Canalblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bigmammy en ligne

Bigmammy en ligne
Bigmammy en ligne

Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 7 petits-enfants.
Voir le profil de Bigmammy sur le portail Canalblog

Newsletter
Archives
Derniers commentaires
17 juillet 2024

Là où mentent les morts, récit historique de Ph. Grandcoing et B. Aumasson

Un historien spécialiste des affaires criminelles de sa région et auteur de romans policiers, associé à un passionné de recherches généalogiques s’associent pour démonter une légende rurale tenace. Ici, la destinée bien sordide d’une famille de petite noblesse aux confins du Périgord et du Limousin, avec ses échecs, sa morgue et ses querelles d’héritage entre frères et sœurs.

A la source de cette légende noire, complaisamment diffusée de génération en génération, le destin des héritiers de Pierre Pagnon de Fontabert et de ses descendants : Ernest (né en 1813) et ses enfants : François dit Ernest, Ernestine, Hortanse, Arthur, Victorine.

Tout commence à Montcigoux par la découverte, en 1913, sur la propriété familiale, d’un squelette qui pourrait être celui de l’ancien propriétaire des lieux, Ernest, parti en 1850 chercher l’or en Californie avec sa sœur et que l’on n’a jamais revu depuis.

Un journaliste local relate l’événement, l’histoire est reprise en 1933 sous le titre « La sombre tragédie du château de Montcigoux » où l’on évoque un inceste, des infanticides, un trésor ramené d’Amérique, une séquestration puis un fratricide … Un roman noir repris avec gourmandise par un documentaire télévisuel en 1987, plusieurs romans plus ou moins inspirés par cette ténébreuse affaire …

Et il est évident que « les vies » d’Ernest de Fontaubert méritent que l’on s’y attache … mais pour en décrire la réalité, bien éloignée de la légende : ce qu’ont réalisé les deux auteurs en remontant aux sources, tant dans cette région remise dans son contexte historique et politique, que dans les placers et villes-fantômes de la ruée vers l’or. Deux professionnels qui se plongent dans un sacré cold case ! Du vrai suspens

Jusqu’à la dernière page, on veut connaître le fin mot de cette affaire familiale qui traverse les périodes bousculées de notre vie politique, au milieu des ragots et des vengeances de classe, des rumeurs et des haines familiales recuites. Une enquête où subsistent maintes zones d’ombre, mais qui met un terme à une légende bien ancrée dans ce terroir à mystères, si proche de celui où j’écris en ce moment.

 

Là où mentent les morts, récit historique sur Les vies d’Ernest de Fontaubert du Périgord à la Californie, par Philippe Grandcoing et Bernard J. Aumasson, préfacé par Alain Corbin, aux éditions Les Moissons, 211 p., 19€

16 juillet 2024

SAREK, thriller de Ulf Kvensler

Frileux s’abstenir …

En première page de ce thriller suédois, on vous montre une carte où le parc national du Sarek figure au centre-nord du pays : une région très appréciée des randonneurs déjà confirmés, surtout en septembre, où le froid et la pluie sont de rigueur …

Sinon, je me souviens du film de John Boorman « Providence » sorti en 1978 … Des copains qui partent en balade dans la nature, et puis une succession de catastrophes.

Ici, deux couples d’amis, Anna et Henrik, Milena et Jakob entreprennent une excursion où rien ne va se passer comme prévu et se terminer en carnage … Anna – juriste – est fiancée à Henrik, constitutionnaliste, depuis environ 10 ans. Elle a connu Milena, sa meilleure amie, sur les bancs de l’université d’Uppsala. Ils ont l’habitude de faire des treks en montagne à trois depuis des années, mais en ce mois de septembre, un troisième larron s’est invité, le nouveau petit-ami de Milena, Jakob.

Et paradoxalement, c’est lui qui va imposer ses choix pour l’itinéraire … et tout va basculer dans la suspicion puis dans la violence extrême.

Le propos de l’auteur, au-delà de l’intrigue et du suspens haletant à chaque page, est de faire entrevoir la complexité de chaque personnalité, les influences des traumatismes de l’enfance, la façon dont des personnes a priori sans défauts peuvent interpréter, voire manipuler – même inconsciemment – la vérité, comment recouper les témoignages.

