Des dix mai(s) à la pelle ...
Puisqu’on nous a récemment expliqué que commémorer ne signifiait pas forcément célébrer, cette date d’aujourd’hui me semble particulièrement chargée de souvenirs … et pour ma part, je me garderai bien de célébrer quelque 10 mai que ce soit.
Quelques jalons dans notre histoire. Mais je sais, je provoque ...
1774 : après 50 années de règne, Louis XV s’éteint à l’âge de 64 ans. C’est son petit-fils de 20 ans, Louis Auguste, mal préparé, souvent décrit comme valétudinaire, quoique cultivé et relativement ouvert à l’esprit des Lumières, qui lui succède pour un règne de 19 années qui se termine en 1793 comme on sait.
1871 : signature du traité de Francfort à la suite de la cuisante défaite de Napoléon III devant la Prusse, qui ampute la France de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine et lui impose une très lourde indemnité de guerre. C’est le début d’un processus de revanches réciproques qui va saigner à blanc l’Europe pendant 75 ans.
Personne n'a idée de célébrer ce cent cinquantième anniversaire aujourd'hui ?
1933 : sitôt arrivé au pouvoir, Hitler organise des expéditions punitives contre les Juifs allemands. Goebbels commence, en ce 10 mai, par organiser des autodafés rituels de livres jugés nuisibles parce qu’écrits par des Juifs.
1940 : L’Allemagne envahit la Belgique puis la France. Le même jour, Winston Churchill est nommé Premier Ministre.
1981 : élection de François Mitterrand à la présidence de la République, pour son premier mandat.
Paradoxalement, ce succès du Programme commun de la Gauche préfigure sa désagrégation d’aujourd’hui. Et cela est un danger pour la démocratie.
Pour ma part, je m’abstiendrai donc de toute célébration aujourd’hui.