22 octobre 2009
Jeudi matin en Lot-et-Garonne
Comme tous les jeudis depuis le XIIIème siècle, il y a ce matin marché à Monsempron-Libos, le plus ancien et le plus important de tout le département.
La pluie nous laisse un peu tranquilles, elle n'est pas loin, mais c'est plus commode de parcourir les allées au sec, un peu moins encombrées que l'été, toutefois.
Evidemment, c'est un jour de semaine, aussi la clientèle est-elle surtout composée de personnes retraitées et de femmes au foyer (nombreuses portent le voile, mais pour une fois, le mari n'est pas là...Vive la liberté !). Une sortie sympathique, où les amis se retrouvent et s'embrassent, formant des "bouchons" entre les stands.
Les couleurs de l'automne sont là : les dernières figues bleues, les pommes à profusion, le Chasselas qui vient de Moissac, vendu 1,5€ le kilo, peu de champçignons mais de superbes citrouilles heureusement vendues à la coupe !
Et puis un peu moins de difficulté à trouver un stationnement dans les petites rues du confluent du Lot et de la Lémance. Des surprises aussi, telle cette superbe Rolls bleue qui vient se faire réviser auprès d'un garagiste spécialiste. Il n'y a pas que des ploucs, dans le 47 !

15 octobre 2009
Du côté de l'avenue de New-York
Avant-hier, il faisait gris, mais pas de quoi me décourager de marcher entre les Invalides et la place de l'Alma.
Deux découvertes : sur ma gauche, en passant le pont des Invalides à l'aplomb du Cours Albert 1er, un étrange manège : un camion soulève une énorme masse de quai, découpée comme un gâteau d'anniversaire...
Qu'y a-t-il donc là dessous ? Une pompe monumentale ? Un cercueil ?
Et plus loin, un peu perdu et à l'écart Place de l'Alma où tous les regards se focalisent sur la flamme de la statue de la Liberté prise pour le mémorial à Lady Diana, le monument à Adam Minckiewicz, dernière oeuvre du sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929).
Dans son inimitable style tourmenté et puissant, les six bas-reliefs évoquent les oeuvres du grand poête polonais : Wallenrod, Les captifs, Dzady, Aldona, le vieil Halban, les Trois Polognes. La statue du poête, elle, est bien trop haute pour qu'on la distingue.....
C'est triste, ces monuments que tout le monde oublie.....

11 octobre 2009
Autour de la place des Terreaux
Pour en terminer avec les belles choses vues à Lyon, voici le point le plus septentrional de notre balade au coeur de la presqu'île : la place des Terreaux.
Un grand quadrilatère, avec à droite le palais des dames de Saint-Pierre (ici à droite), aujourd'hui musée des Beaux-Arts (y revenir pour voir un fameux Nicolas Poussin, entre autres), à gauche la fontaine de Bartoldi représentant "La Garonne et ses quatre affluents"*, au sol : des myriades de petites fontaines jallissantes et les lignes alternées de Daniel Buren, au fond : le magnifique Hôtel de Ville.
L'édifice est achevé en 1651 suivant les plans de Simon Maupin avec les conseils de Lemercier, architecte du Roi et du mathématicien Gérard Desargues (pour le monumental escalier intérieur conduisant aux salons du premier étage).
Las, un incendie détruit la façade en 1674 et ce n'est qu'en 1700 qu'une restauration est entreprise sous la houlette de Jules Hardouin-Mansart (architecte du Palais de Versailles) assisté de Robert de Cotte.
Celui-ci surélève la façade, reconstruit le beffroi, incurve les toitures des pavillons d'angle...
Sur la façade baroque, une statue d'Henri IV à cheval, à l'intérieur, une cour d'honneur qui constitue un havre de paix et conduit par degrés jusqu'aux quais du Rhône, des grilles et des portiques qui laissent apercevoir puis découvrir l'immense dôme de la Comédie, remanié avec brio par Jean Nouvel. Un coeur moderne qui palpite la nuit au gré des représentations théâtrales.
Lyon peut ainsi s'ennorgueillir de posséder l'un des plus beaux hôtels de ville de France, même par temps de pluie....
* pourquoi la Garonne à Lyon ? C'est la ville de Bordeaux qui avait passé cette commande à l'origine, et elle ne l'a pas honorée...Lyon s'est porté acquéreur ! La fontaine, déplacée sur le côté de la place des Terreaux, est très belle. les naseaux des chevaux furieux soufflent de la vapeur de temps à autre, effet garanti !

