La menace atlante, BD d’après les personnages d’Edgar P. Jacobs
/image%2F1371293%2F20251122%2Fob_c8cbdc_blake-mortimer-tome-31-la-menace-atlan.jpg)
La première œuvre d’Edgar P. Jacobs – le Rayon U (1943) - appartenait au genre science-fiction et mêlait allégrement des thèmes que l’auteur réutilisera dans toute son œuvre : le mélange des temps (préhistorique, hellénique, précolombien …) les techniques de pointe mises en œuvre par une population très en avance par rapport aux terriens (énergie atomique, aéronefs amphibies, recherche de minerai à possibilités énergétiques illimitées), la menace pesante d’un empire expansionniste.
Dès la troisième case de la planche d’ouverture de ce 31ème épisode, les accros à la série se retrouvent propulsés des décennies en arrière : un retour aux sources avec la réapparition du Docteur Grossgrabenstein et sa Mercédès increvable … et les références aux albums originaux d’Edgar P. Jacobs vont se multiplier.
Le traitre Magon (Dagon dans le rayon U), le peuple de l’Atlantide que Blake et Mortimer ont déjà sauvé d’une catastrophe, le décor de forêt primaire où survivent des animaux dangereux, le déclenchement d’un tsunami, la quête d’un minerai indispensable à la production d’énergie propre, les relations interstellaires … toutes technologies encore inconnues à l’époque où se meuvent les deux héros britanniques.
On bascule ici dans des préoccupations très contemporaines : la mécanique d’un coup d’Etat ou d’une révolution de palais comme celles qui se déroulent périodiquement en Afrique, le voisinage inquiétant de l’URSS … qui rôde déjà dans l’espace aérien de l’Europe occidentale. Avec en prime et malgré tout, le triomphe de la démocratie.
/image%2F1371293%2F20251122%2Fob_29d1b6_blake-et-mortimer-2.jpg)
Le style de la nouvelle production se rapproche beaucoup des origines par sa densité. Les décors sont particulièrement fouillés – les scènes du village de pêcheurs – les textes très présents. Le rôle du méchant universel Olrik y est cependant minimisé, mais comme il est d’usage, il se tire une nouvelle fois de ce mauvais pas.
Un album très classique, en définitive, qui ravira les lecteurs fidèles, attentifs à relever les multiples clins d’œil aux chapitres précédents de la saga …
La menace atlante, BD d’après les personnages d’Edgar P. Jacobs, par Yves Sente (scénario) et Peter Van Dongen (dessin et couleur) 64 p. 17,50€