13 septembre 2009
Ce matin, un lapin.....
Hélas, contrairement à la célébrissime chanson de Chantal Goya, aucun lapin n'a tué et ne tuera de chasseur !
C'est aujourd'hui l'ouverture de la Chasse et nos hôtes les chevreuils, photographiés ici par Claude de grand matin dans le verger, puis tout à l'heure mais de très loin...ont du souci à se faire.......
Mais, comme le dit la rumeur : " La chasse au chevreuil est parfois considérée comme un
art car elle figure parmi les chasses les plus difficiles pour un
chasseur. Plus qu’un simple sport, toute la beauté
de cette chasse réside dans les stratagèmes qu’il faut élaborer avant
d’épauler son fusil ou de tirer sur la corde de son arc. En effet,
pouvoir tirer sur un chevreuil demande un travail de longue haleine et une fois le chevreuil en vue, il n’est pas question de rater son tir."
Donc, pas de marche dans les bois programmée aujourd'hui car ça va péter dans tous les coins. J'espère de tout mon coeur que notre famille de jolis cervidés, résidents de notre jardin depuis de nombreuses années, trouvera les moyens de s'en tirer encore une fois. Ce matin, juste avant le lever du soleil, ils étaient trois à prendre leur petit déjeuner....
Hier soir vers 17 heures, un jeune venait furtivement dérober quelques pommes tombées du pommier - juste à son intention. Le temps de réaliser ma présence, et en un bond gracieux, il s'était évanoui dans le fourré.
Je connais bien son trou de repli, je me ferai couper en quatre plutôt que de le livrer !
En attendant aussi, ce matin à Paris et plus particulièrement au Trocadero, elles seront 17 000 femmes à s'élancer pour courir "La Parisienne", en faveur de la recherche sur le cancer du sein. Tu te souviens, ton marathon nocturne à Londres, ma chère Florence ?

05 septembre 2009
Visa pour l'image, visa pour l'enfer
C’est en ce moment la 21ème édition du festival international de photojournalisme qui se tient à Perpignan jusqu’au 13 septembre.
On dit que cette forme d’art connaît de graves difficultés en ces temps où tout un chacun se prend pour Capa, où les agences de presse les plus prestigieuses licencient la moitié de leurs collaborateurs et où les autres se font trouer la peau pour avoir voulu montrer la dure loi des gangs. Ici, en quelques heures, nos yeux ont été abreuvés d’images choc, montrant l’horreur et la souffrance des conflits et de leurs conséquences : Afghanistan, Pakistan, Chine, Somalie, Guantanamo, Guatemala, Palestine…
La guerre est omniprésente, la cruauté et l’inhumanité aussi, comme si les hommes, au fil des siècles, n’avaient rien appris, rien oublié. Des conflits qui s’enlisent, éclatés, où l’on meurt dans le silence, dans des hôpitaux où coule le sang à flots, où tout manque. Les victimes consentantes. Les trognes des hommes en armes, les visages ravagés des femmes et de leurs enfants morts, les gueules hérissées des chiens de combat…
Je ne suis pas prête d’oublier ce cliché de Princess, jeune soldate noire, sanglée dans son uniforme et allongée dans les volutes de satin de son cercueil, ses yeux plissés de femme vieillie en un seul instant, celui de sa mort….(Eugene Richards), ou encore l’œil hagard du Président de la Cour d’Appel, libéré par le pouvoir (Massimo Berruti), les images de Zalmaï, photographe afghan.
Une ville entière accueille ainsi les photographes, les Agences(une cinquantaine, tout de même), les amateurs de photographie de reportage « vécu », de risque et de douleur. Les gens heureux n’ont pas d’histoire…sauf les people, et c’est aussi un métier que de leur « voler » des images…
Beaucoup de monde, déambulant en silence devant les cimaises du Couvent des Minimes, ce matin, comme encore assommés. La photographie est-elle enfin devenue un art ? Ou bien n’est-ce pas seulement un moyen de se dire : « Je suis vivant, moi ! Ouf ! »

