Catastrophes naturelles et rémanence chez les enfants
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Chaque année à cette époque, nous sommes abreuvés d’images apocalyptiques d’inondations dans différentes régions de notre pays. Dérèglement climatique ou non, glissements de terrain, éruptions volcaniques, tremblements de terre ou bombardements incessants de populations civiles … L’information nous est délivrée quasiment en temps réel.
Devant ces étendues d’eau envahissant le département du Morbihan, où j’ai vécu entre 1973 et 1975, j’ai surtout pensé à ce que de telles catastrophes pouvaient provoquer dans la mémoire des enfants pourtant sauvés du flux. Je le sais, une marque indélébile.
Car un des souvenirs les plus prégnants de mon enfance – et qui me revient à chaque événement de ce genre - c’est paradoxalement une catastrophe que je n’ai pas vécue, mais seulement vue de très loin. Uniquement par les images de la télévision.
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Cela se passait dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1953 aux Pays-Bas. La combinaison d’une grande marée et d’une violente tempête en mer du Nord a provoqué la submersion de la plupart des ouvrages de protection côtière et des inondations d’une grande partie du plat pays, entraînant la mort de 1800 personnes.
Ces images – mes parents avaient la télévision depuis 1948 – se sont imprimées dans ma mémoire depuis lors. J’y repense à chaque événement de ce type … et j’avais alors 7 ans.
Quant à ma mère, elle nous parlait souvent de la catastrophe survenue dans le haut pays niçois en novembre 1926 : un monstrueux glissement de terrain ayant englouti la moitié du village de Roquebillière et tué 19 de ses habitants. A cette époque, elle avait 12 ans et la Presse était le seul moyen d’information disponible.
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Au-delà de l’attente angoissante de la descente des eaux et de toutes les destructions qu’elle entraîne, je pense à la détresse des sinistrés et surtout au choc produit sur les plus jeunes des enfants. Une cicatrice indélébile, et ce malgré toutes les mesures d’indemnisation – souvent largement insuffisantes – qui pourraient être mises en œuvre. Et on sait combien le processus de réparation est aléatoire, long et toujours décevant.
J’ai donc une pensée aujourd’hui pour toutes ces familles impactées par ces catastrophes – qui touchent actuellement plusieurs régions côtières de l’Europe. Je leur souhaite bien de courage et enrage de ne pouvoir en rien, du fond de mon canapé, les soulager.
Ma question : les cellules psychologiques mises en place aujourd'hui y font-elles quelque chose ?