Canalblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bigmammy en ligne
Bigmammy en ligne
Newsletter
Derniers commentaires
Archives
1 décembre 2021

Hommage à Joséphine Baker

Joséphine BakerEn France, nous affectionnons les commémorations, ces sortes de cérémonies laïques et républicaines. Des moments d'unité, de fraternité, d'émotion et de pédagogie en direction de la jeunesse. Dans ce monde de fausses nouvelles et d'anxiété sciemment entretenue, nous en avons besoin, ça nous fait du bien en "rechargeant" nos batteries.

Dans l'après midi de ce dernier jour de novembre, nous avons eu droit d’abord au pire : la sinistre mascarade ténébreuse d’un imprécateur passéiste et haineux, mais aussi, un peu plus tard, et heureusement, le meilleur : l’évocation de cette femme extra-ordinaire que fut, sa vie durant, Joséphine Baker …

Je suis assez vieille pour me souvenir assez précisément de ses dernières apparitions sur scène, à presque 70 ans, dans un collant pailleté moulant son corps toujours parfait, mais aussi du pourquoi de ce retour et des problèmes financiers dus à sa générosité sans limites, de son énergie et du symbole qu’elle représenta pour tant d’hommes et de femmes de sa génération, à travers le monde.

La beauté époustouflante, un talent exceptionnel, une tenacité à toute épreuve, des engagements intransigeants, un courage jamais pris en défaut. Bref, un exemple de ce que réussit à accomplir une petite fille noire issue d'un quartier pauvre de Saint Louis et qui découvre la liberté à Montparnasse dans les années folles ...

Evoquer la mémoire de ses multiples hauts-faits est nécessaire. Je connaissais sa conduite héroïque pendant la seconde guerre mondiale, mais pas dans tous les détails. Je savais qu’elle s’était engagée sans réserve auprès du général de Gaulle mais j'ignorais qu'elle avait appris à piloter. L'épisode qui lui est consacré par Stéphane Bern dans "Secrets d'histoire" est particulièrement riche.

Ses 50 ans de carrière, ses chorégraphies inédites, son succès dans la Revue Nègre, ses innénarrables costumes portés avec grâce, son humour et ses grimaces lui ont valu la gloire internationale. Mais j’avais oublié son extraordinaire voix. Une artiste absolument parfaite, dans tous les domaines où elle s’est produite : chant, danse, conduite de revue, cinéma, combattante, militante antiraciste … Sans ignorer son rôle le plus fantastique : celui de maman aux douze enfants de toutes les couleurs. Et humble avec ça : c'est elle qui déclare « On n'a pas toujours du caviar », dans le délicieux roman d'espionnage éponyme de Johannes Mario Simmel, que j'ai lu jadis avec délectation.

 

_josephine-baker

L’entrée au Panthéon des gloires de la France, ce pays qu’elle avait choisi pour son humanisme et ses libertés, est bien légitime. Un tel événement devrait clouer le bec à tous les déclinistes qui prolifèrent en ce moment et à mesure que se poursuit une campagne électorale où le vulgaire côtoie la désinformation.

En assistant, bien calée dans mon canapé, à cette cérémonie qui se déroulait dans le froid à quelques encablures de mon nid douillet, je me disais que ces images, ces paroles et ces musiques font du bien à l’âme. Et en ces temps difficiles pour tout le monde, cela n'est pas superflu.

Joséphine Baker n'avait que 4 ans de plus que mon père, elle portait le prénom de ma grand-mère. Je l'ai toujours beaucoup admirée.

Quelle beauté, quel talent, quel intelligence, quelle témérité ...

Commentaires
N
Merci pour ce billet .....
Répondre
L
bonjour, j'étais Rue Soufflot pour honorer JB que ma mère, disparue cette année à 92 ans, admirait beaucoup.... Je suis Antillaise et me reconnais en elle<br /> <br /> merci pour cet article<br /> <br /> cordialement
Répondre