Le dernier sanctuaire, roman d'anticipation de Josiane Balasko
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Je savais que Josiane Balasko avait participé aux succès remarquables de la troupe du Splendid mais j’ignorais qu’elle avait écrit aussi trois romans … Et me voici embarquée avec elle dans une uchronie écolo-politique pas si invraisemblable que ça …
Quelles références me viennent à l’esprit aussitôt ? Malevil (Robert Merle), Croc Blanc (Jack London), Le Grand Sam (Henry Hathaway), Le Maître du Haut Château (Philip K. Dick) … le tout assaisonné à la gouaille d’aujourd’hui.
L’intrigue est plus sérieuse que ne laisse supposer le scénario : dans un futur pas si lointain, l’Etat est complètement asservi aux puissances technologiques et financières. Les Etats-Unis sont devenus la République de Louisiane où règne en maître un promoteur immobilier tout puissant exploitant à fond les nouvelles technologies : manipulations génétiques, transformations de contrées entières en parc de loisirs où le tourisme se limite à de monstrueux safaris, confinement des rares récalcitrants dans des réserves étroitement surveillées …
Une synthèse entre Donald Trump et Elon Musk … en pire.
Cependant, un groupe de onze résistants le nargue et, malgré leur dénuement, ils parviennent du fond d’une mine désaffectée à déjouer toutes les tentatives de subversion en s’efforçant de sauvegarder la faune sauvage, en particulier les loups et les ours.
C’est une fable pleine de bons sentiments et menée tambour battant, avec des scènes de combats homériques : des victimes à foison, hélas aussi parmi les « bons », et des héros attachants. Dans le lot se détache une veille indienne extralucide, qui a le pouvoir d’entrer dans l’âme des personnages, humains comme animaux. Aveugle, nippée de plusieurs couches de hardes, elle rejoint cette communauté et met à leur disposition tous ses pouvoirs. Agée de 80 ans comme moi (et bientôt l’autrice !), son énergie est fantastique …
A l’autre bout du spectre, Lucie, la fille unique du milliardaire, en quête de sa mère trop tôt disparue et rejoint la tribu …
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Ni Dumas ni Balzac, certes, mais le roman enchaîne les dialogues et les aventures en « donnant à voir » comme dans une série à multiples épisodes. Il se lit vite, les bons triomphent des méchants … on s’en doute dès le départ … cela ne donnera sans doute pas lieu au Nobel de littérature. Mais j’aurais eu l’occasion d’apprécier le talent d’écrivain de Josiane Balasko.
Le dernier sanctuaire, roman d’anticipation de Josiane Balasko, édité chez Calmann-Lévy, 367 p., 20,90€