17 juillet 2009
Orelsan contre Jacques Audiard
J'essaie de prendre du recul. Comme tout le monde, j'ai été saisie de
la polémique initiée par Ségolène Royal autour de l'ignominieuse
chanson "Sale pute" du rappeur normand Orelsan.
Ce texte suggère deux images insupportables (je traduis en français compréhensible) : "tu verras la tête que tu feras en essayant de sucer avec une mâchoire fracassée" et "je souhaite que tu tombes enceinte et je t'éventrerai à l'Opinel". Le reste à l'avenant, violence gratuite et expression crue du dépit comme de la misère sexuelle et sociale de certains jeunes loosers irrécupérables....
Pour ma part, j'estime que ce "coup de pub" que s'est fait Ségolène
Royal en suggérant, menace de suppression de subvention à l'appui, la
déprogrammation de l'"artiste" du festival des Francofolies, a
largement sorti de l'ombre un auteur qui aurait dû y rester
éternellement. (à part ça, mais cela m'est complètement personnel, quand je regarde Jean-Louis Foulquier, je ressens une immense vague de ringardise...)
D'autre part, je trouve les réactions des politiques fustigeant l'atteinte à la liberté artistique et à la censure totalement excessives. En un mot, ce texte ne mérite "ni cet excès d'honneur (référence à Rimbaud) ni cette indignité". En tous cas, le buzz fait autour de cet infâme "machin" génère une publicité gratuite à Orelsan que nul attaché de presse si talentueux soit-il n'aurait imaginé, au coeur de cet été vide d'actualité.
Certes, la violence et l'horreur sont répréhensibles, mais s'agit-il d'une incitation au premier degré ? Et à l'inverse, s'agit-il d'art ? L'émergence de ce texte - archi-mauvais par ailleurs et je ne parle pas de la "musique" archi-nulle qui l'accompagne - ne nous permet-elle pas de prendre conscience de l'état d'esprit d'une part infime - mais au combien dangereuse - de notre jeunesse totalement désocialisée, qui n'a que la violence extrème pour tenter de communiquer son désarroi ?
Se faire
plaquer, la belle affaire ! Mais chaque jour, nous voyons des hommes
perdus commettre des crimes simplement parce que leur femme les a
quittés...et sans doute avait-elle des raisons pour cela : violence quotidienne, justement, manque d'égards, pauvreté intellectuelle, manque d'amour tout simplement... Ils
considèrent leur compagne comme leur chose, un bien patrimonial comme
une bagnole, un portable, ....un Kleenex.....un objet éminemment
personnel et non doué de faculté de penser individuelle ;
la violence conjugale, c'est tous les jours, dans tous les milieux (comme hélas l'inceste), à
travers toutes les origines ethniques ou culturelles.
A contrario, un film
publicitaire comme celui de Jacques Audiard - "La Voix" (à voir ICI) - est tout à
fait symptomatique de cette violence là, qui commence par les mots,
l'insinuation, l'emprise psychologique...Voilà qui fait réflèchir ! (du moins c'est à espérer), voilà de l'art....même si c'est une oeuvre de commande !
Interdire Orelsan ? Mais alors, il faut déprogrammer aussi les séries américaines telles "Esprits criminels" ou "Les Experts" qui passent chaque soir en prime time !
Que cette polémique initiée à des fins personnelles et politiques (de quelque côté que l'on se place) fasse prendre conscience à tous que le tabou des violences conjugales doit être collectivement levé, c'est finalement bon signe. Mais, de grâce, n'accordons pas à "Sale pute" (en interdisant la chanson, ce qui serait la pire des choses) le statut de "texte martyr" comme jadis une certaine chanson de Boris Vian (mais lui, il avait du génie) qui la ferait inscrire à la postérité ! A moins que les Inrockuptibles ne soient dans le vrai en nous présentant le jeune auteur comme plein d'avenir...Mais cela, c'est justement l'avenir qui nous le dira, et alors, sa chanson restera classée dans "l'Enfer" des chansons indiffusables.

14 juillet 2009
Fête au Calfour
Comme chaque année, nous fêtons à notre manière le 14 juillet ! Vissés devant l'écran depuis 8h 45 et le défilé, nous admirons cette année la superbe armée indienne. Impressionnant, les blindés et en particulier le nouveau canon monté sur roulettes "Cesar" (Camion Equipé d'un Système d'Armes)...mais pas très "développement durable" tout ça !
Les Parisiens ont meilleur temps que nous : il a plu des cordes cette nuit, et le temps est super-bouché. Les enfants restent donc à l'intérieur et j'ai préparé un déjeuner de ... fête, bien entendu !
Au menu : magrets de canard grillés au barbecue, terrine tiède de courgettes et tomates aux herbes et paprika doux, petits gâteaux de Benoît Dannacher.
On pense bien à vous tous !

Honneur aux martyrs en ce 14 juillet
Le 14 juillet 1944, 12 étudiants du Lycée Montaigne de Bordeaux sont morts à la
Ferme de Richemont, à Saucats.
Ils avaient entre 17 et 22 ans.Toute la
journée du 13 juillet, ils ont repoussé les assauts allemands et miliciens. Le
14, l'ennemi (composé de 60 soldats de la Gestapo et de 110 miliciens) fait venir
un canon de 105, afin détruire la ferme dans laquelle les 13 jeunes sont
retranchés. Pas un ne survira.
Leur devise était : "Mon âme à Dieu, mon corps
à la France, mon honneur à moi".
Ne les oublions pas.

12 juillet 2009
Tour de France : plaisirs et rituels du Calfour....
Une correspondance de notre envoyé spécial "sports" : Claude !
Dehors, il fait 27°, à l’ombre. Dedans, les frais murs du
salon gardent 23. Silence troublé par quelques mouches. Vers 14 h, on allume
France 2, selon une tradition de Pépé, que nous n'avons jamais perdue. Que les Pyrénées sont belles, vues d’hélicoptère : vert émeraude
des sapins, vert tendre des prairies, gris argenté des ardoises et des lauzes. Et ces garçons, capables de partir
comme des flèches dans le dernier kilomètre du col d’Aspin. Vous me
direz : « suspect, ça ! ». Peut-être, mais quel
spectacle : les patrons en embuscade, les équipiers aux petits soins – comme
dans la vraie vie - les incroyables rétablissements des commentateurs – comme
avant-hier, à Arcalis -, et le maillot jaune d’or, roulant tel un Empereur de
Chine – aviez vous remarqué ce commun monopole entre le Tour et la Cour
impériale, qui tous deux réservent le jaune d’or au Chef suprême ?
Ne boudons pas notre plaisir : quelles que soient les
dérives pharmaceutiques, le Tour est un grand spectacle sportif, parce que le
cyclisme sur route est un sport dramatique,
et parce que la France rurale lui offre le plus beau des décors.
Je vous quitte, parce qu’il faut que je monte le
Tourmalet !









