Les belles promesses, roman de Pierre Lemaitre
/image%2F1371293%2F20260111%2Fob_78a742_les-belles-promees.jpg)
Je n’aurais pas dû commencer ce roman vendredi – une vieille superstition familiale nous interdit d’entamer quoi que ce soit un vendredi – car je n’y ai pas, cette fois, retrouvé tout le plaisir escompté à la lecture du quatrième épisode très espéré du cycle « Les années glorieuses ».
Au risque d’aller à l’encontre de la majorité des commentateurs, j’ai eu bien du mal à entrer dans cette intrigue familiale et sociale, qui reprend les caractéristiques des principaux personnages, en s’attachant surtout aux deux jeunes enfants Colette et Philippe, massacrés par une mère encore plus abominablement perverse que possible, et affublés d’un père apparemment soumis. Une nouvelle victime apparaît : la jeune sœur de Geneviève, recueillie sans ressources et aussitôt ravalée au rang de servante …
Jean dit Bouboule, le frère aîné de la fratrie Pelletier, semble pourtant avoir fait du chemin au sein de l’organisation patronale. Sans aucun relief, sans odeur et sans saveur – les propriétés de l’eau – qu’elle mouche le pique-t-elle alors que, passant devant un immeuble en flammes, il se précipite dans l’escalier incandescent et y sauve un nourrisson de quatre mois ? Le voilà aussitôt propulsé au rang de héros national, une position dont évidemment sa fantasque épouse va user jusqu’à la corde …
Une occasion pour l‘auteur de renouer avec ses préoccupations sociales, en dénonçant la violence exercée contre les pauvres privés de leurs droits élémentaires au profit d’une clique d’entreprises qui ne reculent devant aucune manœuvre de corruption pour multiplier les bénéfices, ainsi que la détresse des agriculteurs.
Le suspens d’une enquête dont on soupçonne rapidement l’issue, et la chronique narrée avec talent d’une époque bien lointaine – mais que j’ai bien connue pour avoir habité les 21 premières années de ma vie dans un immeuble donnant sur le boulevard Soult, pendant ces années où se construisait derrière mon immeuble le boulevard périphérique !
Après ce cycle familial, Pierre Lemaître laisse entendre qu’il se remettrait bien au genre « polar » qui l’a fait connaître. J’y serai très attentive !
Les belles promesses, roman de Pierre Lemaître édité chez Calmann-Lévy, 503 p., 23,90€