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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 7 petits-enfants.
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27 octobre 2022

Le rêve brisé de Charles Quint, par Guillaume Frantzwa

Rêve brisé

Deux jeunes souverains, Charles Quint (1500 – 1558) et François Ier (1494 – 1547), rêvent d'empire universel. L'Europe se fragmente, la Réforme progresse, alors qu'un ennemi pressant se réveille à l'Est, avec l'avènement de Soliman le Magnifique.

Depuis l’élection de Charles à la dignité d‘Empereur du Saint empire romain germanique, François 1er et Charles Quint se livrent à un duel sans merci, durant toute leur vie, sans qu’aucun ne parvienne à remporter une victoire décisive même si la France connaît plus de difficultés financières et politiques que son adversaire.

Elle subit en effet de graves déboires en Milanais, après la victoire de Marignan, il y eut le désastre de Pavie et l’emprisonnement de François 1er à Madrid qui se terminera par un traité que François 1er, sitôt libéré, dénoncera avec une mauvaise foi absolue.

Charles Quint devient le meneur incontesté de toute la chrétienté pour la lutte contre ses ennemis intérieurs – les Protestants – et extérieurs – les Ottomans. Maître de l’Italie, il est au sommet de sa puissance. Son objectif : gouverner le monde, étendre l’Empire, réunifier la foi catholique. Il a placé son frère Ferdinand sur le trône de l’Autriche en 1521 et se garde l’Espagne. Sa tante est régente des Pays-Bas, ses sœurs mariées aux principaux rois d’Europe (Portugal, Danemark, France). Un système astucieux et efficace de pouvoir en famille.

Charles Quint

François 1er met tout en œuvre pour contrer Charles Quint. Une diplomatie hyperactive, la prise de contact avec les princes protestants allemands, l’entremise auprès du pape pour le compte d’Henri VIII dans son problème de divorce, des ouvertures après des Turcs.

Cependant, des troubles surviennent en Allemagne, d’origine sociale et religieuse. Les révoltes sont durement réprimées par les Princes. L’empereur n’intervient pas. Les différentes obédiences réformées s’émiettent même si les Luthériens et les Calvinistes sont majoritaires. François 1er, lui, est très ambigu dans sa pensée personnelle mais revient à une position plus ferme après l’affaire des Placards en 1534. C’est aussi l’époque où le pape Paul III crée la Compagnie de Jésus et l’Inquisition romaine et universelle en 1542, initiant une reprise en main brutale du catholicisme, à rebours de la quête de compromis de l’empereur.

Après la victoire des Ottomans à Mohacs en 1526, l’activité des Turcs pour entrer dans le territoire de l’empire est incessante. Cependant, leur siège devant Vienne en 1530 est un échec qui renforce l’image de Charles Quint. La riposte viendra sur la mer par les raids barbaresques. Un effort naval considérable permet à Charles Quint de s’emparer de Tunis en 1535, même si Barberousse continue à terroriser les navires impériaux par une insaisissable guérilla marine. Hélas, la seconde expédition navale de l’empire dirigée vers Alger tourne au désastre (1541).

Tout le règne de François 1er puis de son fils Henri II est consacré à la revanche de Pavie. Il négocie avec le pape (un Médicis) le mariage de son fils avec Catherine, à la grande frustration de Charles. Cependant, les deux protagonistes se rencontrent à plusieurs reprises et concluent une trêve provisoire : on planifie des mariages, François concède à Charles le droit de traverser ses états pour aller mater la révolte de Gand en 1539.

François 1er

François est particulièrement habile à maquiller ses échecs en succès tandis que chez Charles, sa tempérance naturelle et son esprit de conciliation, son manque de cynisme et son esprit de chevalier médiéval l’empêchent d’exploiter à fond ses victoires. Alors qu’Henri II s’allie aux protestants pour déstabiliser l’empire, Charles n’est pas en capacité d’intervenir d’un bout à l’autre de ses possessions.

Malgré sa prééminence, l’ambition chimérique de Charles Quint n’est pas réalisée : le contrôle de la Méditerranée n’est pas assuré, la Réforme progresse, les Pays-Bas se préparent à la sécession, la France coalise les mécontents. Après la paix d’Augsbourg de 1555 qui permet à chaque principauté allemande de choisir sa religion, Charles Quint abdique en faveur de son fils Philippe II et se retire dans un monastère hiéronymite, le titre impérial étant reconnu à son frère Ferdinand.

Une tranche d’histoire de l’Europe, passionnante quoique rarement racontée sur cette période de la Renaissance, où le grand roi François 1er n’est pas vu sous son meilleur jour … et qui démontre à quel point les mirages de la guerre sont ancrés au cœur des gouvernants de jadis comme de maintenant. Terrifiant !

 

Le rêve brisé de Charles Quint : 1525 – 1545 : un empire universel ? par Guillaume Frantzwa - édité chez Perrin, 344 p., 23€

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