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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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4 février 2026

Catastrophes naturelles et rémanence chez les enfants

Chaque année à cette époque, nous sommes abreuvés d’images apocalyptiques d’inondations dans différentes régions de notre pays. Dérèglement climatique ou non, glissements de terrain, éruptions volcaniques, tremblements de terre ou bombardements incessants de populations civiles … L’information nous est délivrée quasiment en temps réel.

Devant ces étendues d’eau envahissant le département du Morbihan, où j’ai vécu entre 1973 et 1975, j’ai surtout pensé à ce que de telles catastrophes pouvaient provoquer dans la mémoire des enfants pourtant sauvés du flux. Je le sais, une marque indélébile.

Car un des souvenirs les plus prégnants de mon enfance – et qui me revient à chaque événement de ce genre - c’est paradoxalement une catastrophe que je n’ai pas vécue, mais seulement vue de très loin. Uniquement par les images de la télévision.

 

 

Cela se passait dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1953 aux Pays-Bas. La combinaison d’une grande marée et d’une violente tempête en mer du Nord a provoqué la submersion de la plupart des ouvrages de protection côtière et des inondations d’une grande partie du plat pays, entraînant la mort de 1800 personnes.

Ces images – mes parents avaient la télévision depuis 1948 – se sont imprimées dans ma mémoire depuis lors. J’y repense à chaque événement de ce type … et j’avais alors 7 ans.

Quant à ma mère, elle nous parlait souvent de la catastrophe survenue dans le haut pays niçois en novembre 1926 : un monstrueux glissement de terrain ayant englouti la moitié du village de Roquebillière et tué 19 de ses habitants.  A cette époque, elle avait 12 ans et la Presse était le seul moyen d’information disponible.

 

Au-delà de l’attente angoissante de la descente des eaux et de toutes les destructions qu’elle entraîne, je pense à la détresse des sinistrés et surtout au choc produit sur les plus jeunes des enfants. Une cicatrice indélébile, et ce malgré toutes les mesures d’indemnisation – souvent largement insuffisantes – qui pourraient être mises en œuvre. Et on sait combien le processus de réparation est aléatoire, long et toujours décevant.

J’ai donc une pensée aujourd’hui pour toutes ces familles impactées par ces catastrophes – qui touchent actuellement plusieurs régions côtières de l’Europe. Je leur souhaite bien de courage et enrage de ne pouvoir en rien, du fond de mon canapé, les soulager.

Ma question : les cellules psychologiques mises en place aujourd'hui y font-elles quelque chose ?

Commentaires
H
Je confirme la grande mobilisation, à Paris dans mon cas, pour les victimes de Malpasset : j'étais en 6e et nous avions été sollicités pour des dons. Aucun souvenir en revanche de la suite.
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C
Un souvenir qui a marqué mon enfance: Fréjus.<br /> La rupture du barrage de Fréjus..<br /> Maman était l'institutrice de l'école de mon village et je me souviens de notre mobilisation pour récupérer des vêtements.Les cartons,la croix rouge... mon imagination galopante...Nous n'avions pas la TV...Le désespoir des habitants...notre désespoir d'élèves impuissants.
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M
Moi aussi, je me souviens très bien de la catastrophe du barrage de Malpasset. C'était en décembre 1959; et j'avais déjà 13 ans <;;; sans doute déjà une cpacité plus forte à comprendre les causes de ce sinistre. Mais c'était dans la région de mes ancêtres !
C
A cette époque, nous habitions Paris. J'allais à l'école rue Eblé dans le 7e. Nous avions du être sollicités pour une collecte de nourriture et de vêtements que nous donnaient nos parents, et pour nous remercier, les gentils Fréjusiens nous avaient envoyé de nombreux bouquets de mimosa qui embaumaient l'école...c'est un souvenir encore très présent dans ma mémoire.
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