L'épopée d'amour, roman de cape et d'épée de Michel Zévaco, tome 2
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Caramba ! J’ai encore craqué !!! Je me suis lancée à nouveau dans la suite du premier épisode de la saga des Pardaillan qui m’avait laissée sur ma faim à l’aube du massacre de la Saint Barthélémy, dans un Paris bientôt parcouru par des fleuves de sang.
J’avais naturellement en mémoire le somptueux film de Patrice Chereau La reine Margot (1994) adapté du roman d’Alexandre Dumas (publié en 1845). Mais pour Zévaco, en 1907, il n’y eut pas d’Auguste Maquet pour lui fournir une documentation historique fiable …
L’auteur donne ici libre cours à son imagination guerrière et j’avoue que ses descriptions des combats singuliers entre ennemis jurés, au milieu du carnage, sont absolument terrifiantes … Ce 24 août 1572 fut le début d’une attaque quasiment génocidaire telle qu’on en a vu seulement au XXème siècle.
Les protagonistes de cette tuerie de masse sont ceux qui peuplent le premier volume de la série, avec la mise en valeur des prouesses des Pardaillan, père et fils, toujours égaux à eux-mêmes. C’est surtout sur les décisionnaires – et leurs motivations – que porte l’étude psychologique, les ressorts de l’intrigue : emprise, manipulation, chantage, mensonge, jalousie morbide entre frères, soif de vengeance... Avec, comme fil rouge, un point commun à plusieurs personnages : l’enfant illégitime, né hors mariage d’une relation amoureuse impossible, abandonné puis recueilli, trainant cette bâtardise comme une malédiction.
Charles IX, piètre roi de 23 ans, atteint d’une pathologie neurologique et sans doute aussi de tuberculose, dominé par sa mère Catherine perverse au dernier degré et criminelle, qu'anime un seul objectif : voir la couronne ceinte par Henri d’Anjou. La belle espionne Alice de Lux, qui a avoué dans une lettre qu’elle a tué l’enfant qu’elle eut avec son premier amant, le fils caché de Catherine recueilli par Jeanne d’Albret qu’il faut donc éliminer, et, à l’origine même du roman, la fille de maréchal François de Montmorency éperdument amoureuse du chevalier Jean de Pardaillan, enfin Charles, le fils de Charles IX et de Marie Touchet, la seule femme qui l'ait aimé.
L’imagination de l’auteur est au sommet de son art dans la description d’un supplice réservé aux Pardaillan dans la sinistre prison du Temple. Heureusement, car sinon le roman finirait trop vite, ils en seront sauvés par une femme.
Pour le plus grand plaisir du lecteur, Michel Zévaco prend ses aises avec la vérité historique, mais finalement son interprétation n’est peut-être pas si éloignée de la vérité. Ainsi s’exprime Catherine de Médicis :
« Messiers de Lorraine, exterminez-moi les huguenots. Ce sera bien étonnant si dans la bagarre quelques bonnes arquebuses huguenotes ou autre ne me débarrassent de vous en même temps. Le royaume purifié des huguenots par les Guise et des Guise par les huguenots, voilà le plus beau trait de ma vie ! Quant au roi, il n’est pas besoin de le tuer, il meurt. Ô mon Henri, tu règneras sans conteste sous l’égide de ta bonne mère … »
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Tout est dit … Ces règlements de compte entre prétendants au pouvoir suprême me font penser aujourd’hui aux multiples candidatures à la prochaine élection.
Et finalement, ma seule réserve sur ce deuxième opus est son titre … Il a failli décourager ma lecture ! Une épopée, certes, mais pas d'amour ... si ce n'est celui du pouvoir.
L’épopée d’amour, (suite des Pardaillan) roman de cape et d’épée de Michel Zevaco, une intégrale éditée en 1988 dans la collection « Bouquins » chez Robert Laffont. 405 pages.