Une déambulation pleine de surprises dans le grand nord suédois, qui fait littéralement froid dans le dos …mais dont la fin laisse cependant un peu sur la faim. Un bon scénario de série, en tous cas !

 

Sarek, thriller d’Ulf Kvensler, traduit du suédois par Rémi Cassaigne. Edition de La Martinière, collection Points, 496 p., 9,40€

15 juillet 2024

Tarte aux pommes en vrac

En vacances, on n’a pas toujours envie de se prendre la tête, mais on a souvent celle de se concocter des petits plats en famille - mes ados adorent se mettre en cuisine - sans prétention et sans additifs : rien que des ingrédients de base …

Pour la pâte de cette grande classique des tartes : 75g de beurre en morceaux pas trop durs, 150g de farine plus un peu pour graisser le moule anti-adhésif, une pincée de sel, la moitié d’une cuillerée à café de sucre vanillé, 50g d’eau.

Bien malaxer le tout – si vous disposez d’un Thermomix : 20 s. V4 puis 10 s. V2 en sens inverse.

Mettre le four à préchauffer sur 200° (Th : 7). Pendant ce temps, peler trois ou quatre pommes, enlever soigneusement les pépins et les couper en petits cubes. Les placer dans un saladier, saupoudrer généreusement de sucre et de cannelle en poudre, secouer et soulevant la masse pour répartir harmonieusement l'assaisonnement.

Graisser le moule et abaisser la pâte de manière ultra-fine, du bout des doigts sans chercher à former un rebord. Piquer le fond avec une fourchette. Disposer les dés de pommes au milieu et les répartir uniformément.

Terminer par quelques copeaux de beurre doux.

Glisser au four pour 30 à 35 minutes.

14 juillet 2024

Deux nuits à Lisbonne, polar de Chris Pavone

Une analyse psychologique particulièrement efficace d’une femme déterminée à ne pas se laisser faire. Ariel a commencé sa vie dans le luxe d’une éducation soignée, bénéficiant d’un physique très avantageux, puis elle s’est mariée à un financier plus âgé qu’elle, et a vécu au sein de la jet-set newyorkaise.

Et puis un jour, elle a tout quitté, changé de nom, s’est exilée dans une petite ville de province, a acheté une librairie au bord de la faillite et une ferme bonne à restaurer, où elle élève toute seule son fils en compagnie de deux chiens et d’un bouc de compagnie …

A un peu plus de 40 ans, elle est tombée sous le charme d’un homme un peu plus jeune qu’elle, très élégant et affectueux. Après quelques mois, ils se sont mariés mais à vrai dire, elle sait peu de choses de son passé … Quant à elle, on apprend que son retrait du monde fait suite à un événement tragique.

Ariel a accepté d’accompagner John dans un voyage professionnel à Lisbonne. Mais au matin de leur première nuit, elle s’aperçoit que son mari a disparu. Il a été enlevé, mais ni au commissariat local ni à l’ambassade américaine, on ne la croit au sérieux. Pourtant elle va remuer ciel et terre pour réunir l’énorme rançon réclamée, quitte à faire appel à son plus cruel ennemi.

La construction de cette intrigue est machiavélique, d’une mécanique d’horlogerie. Les investigations des policiers et des agents de la CIA qui soupçonnent une affaire politique, puis d’un journaliste d’investigation qui s’attache à résoudre ce cas, parfaitement crédibles.

Ayant déjà séjourné à Lisbonne, j’ai imaginé le cadre de ce rapt … mais c’est surtout la description du personnage d’Ariel – anciennement Laurel – qui a retenu tout mon intérêt. L’ambiance de la société friquée des Etats-Unis de Donald Trump aussi.

Et comme toujours, il faut supposer que les protagonistes ne sont pas toujours tels qu’on les imagine … C’est tout le talent du « twist » final qui fait la saveur de ce roman.

Un excellent polar en tous cas !

Deux nuits à Lisbonne, polar de Chris Pavone traduit de l’anglais par Karine Lalechère, Gallimard collection Folio policier, 597 p., 10,40€

13 juillet 2024

Une BD culte : La marque jaune d'Edgar P. Jacobs (1956)

Voici mes trois monuments de la ligne claire belge préférés : Le Lotus bleu d'Hergé (1934), La marque jaune (1956) d'Edgar P. Jacobs et La griffe noire (1959) de Jacques Martin ...