07 octobre 2009
Un ancêtre architecte ?
Vu hier soir, sur une façade de la rue de la Convention, face à l'ensemble immobilier issu de l'hôpital Boucicaut (deux beaux immeubles modernes en symétrie, en aparté).....sur deux immeubles de rapport côté impair : ALB. Bernet, architecte....
Albert Bernet : sa biographie sur Wikipedia, nous en montre quelques facettes. Architecte, sans doute, ancêtre, certainement pas !

30 septembre 2009
Tour Perret et verrière Vasconi à Amiens
Amiens, ville presqu'entièrement détruite par les bombardements - 10 000 maisons anéanties - est aujourd'hui une cité de 180000 habitants, jeune, gaie, avec un centre piétonnier tonique et accueillant. La Cathédrale est le fleuron de la ville, mais ce n'est pas le seul.
En longeant le côté sud de Notre Dame, on aboutit rapidement aux boulevards et à la place de la gare.....dominée par la Tour conçue et réalisée par Auguste Perret et ses frères.
29 étages sur 3 sous-sols, 104m sans l'antenne, récemment ravalée et surmontée d'un cube de lumière, c'est un signal dressé comme pour montrer que la ville ne se laissera pas abattre. La Tour a été construite de 1949 et 1952 dans le style caractéristique de Perret, reconnu mondialement au Havre, avec ses panneaux de ciment armé encadrant les baies. Avec son couronnement décalé, elle me fait penser au phare d'Alexandrie.....
En fait, elle resta inutilisée jusqu'à ce qu'en 1959, François Spoerry n'y aménage des appartements et des bureaux.
Ce qui est dommage, c'est qu'il n'y ait pas de place pour un belvédère, la vue doit être fantastique !
La Tour faisait partie de l'opération globale d'urbanisme autour de la de reconstruction de la gare, également confiée à A. Perret.
En 2008, celle-ci s'est vue complétée d'une immense verrière, véritable canopée de verre pixélisé accrochée à 15 mètres de hauteur. L'architecte en est Claude Vasconi, qui a produit de nombreuses oeuvres majeures en France (le Corum de Montpellier, l'hôpital Paul Brousse de Villejuif, des logements sociaux ou pas - place Dupleix à Paris - et de nombreux bâtiments à Strasbourg (entre autres).
Je n'ose imaginer la sécheresse de cet espace urbain démeusuré avant la création de cette verrière. Très certainement, l'aménagement du parvis de la gare a dû souffrir de difficultés budgétaires et être laissé inachevé....
Moi, je la trouve superbe, cette construction de verre et d'acier, avec son quadrillage semblable aux façades des immeubles alentours, d'un clacissisme exacerbé.....mais ce n'est pas - semble-t-il - le cas de certains amiénois qui rêvent de la voir démonter.
Pourquoi les hommes sont-ils aussi allergiques au changement ? En rappel, tout ce que l'on a pu entendre au moment de la construction de la Pyramide du Louvre....
et bientôt, je vous montrerai la plus belle émotion architecturale (après la Cathédrale) : le stade de La Licorne....

27 septembre 2009
Qui pourrait me dire.....
Ce que représente ce bas-relief trouvé en façade d'une maison de la rue du faubourg Montmartre ?
Certainement un thème religieux, mais je sèche......
Il y a la colombe du Saint-Esprit, la vierge Marie, des anges, un martyr avec sa palme, un évêque....

