Sadorski chez le docteur Satan, polar historique de Romain Slocombe
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Premier épisode d’une nouvelle trilogie des aventures de l’ex-IPA Léon Sadorski, à peine réchappé de l’enfer de l’Institut dentaire avec son épouse.
Traqué comme collabo et ancien patron de la brigade de recherche des Juifs, il a bien tenté de se refaire une virginité en s’immisçant sur une barricade lors des combats de la libération de Paris, mais il s’y est fait lyncher par des patriotes – ou du moins considérés comme tels – et y a perdu un œil. Exclu de la police, traqué, tout lui semble acceptable pour survivre … et après tout, lorsqu’on a déjà tué quelqu’un, cela ne coûtera pas plus pour les autres meurtres – si on se fait prendre.
Octobre 1944. La guerre est loin d’être terminée. La Normandie est dévastée par les bombardements alliés. Les Allemands continuent à parachuter des saboteurs français pour réaliser des opérations de la cinquième colonne, organisée en Maquis blanc.
Sadorski est toujours aussi antisémite, anti communiste et anti gaulliste … mais il détient des informations au sujet du criminel en série le plus prolifique de cette période : le sinistre docteur Petiot chez lequel on vient de découvrir un abominable charnier dans son hôtel particulier du XVIème arrondissement. Car il se trouve qu’il a partagé une cellule à la prison de Fresnes en 1943.
Sous une fausse identité, il collabore ( !) avec ses anciens collègues pour appréhender le docteur Satan, pour remonter la filière de ses acolytes, tout en poursuivant en parallèle les membres du groupe de saboteurs.
Le temps n’a pas apporté l’apaisement à l’anti-héros, loin de là. Dans un monde où tout le monde ment, vole, triche, dénonce, il fait figure d’expert, ne s’interdit aucune exaction. Est-ce l’ambiance hors norme de cette fin de guerre où toutes les représailles s’autorisent ?
Pour Sadorski, l’objectif est clair : retrouver le fabuleux butin de Petiot afin de recommencer une nouvelle existence loin, et si possible au soleil, comme tant d’autres ex-collaborateurs.
Un épisode particulièrement sinistre, et comme toujours étayé par une documentation abondante – parfois même un peu trop. Mais le récit des horribles forfaits de Marcel Petiot est particulièrement exact. Un petit plaisir en prime : la description minutieuse des toilettes des femmes …
Sadorski chez le docteur Satan, polar historique de Romain Slocombe, chez Robert Laffont/Points, 553 p., 10,40€