 

A presque 78 ans, je ne me lasse pas de relire ces ouvrages dont j'a bien entendu les collections complètes, ici, dans ma saison du Lot-et-Garonne, je ne m anque pas un été sans en relire une grande partie.

Car dans ma tête, je me suis arrêtée à l'âge de 13 ans et j'ai décidé de laisser le curseur de mes enthousiasmes à ce moment de ma préadolescence.

 

Enfin revenue dans ma maison au calme, je viens de relire cet opus que les spécialistes décrivent comme le meilleur de la série des aventures de Blake et Mortimer. Publié en 1956 ... les technlogies sont naturellement dépassées, mais les poursuites et les décors sont fantastiquement rendus, la description déjà bien entamée du personnage principal, tout à fait efficace.

 

Troisème aventure des héros so british Blake et Mortimer, après "Le secret de l'espadon" et "Le Mystère de la grande pyramide". La bande dessinée a commencé de paraître en 1956 en quatrième de couverture du Journal de Tintin. C'est de l'avis des spécialistes le meilleur album de toute la série, et je suis moi aussi de cet avis depuis plus de 30 ans.

 

couvmarquejauneL'épisode se déroule à Londres, juste avant Noël : il pleut, il fait froid, le brouillard envahit les quartiers de Bloomsbury, les quais sinistres du côté de Limehouse Docks.

 

Un mystérieux personnage nargue Scotland Yard par des exploits de plus en plus audacieux : le vol de la couronne de l'Empire britannique, l'enlèvement de personnalités comme le rédacteur en chef d'un journal, un professeur de médecine, un juge ...

 

Toutes les techniques modernes (de l'époque) d'écoutes clandestines, de protection individuelle lui permettent de filer entre les doigts de la police comme de Francis Blake, missionné par le MI5, et du professeur Philip Mortimer, son ami. Le Premier Ministre s'en émeut, l'affaire devient politique.

 

Une réflexion sur le rôle de la science, et l'hubrys de ceux qui se considèrent comme supérieurs à tous les autres ...

12 juillet 2024

Le premier principe, le second principe, roman d'espionnage de Serge Bramly

J’ai trouvé cet ouvrage parmi les plus de mille qui dorment dans mes bibliothèques. Un gros roman publié en 2008 qui a reçu le prix Interallié la même année. C’est Claude qui l’avait acheté et lu, mais en général, nos goûts littéraires n’étaient pas les mêmes.

Ce qui m’a attiré l’œil cette année, c’est le nom de son auteur, Serge Bramly, car j’avais apprécié plusieurs de ses courts-métrages sur les grands peintres de la Renaissance italienne.

La scène d’ouverture nous replonge ici dans cette nuit tragique du 31 août 1997, dans le tunnel de la place de l’Alma, dans la tête de la princesse Diana, en train de vivre ses dernières minutes … Pourquoi elle ? Parce que le personnage principal du roman est un photographe de personnalités, mais pas parmi ceux que l’on a accusé d’avoir causé la mort de la princesse.

En fait, l’intrigue nous donne à connaître un certain nombre de protagonistes aux destins totalement distincts, sauf qu’à un certain moment, ils se croisent … Un haut fonctionnaire ambitieux qui couchaille avec des collègues féminines, un marchand d’armes suisse qui fricote avec une dynastie de transporteurs libanais et les ayatollahs iraniens, des agents des services secrets et leurs officiers traitants, la hiérarchie de « La Piscine » ou centre du boulevard Mortier, un ministre éprouvé par une défaite électorale et qui choisit de se suicider (naturellement, c’est un roman à clefs !) … une histoire occulte des dessous de la politique que bien peu de gens prétendent connaître.

Mais la dernière et meilleure partie du roman met en scène un nouvel héros particulièrement attachant : un analyste des services (la DGSE) auquel on confie la mission d’éliminer un ex-collègue qui s’est volatilisé depuis plusieurs années en Chine. Une opération « homo », précisément planifiée … question de sécurité nationale …. mais tout ne va pas se passer comme prévu.

En prime, une écriture étincelante, un scénario complexe construit avec talent, un thriller que l’on ne peut lâcher à aucun moment avant d’en saisir la fin …

 Et pas dépassé du tout, donc de la belle ouvrage.