Nouveaux emplois dans les services
Vu hier matin, rue Cler : un taxi pour amener nos charmants compagnons en taxi spécial chez le vétérinaire ou la pension :

26 septembre 2009
Du Luxembourg aux Abesses : une marche tonique
Ces superbes journées de début d'automne encouragent à la marche dynamique.
Parfois, j'accompagne Claude sur son trajet préféré : monter jusqu'au Sacré-Coeur puis revenir à pied. Cette fois, j'avais deux centres d'intérêt : le "marché Saint Pierre", et, autre petite madeleine de Claude, l'église Saint Jean de Montmartre, où il fut baptisé. Mais j'ai pris le métro au retour, à Trinité, j'avais ma dose !
Première constatation : aucun problème pour monter la pente de rue des Martyrs, mon coeur va bien, c'est toujours ça. Et puis, comme j'ai toujours le nez en l'air, le plaisir de repérer quelques façades d'immeubles emblématiques du début du XXème siècle : à droite de la grande poste de la rue du Louvre, une façade en briques vernissées bleu céladon et structure métallique apparente, puis, rue Réaumur, le superbe immeuble qui abrité jadis un célèbre journal, tous rivets apparents......
Une halte sur la place où trônent les deux plus célèbres magasins de détail de tissus, où ma mère m'emmenait pour choisir des métrages, au temps jadis des couturières à domicile.
A gauche en bleu, la maison Dreyfus, incroyable amoncèlement de rouleaux multicolores, des vendeurs compétents, des prix imbattables. Une ambiance à la "Mustafa Center" de Singapour !
A droite, une atmosphère plus compassée, un style plus haut de gamme : Reine, qui vous propose (par exemple) du vrai tissu Liberty à 22€ le mètre (24,50 au BM) avec des tas de références....
Ensuite, retour vers l'ouest et arrêt rue Yvonne Le Tac, devant l'emplacement de la chapelle où fut fondée la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola, François-Xavier et quelques compagnons.....et arrivée directe place des Abesses, où le métro arbore une des dernières marquises d'Hector Guimard.
Ce n'est sans doute pas par hasard, car vous ne pouvez manquer d'admirer (?) l'église Saint jean de Montmartre, inscrite toute en hauteur sur un terrain biscornu et exigü, et dont la construction entreprise en 1894 fut interrompue pendant de longues années de procédure, car son principe de construction était révolutionnaire. Imaginez donc : des planchers de 7cm d'épaisseur, qui servent également de couverture, des piliers de 50cm de diamètre pour 25m de hauteur, un tel ouvrage ne pouvait que s'écrouler ! Les travaux furent repris en 1902 et terminés en 1904. On ne peut que penser à Gaudi et à sa cathédrale inachevée...
L'architecte, Anatole de Baudot, disciple de Viollet-le-Duc et Labrouste, titulaire d'une chaire d'architecture du Moyen-Age et de la Renaissance, fait preuve d'une étonnante modernité.
La façade est ornée de pastilles de grès flammé et de hauts reliefs en bronze typiquement "Art Nouveau", l'intérieur surprend par sa légèreté et sa clarté, et sans doute regardons-nous cette oeuvre novatrice avec les mêmes yeux que l'exposition consacrée à Louis Comfort Tiffany.
Et bien peu d'églises de ce genre existent en France (sauf Saint Louis de Vincennes). A cette époque en effet, triomphe le style "gâteau à la crème" néo byzantin. Je n'ai rien contre, mais où est l'originalité ?
Bref, Claude lui même la regarde d'un autre oeil aujourd'hui. Le sens esthétique se nourrit de références...

