Une histoire de Noël
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A l’occasion d’une récente conversation avec un jeune père de famille, comme je lui demandais si son fils de 5 ans croyait encore au père Noël, mon interlocuteur m’a fait cette judicieuse réponse : « Nous lui avons parlé de cette légende et lui avons expliqué quelles en étaient les origines. »
Et tout à coup, m’est revenu en mémoire un souvenir de mes 5 ou 6 ans, je ne sais plus au juste, mais la scène m'est apparue tout à fait claire, comme un flash …
Ma famille habitait dans un immeuble de la Ville de Paris, ces grands ensembles de briques rouges bâtis dans les années 30 le long des boulevards des Maréchaux. Notre appartement était situé au sixième étage et mes parents s’étaient liés d’amitié avec un couple de retraités qui habitaient l’appartement juste en dessous.
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Ils étaient tous les deux professeurs : elle enseignait le dessin au lycée Hélène Boucher – elle me donna bien plus tard des cours pour améliorer ma note en vue de l’épreuve en option du baccalauréat - lui était retraité depuis 1940, ancien inspecteur général de l’éducation nationale : Gaston Rimey (1879 – 1977).
Agrégé d’espagnol, il avait fait une brillante carrière, et j’ai su par la suite qu’il avait été un des rares – si ce n’est le seul – à voir de son vivant une école baptisée à son nom à Epinal.
Mes parents étaient très attachés à ce couple d’amis. Mon père, en particulier, passait de longues soirées à jouer aux cartes avec eux – il était devenu un as au tarot !
A l’occasion de la soirée du 24 décembre, maman m’a dit qu’il y aurait cette année une visite surprise … En fait, papa avait persuadé "Tonton" de se grimer en père Noël et de venir apporter les cadeaux. Il en avait la silhouette et sa tête était couronnée d’une abondante chevelure d’un blanc immaculé. IL avait revêtu un costume rouge et blanc … et portait ses habituelles lunettes d’écaille rondes.
On frappe à la porte, papa ouvre, et voilà mon père Noël qui pénètre dans le couloir … mais aussitôt, patatras, je crie avant même qu’il ait avancé de trois pas : mais c’est Tonton qui s’est déguisé !
Un grand blanc a suivi, mes parents et Gaston étaient déçus, je ne me souviens plus de la suite … Voilà comment j’ai compris que le père Noël n’existait pas. J’ignore comment mes parents ont géré les suites du malaise. Ils devaient tous être bien déçus.
Comment l’avais-je percé à jour ? La démarche, l’odeur … J’ai oublié !