 

Le premier principe, le second principe, roman de Serge Bramly (2008), édité chez JC Lattès, 614 p., 22,30€ et en livre de poche

11 juillet 2024

Retour au bercail ...

Après 5 jours d'hospitalisation, branchée de partout, une nouvelle coronarographie et un traitement un peu plus fort, ma voilà revenue chez moi, au milieu de mes enfants et petits-enfants ... Un peu groggy, certes et je vais avoir le temps de me remettre.

Ma conclusion est qu'il faut écouter son corps : ne pas tergiverser de peur de déranger : le rétrécissement artériel  était net mais n'a pas abouti à une obstruction qui aurait conduit à un nouvel infarctus.

Alors que je m'inquiétais toujours, depuis ces 30 ans dans cette maison isolée de tout, que des secours mettraient trop de temps avant de me trouver, ce ne fut pas du tout le cas vendredi : en moins de 20 minutes, les Pompiers du SDIS de Fumel étaient chez moi, m'ont conduite au Pôle de Santé du Villeneuve où j'ai été prise en charge immédiatement : ECG, Scanner, analyses ... Verdict : transfert de nuit à la clinique Saint-Hilaire (spécialisée en cardiologie) d'Agen, surveillance de 24 heures puis intervention classique de débouchage.

Un séjour parfait : des équipes soignantes efficaces et charmantes, des médecins compétents qui expliquent ce qu'ils ont fait, et l'usage des médicaments, donnent des conseils rassurants ... Je suis reconnaissante à toute la chaîne de soins de m'avoir si bien traitée et ainsi redonné du courage.

Et je suis bien désolée d'avoir causé des tracas à ceux qui me sont chers.

Mais j'ai beaucoup lu, il faut écrire maintenant !

5 juillet 2024

Constantinople 1453, par Sylvain Gouguenheim

Tournant civilisationnel dans le conflit multiséculaire opposant le monde islamique au monde chrétien, la prise de la capitale de l’empire Bysantin – ou de ce qui en restait – en ce 24 mai 1453 fait l’objet d’une description particulièrement documentée.

Un récit en trois actes : la mort lente d’un empire, les 55 jours du siège, la mémoire de l’événement à travers les siècles.

Tout commence par la mort lente de l’ancien empire romain d’Orient, son inexorable asphyxie amorcée dès la fin du XIème siècle après la défaite de Mantzikert (1071). Ensuite il y eut le sac de la ville par les Croisés en 1204, la mise sous tutelle par les marchands de Venise et de Gènes.

L’empire est un état fragmenté, un agrégat de territoires dispersés entouré de puissances hostiles et en croissance. Dans le même temps, les élites grecques donnent à leur appétit de pouvoir la priorité sur la défense des frontières : querelles religieuses avec la lancinante question de l’Union des Eglises toujours repoussée par la partie orthodoxe, donc la non-soumission au Pape qui empêche tout secours des puissances catholiques, une succession de guerres civiles qui tarissent les rentrées fiscales, des effectifs guerriers insuffisants, des fortifications dépassées, une flotte de guerre désarmée, le recours à des bandes mercenaires.

De l’autre côté, malgré la réticence religieuse face aux innovations techniques qui, selon le Coran, sont assimilées à des erreurs menant à l’enfer, les Turcs se sont dotés d’une artillerie à foudre performante, cette innovation étant jugée compatible avec le djihad. Ils sont gouvernés par un jeune sultan d’une intelligence et d’une volonté étonnantes, qui se rêve en nouvel Alexandre et considère la prise de Constantinople comme une étape avant la prise de Rome et la conquête du monde.

Pendant 55 jours, les défenseurs furent stupéfiants de résistance, mais soudainement tout céda. Le génois Guistiniani fut blessé et emmené par ses hommes, l’empereur Constantin XI Dragasès se jeta dans la mêlée pour y mourir les armes à la main … le pillage et le massacre furent atroces. L’épopée turque se mue en tragédie grecque.

La troisième partie narre les suites de cette victoire, avec cependant, après l’échec devant Vienne (1529), puis Lépante (1571), très progressivement l’essoufflement de l’empire ottoman, l’émergence en occident de la « Grande idée » de l’indépendance de la Grèce, les guerres balkaniques, la Grande guerre, la « Grande catastrophe » de la prise de Smyrne par les Turcs en 1922 et l’échange des populations (un million de grecs et 350 000 Turcs), la prise de pouvoir de Mustafa Kemal … Tout un pan de notre histoire.