30 août 2009
Eglise romane Saint Géraud de Monsempron
C'est l'une des plus belles églises romanes de la région, et pourtant, les guides ne lui consacrent - au mieux - qu'un court paragraphe.
Saint Géraud* est l'église paroissiale de Monsempron - Libos, perchée sur l'éperon rocher qui domine la rivière Lémance, juste avant qu'elle ne se jette dans le Lot. Elle fait partie intégrante d'un ensemble prieural bénédictin qui dépendait de l'Abbaye d'Aurillac et avait pour dépendances les prieurés de Cuzorn et Saint Front.
On trouve trace de cette institution religieuse à partir de 1299, mais on dit aussi que la nef voûtée date du 16ème siècle (pour la chapelle située dans l'axe de la nef derrière l'autel principal, c'est évident). En revanche, la facture des chapiteaux et la forme des chapelles qui forment le chevet sont caractéristiques de la période romane. Les motifs géométriques, les figures animales traduisent une influence byzantine.
L'église recèle certainement une crypte, mais on a dissimulé son accès par une volée d'escaliers en bois....Mystère, mystère....J'aimerais bien que les Affaires Culturelles nous donnent un peu plus de détails sur cette magnifique construction...
En attendant, regardez les photos que j'ai prises hier après-midi, en visite avec Hugo et ses parents.
*Saint Géraud était le seigneur d'Aurillac. Né au 9ème siècle, il vécut saintement - Odon de Cluny en fait le modèle chevaleresque du seigneur chrétien qui met sa force et ses richesses au service de la Justice et des humbles - et démontra de telles qualités humaines et chrétiennes qu'il fut déclaré saint par la "vox populi". Il fonda le monastère bénédictin d'Aurillac. Prénoms et noms dérivés : Gérald, Guiral, Girault, Girod ?

20 juillet 2009
Cuzorn : 44° 33' 0" Nord, 0° 57' 0" Est
Je vous parle ce matin de notre village, dont le bourg se situe à environ trois kilomètres de notre maison. Il constitue un
verrou sur la vallée, qui de tous temps abrita des guerriers : le terroir
est en effet riche en fer, on y trouve rassemblés tous les éléments permettant,
de puis les temps immémoriaux, de forger des armes : un cours d’eau a fort
débit (pour les martinets), la Lémance (affluent du Lot), les bois (pour l’énergie), le minerai qui affleure
en pierres rondes et sombres, la « castine » ou calcaire servant de
fondant. Plusieurs vestiges d’anciens hauts-fourneaux sont encore visibles sur
le territoire de la commune, par ailleurs très vaste.
Cuzorn compte aujourd’hui un peu moins de 900 habitants, son altitude est de 98m (au niveau du bourg, je suppose, car nous sommes situés bien plus haut....
Au moyen-âge, ce fut une fière place
forte mentionnée depuis 1271, son château a été
démantelé en 1442 après un mois de siège.
L'orgueilleuse forteresse est classée à l'inventaire des Monuments historique,
comme l'Eglise Saint Martin qui domine le village et où Anne-Christine et
Victoire ont célébré leur mariage avec son abside et ses absidioles romanes du 11ème siècle, et une vue panoramique sur
la vallée.
Notre village se développe fortement depuis quelques
années malgré la crise économique. La plus grosse entreprise de la commune, les Parquets Marty, vient d'être rachetée par 7 cadres, après deux plans sociaux drastiques. On espère tous ce son développement se poursuivra désormais....
Rien que dans notre secteur, j’ai
compté plus de dix maisons individuelles construites le long de la route puis
du chemin qui relie le centre du village à Al Calfour au cours des trois dernières
années.
Il s’agit de primo-accédants construisant leur maison parfois eux-mêmes. Il y en a même une qui ne comporte encore que le toît de tuiles, j’imagine que le reste sera en ossature bois et qu’il convient d’attendre le temps nécessaire de sèchage avant d’ériger les murs.
En tous cas, notre village abrite une école primaire très
vivante et, s’il n’a plus de « Poste » mais une simple agence
postale, est plein de dynamisme.














