La cour des mirages, polar de Benjamin Dierstein
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Paru en 2021, ce polar ultra noir clôture la trilogie politico-policière Les années grises, commencée avec La sirène qui fume.
On y retrouve deux personnages plus ou moins rescapés des épisodes précédents : le capitaine Gabriel Prigent, tout juste sorti de l’hôpital psychiatrique, et la commandante Laurence Verhaegen qui, dès les premières pages, règle son compte à un de ses ex-collègues passé du mauvais côté de la loi : Michel Morroni.
Gabriel Prigent est en pleine dépression. Il a beaucoup grossi, se sur-médiacamente pour tenir le coup, éprouve des hallucinations, laisse libre cours à la violence car son idée fixe est de retrouver sa fille, kidnappée un soir de 13 juillet dans le métro de Rennes.
Laurence, elle, fait face à la vague socialiste arrivée au pouvoir en ce printemps 2012 et accepte, moyennant un déclassement, un deal d’informatrice au sein de la brigade criminelle. Elle va faire équipe avec Prigent pour remonter la piste d’un réseau de pédophiles criminels mettant en cause des privilégiés pervers …
Les horreurs de l’affaire Epstein ne sont pas une nouveauté, que l’on songe à l’affaire Dutroux, au scandale d’Outreau, aux tueurs en série d’enfants ou de personnes vulnérables comme Emile Louis, Michel Fourniret et son épouse Monique Olivier.
Pas à pas, il faut remonter dans les archives de crimes d’enfants jamais élucidés du fait du cloisonnement des services de police et de gendarmerie au cours des quinze dernières années, retrouver des victimes survivantes, plonger dans l’enfer des enfants confiés à l’ASE, retrouver les rabatteurs, dénouer les liens tissés via l’argent caché avec des personnalités …
Le tout sur une fond d’actualité politique qui fourmille d’affaires judiciaires et financières qui servent d’armes de destruction massive d’un camp contre l’autre : le financement des campagnes électorales des ténors de la droite, les comptes en Suisse du ministre du budget de gauche … qui nie l'évidence devant la représentation nationale.
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Un roman hyper réaliste, un peu trop gore à mon goût, certainement militant sur le mode « Tous pourris », mais décrit avec un réel talent de conteur, qui nous fait entrer dans la psyché d’un homme brisé par la perte de son enfant, mais qui malgré ses difficultés cognitives, a toujours un temps d’avance sur ses collègues.
La cour des mirages, polar de Benjamin Dierstein, éditions Equinox – les Arènes - Nouveau monde éditions, collection Points, 820 p., 11,40€.