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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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29 janvier 2026

La Commune - La guerre civile des Français par Michel Winock

 

Dans cet ouvrage publié dans la collection « Les journées qui ont fait la France » Michel Winock raconte le 18 mars 1871, début de l’insurrection parisienne et de la Commune de Paris. Il présente la Commune non pas comme un événement isolé, mais comme le paroxysme d'une culture politique française marquée par la radicalité et le refus du compromis.

 

Et c’est ce qui en fait tout l’intérêt, au-delà de la narration passionnante des événements qui ont suivi cette révolution pendant 73 journées, achevée par la Semaine sanglante du mois de mai et la terrible répression qui suivit.

 

La révolte du 18 mars contre la récupération des canons résulte d’une situation terrible de folle guerre déclenchée pour des raisons de politique intérieure et perdue.

 

 

Cette révolution est le résultat d’un état de siège, la frustration du peuple de Paris après la défaite, la famine, les bombardements, le simulacre de défense de Trochu, la signature d’un armistice humiliant, l’entrée des Prussiens dans Paris … et aussi : la faiblesse du gouvernement de la Défense nationale, l’erreur de ne pas avoir désarmé la Garde nationale après la signature de l’armistice, la rivalité entre la Commune, le Comité central  et le comité de salut public, l’absence de direction centrale, les décisions maladroites de l’Assemblée nationale de Bordeaux puis Versailles (arrêt du moratoire sur les loyers et mises en faillites …).

 

 

L’auteur analyse en profondeur les divergences idéologiques qui traversent le courant ouvrier entre les tenants de Marx et ceux ce Bakounine … un clivage qui perdure aujourd’hui entre « deux gauches irréconciliables ».

 

Et aussi la position minoritaire de Paris face au reste de la France essentiellement paysanne et qui aspire à la paix. Aux élections qui doivent désigner une assemblée en capacité de signer un armistice, 214 sièges vont aux Orléanistes, 182 aux Légitimistes plus quelques Bonapartistes, soit un succès écrasant de la droite antiparlementaire. Comment le gouvernement légalement issu du suffrage universel pouvait-il tolérer cette sorte de sécession ?

 

Revenir aux sources permet de mieux comprendre les clivages politiques contemporains. L’ouvrage décrit aussi quelles furent les positions – parfois très surprenantes – des écrivains au sujet de cette tragédie.

 

Dernière conclusion de l’auteur : « La Commune de Paris fut sans contredit un des points de concentration sanglants de cette tragédie recommencée, appelée histoire de France. »

 

Un livre majeur, au style limpide et parfaitement accessible, très fourni en portraits des hommes et des femmes de ce temps, qui explique de façon claire les répercussions de cette période sur l'histoire politique des  XX ème ... et XXI ème siècles. 

Une lecture que je recommande !

 

La Commune, La guerre civile des Français par Michel Winock, édité chez Gallimard, 325 p., 22,50€

Pour compléter : Le Cri du peuple – bande dessinée de Jacques Tardi en 4 volumes d’après Vautrin, et Paris, bivouac des révolutions par Robert Tombs, ou La face cachée de la Commune par Irène Lewandowski.

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