologique des familles représentées dans cet espace vert unique, à la frontière des 5° et 6° arrondissements : artistes, intellectuels, hommes politiques, savants, éditeurs, grandes familles, prestigieux exilés…..un voyage dans la haute bourgeoisie parisienne, avec des tombes grandiloquentes ou complètement loufoques, comme les « gisants » de la famille Pigeon (inventeur de la célèbre lampe), des sculptures modernes, simplement un immense bosquet de roses rouges, l’élan brisé d’une aviatrice tombée en vol d’essai, la ferveur présente des fans d’un compositeur des sixties, la simplicité d’un prix Nobel sur laquelle les siens ont déposé un petit caillou, selon la tradition juive. Un lieu où la satisfaction d’une carrière accomplie trouve ses limites tout de même…

Vous trouverez un plan détaillé des personnalités qui hantent ces lieux à l’entrée, mais nulle signalisation : c’est un rébus que de trouver un emplacement en particulier. (Quelques clichés aussi, dans le diaporama).

C’est le jeu…l’avantage est qu’on ne risque pas de se perdre dans le dédale : les murs extérieurs sont toujours en vue !

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Beurre blanc, beurre nantais

Un incontournable de la cuisine française, qui accompagne somptueusement les filets de poisson blanc grillés ou pochés au court-bouillon : le beurre blanc dont la technique m'a été enseignée par ma belle-mère adoptive, native de la Vendée, Jacqueline.

Beurre_nantaisA partir d’une échalote très finement émincée, mettre également dans la casserole 1dl de vin blanc sec et le jus d’un citron. Porter à ébullition et laisser évaporer presque à sec, les échalotes doivent devenir transparentes.

Incorporer ensuite au fouet, toujours sur feu doux, 125g de beurre très froid, coupé en petits dés, afin de "monter la sauce". Saler et poivrer. C’est le beurre blanc. Si vous ajoutez en fin de processus une grosse cuillerée à soupe de crème fraiche, vous obtenez plus d’onctuosité et de volume : vous avez un beurre nantais.

 

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13 mai 2008

Far breton

far_breton_au_sortir_du_fourVerser un grand bol de thé bouillant sur 250g de pruneaux et laisser gonfler environ une heure. Faire préchauffer le four à 180° (Th : 6). Choisir un grand plat à four à bords hauts et pouvant être présenté à table. Y déposer une grosse noix de beurre (salé) et la faire fondre dans le four. Ne pas attendre que le beurre cuise avant de bien beurrer le moule à l’aide d’un papier absorbant ou d’un pinceau.
Dans un saladier, mélanger intimement 250g de farine (tamisée) et 150g de sucre, puis 5 œufs, un trait d’extrait de vanille. Porter à presqu’ébullition un litre de lait (demi-écrémé). Verser le lait légèrement tiédi dans la préparation farine-sucre-œufs et mélanger de façon à ne laisser aucun grumeau, comme pour une pâte à crêpes. Utiliser un mixer plongeant ne nuit pas. On peut ajouter une rasade de rhum.
far_coup_Verser précautionneusement le mélange liquide chaud dans le plat beurré puis ajouter les pruneaux un à un après les avoir égouttés. Tout aussi délicatement, enfourner pour environ une heure en surveillant le dorage. Avant de sortir le far du four, vérifier qu’une lame de couteau en ressort à peu près lisse. Le far se déguste tiède ou froid.

 

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"G.A.L.", un film hispano-français de Miguel Courtois

Avec José Garcia et Natalia Verbeke, Jordi Mella et Bernard Le Coq.

Jos__GarciaC’est José Garcia dans un rôle dramatique – comme dans son interprétation de Jean-Baptiste Adamsberg dans « Pars vite et reviens tard » (Régis Wargnier) qui m’a incitée à voir ce film. Et puis la trame de la quête de vérité de deux journalistes espagnols dans le dossier des groupuscules secrets « Groupements Anti-terrorristes de Libération » qui pratiquèrent dans les années 80 des attentats (assassinats, séquestrations, pose de bombes) contre des militants de l’ETA, en venant les atteindre au Pays basque français où la plupart se repliaient. Un temps de guerre civile, où le nouveau gouvernement espagnol, socialiste, se posait la question « Comment éradiquer le terrorisme lorsqu’on a tout tenté ? ». De manière claire, le contre-terrorisme n’est pas une solution plus acceptable au sein d’un Etat de droit, ce que le film tente de démontrer. Mais n’est pas Francesco Rosi (L’affaire Matteï, Main basse sur la ville) ni Constantin Costa-Gavras (« Z », l’aveu, Missing) non plus qui veut…

GALSoyons honnête : le rythme du film est bon, les plans dynamiques, les paysages basques saisissants, la musique adaptée. Mais, dans une langue qu’il ne maîtrise pas aussi bien qu’on pourrait l’espérer, José Garcia joue faux, tout au moins au début du film. Il a dû prendre des leçons de diction à cette occasion, et je ne reconnaissais pas du tout sa voix, plus métallique. On ne le sent pas à l’aise. En revanche, Jordi Mella (avec cheveux gomminés tiés en arrière, moustaches à la J-M Aznar et lunettes de soleil d'agent secret) en flic fasciste, violent, qui joue et perd au casino une partie des fonds secrets alloués pour monter ses coups tordus, est impressionnant. Quelques « cuirs » impardonnables : l’avocat qui s’adresse au juge d’instruction français en lui donnant du « votre Honneur » par exemple, le procureur que descend dans le prétoire comme dans les films américains…..Donc, à voir après une consultation de l’article sur les GAL dans Wikipedia : l’intrigue sera plus claire !

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