Publié en partenariat avec le Ministère des Armées dans la collection « Champs de bataille », le livre est d’un abord aisé, prenant appui sur les travaux les plus récents : historiens, archéologues, croisant les sources des témoins de l’époque. Un récit passionnant et pour moi une nouvelle visite virtuelle de la cité d’Istamboul, comme j'eus le plaisir de la parcourir il y a des lustres ...

 

Constantinople 1453, par Sylvain Gouguenheim, collection Champs de bataille, édité par Perrin/Ministère des armées, 360 p., 25€

4 juillet 2024

La sauce bolognaise selon Dorian

Naturellement, pour ces jeunes adultes, les sauces du commerce ne suffisent pas !

Pour Dorian, l'astuce est de faire rissoler un oignon et une ou deux gousses d'ail dans un peu de matière grasse, puis d'y ajouter un steak hâché, bien faire compoter le tout à couvert dans la poêle, puis verser le contenu du bocal de sauce au basilic ... et une belle pincée de cannelle en poudre.

Juste le temps de faire cuire les pâtes al dente, en conservant une  tasse d'eau de cuisson, et on ajoute en dernier lieu le fromage râpé : Grana padano ou Pécorino ... ou simplement de l'emmental, et le tour est joué pour une plâtrée d'un soir !

C'est la cuisine des vacances !

2 juillet 2024

Le secret de l'Espadon, BD de science fiction vintage par Edgar P. Jacobs

Comme chaque été dans cette maison qui regorge de livres, je me replonge dans mes collections de bandes dessinées, et relis les anciennes éditions de l’autre maître belge : Edgar P. Jacobs, créateur de la fine équipe Francis Blake, Philip Mortimer, Olrik le salaud absolu mais qui s’en tire toujours.

Peu m’importe aujourd’hui que les albums conçus par d’autres auteurs continuent la série, je suis toujours fan … et j’attends avec fébrilité chaque année le nouvel épisode.

J’ai donc recommencé ma lecture par le premier opus, décliné à l’origine en 2 puis 3 tomes, après sa parution en feuilleton dès le premier numéro du Journal de Tintin en 1946 … l’année de ma naissance.

L’époque est alors dominée par la terreur d’une troisième guerre mondiale, nucléaire cette fois. L’auteur transpose à peine l’image du dictateur totalitaire qui se prend pour un général en chef et a pour dessein de diriger le monde après avoir réduit en cendres les principales capitales de l’Occident, en utilisant la bombe atomique …

Sauf qu’il veut capturer en bon état les plans d’une arme miracle conçue par Philip Mortimer et qui lui assurera la suprématie absolue : une arme nouvelle, à la fois sous-marine et stratosphérique : l’Espadon, un engin dont seulement deux prototypes sont en cours d’assemblage dans une base secrète britannique située sous la mer, au milieu du détroit d’Ormuz. Un endroit tout aussi stratégique aujourd’hui.

Près de 80 ans après l’écriture de ce roman de science-fiction, le lecteur ne peut s’empêcher de noter les correspondances évidentes avec la situation géopolitique actuelle … C’est assez flippant.

On y retrouve aussi des thèmes graphiques qui deviendront récurrents dans l’œuvre de E.P. Jacobs comme les tunnels, les tubulures, les cavernes, les subtilités du traitre qui s’insinue partout … On y découvre des personnages sympathiques comme le fidèle Nazir

Des paysages somptueux … mais un bémol de taille : le côté évidemment raciste de la représentation de l’ennemi. Mais à l’époque, si près de la reddition des Japonais, cela ne choquait personne.

La description des combats est superbe … mieux qu’au cinéma avec beaucoup moins de moyens que pour un film de James Bond, et que l’on ne vienne plus prétendre que la montée de violence chez les jeunes d’aujourd’hui provient de la pratique des jeux vidéo !

 

Le secret de l’Espadon, par Edgar P. Jacobs, album relié édité chez Rombaldi (1982) en deux épisodes : La poursuite fantastique, SX1 contre-attaque. Disponible aujourd’hui aux éditions Blake et Mortimer.

Pages
Visiteurs
Hier 642
Depuis la création 7 349 273