Minjung, polar coréen de Ian Manook
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Il semble que l’information disponible sur la Corée d’après-guerre concerne bien plus la Corée du Nord et son inénarrable dynastie de dictateurs que la Corée du Sud … En fait, nous percevons ce pays surtout comme un des « Nouveaux Dragons » asiatiques avec Taïwan, Hong Kong et Singapour, à travers son miracle économique, son industrie automobile et ses groupes de K-Pop.
Ian Manook/Patrick Manoukian nous en a dévoilé, à travers le premier tome de sa nouvelle série, un tout autre décor. Avec Minjung, son héros Gangnam/Lee Miin-ho, il nous en apprend beaucoup sur la vie politique de la péninsule après la fin de la guerre contre le Nord et l’indépendance.
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J’ignorais en fait que le pays avait sombré dans la dictature entre 1953 et 1993 …et connu pas moins de 6 républiques. La lecture de la fiche sur Wikipedia comporte aussi un discret entrefilet ainsi rédigé : « À partir de 1975, les sans-abris font l'objet d'arrestations systématiques par les services de police et sont exploités dans des camps de travail ».
C’est ici le cœur des recherches que mène le héros, ancien flic rayé des cadres pour avoir un peu trop intimement fréquenté les clans mafieux qu’il avait infiltrés, avec le soutien bénévole de l’étonnante inspectrice Chin-sun toujours attifée en cosplay.
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Deux enquêtes : celle d’un Française, née à Séoul et adoptée par un couple de toulousains qui veut retrouver dans les archives ses parents biologiques, et celle de la disparition d’un comptable que la tenancière du restaurant où Gangnam prend chaque matin son petit-déjeuner trouve suspecte.
Une recherche qui débouche sur un trafic d’enfants à adopter à l’échelle industrielle par une organisation soi-disant caritative et qui a rapporté des dizaines de millions de dollars à tout une chaîne de responsables, protégés par les autorités et la mafia coréenne, et par l’exploitation de sans-abri soumis à un régime carcéral démoniaque.
Et il se trouve que Gangnam, enlevé à l’âge de 7 ans dans la rue de son village, a été l’une de ces victimes : un minjung en coréen.
L’auteur nous entraîne avec lui dans ce pays qu’il décrit pourtant avec amour, ses paysages, ses investissements touristiques, sa gastronomie … avec des scènes d’une violence inouïe, mieux qu’au cinéma …
Et surtout, l’énergie vitale du personnage principal, à la fois violent et perspicace … en un mot : indestructible.
Attendons le troisième opus !
Minjung, polar de Ian Manook, édité chez Flammarion, 478 p., 22,50€.