09 novembre 2009
Trois anniversaires
Aujourd'hui sont célébrés trois anniversaires. Premièrement, celui de la naissance de mon ami Jean-François ! Joyeux anniversaire, avant que je ne l'oublie !
Plus sérieusement, c'est aussi le jour de la mort, à 19h 30, du Général de Gaulle, à la Boisserie, entouré des siens...*
Et puis, tellement éclatant pour des millions d'Allemands, la chute du mur de la honte, érigé dans la nuit du 12 au 13 août 1961 entre Berlin Ouest et Berlin Est. Un mur pour bien marquer aux Allemands qu'ils n'avaient pas fini d'expier leur faute collective, qui était destiné à stopper l'attraction légitime des allemands de la DDR (Die "So gennante Deutsche Demokratische Rebublik", comme disaient les citoyens de la RFA) pour l'économie libérale et la République Fédérale.
Imaginez : 3,50 m de haut avec les barbelés, 155 km de long, des centaines de mètres de No Man's land soigneusement labourés et surveillés avec des chiens (600 chiens), 14000 gardiens (Vopos ou Volks Polizisten), 302 miradors, non seulement une capitale coupée en deux portions se tournant radicalement le dos, mais aussi toute la partie Ouest de la cité isolée du reste du pays.... Les métros circulaient pourtant sous-terre, à travers les stations fantômes où les Vopos pointaient leurs armes quand le train passait...
Et tant de tentatives d'évasion, par tous moyens aussi ingénieux les uns et les autres, mais parfois avec la mort au bout du chemin - plus de 300.
Lorsque j'allais faire des séjours linguistiques, puis amicaux dans ma famille d'accueil à Marburg, les Ehlebrecht, je ne me rendais pas complètement compte du traumatisme que subissaient les Allemands à cette époque, jusqu'à ce qu'on m'emmène voir le Mur. C'était en juillet 1962, je pense. Le père de ma correspondante - salut, Karen - était berlinois. Il avait tout perdu à la guerre (ses illusions et l'espoir de terminer des études correctes) et avait été sévèrement blessé sur le front de l'est après avoir triché sur son âge afin de s'engager, à 16 ans, en 1944. Il en parlait très simplement, il disait comment ils avaient été dès l'enfance embrigadés, quelle avait été son erreur....
Donc nous avons voyagé sur l'un des couloirs ménagés à travers la RDA, le long d'une sinistre autoroute toute cadenassée de hauts barbelés où chaque pont était surveillé par un garde frontière en armes. Pas question d'avoir un pépin mécanique et de devoir s'arrêter...L'angoisse. Ensuite, pour passer le check point, des points de passage séparés pour les allemands de l'ouest et les étrangers : j'ai dû faire la queue toute seule et j'étais terrifiée. Les Ehlebrecht avaient un visa pour visiter leur grand-mère, je crois.....J'étais liquéfiée de peur lorsque je les ai retrouvés de l'autre côté, horrifiée en regardant l'immense cicatrice passant au milieu des maisons, la même image que celle des barbelés des camps de la mort....
En 1990, j'ai organisé un voyage d'études sur le logement social à Berlin où un grand nombre de réalisations sociales très novatrices ont été mises en oeuvre du temps de la République de Weimar.
Quel soulagement ! Le mur était débité en morceaux, j'en ai acheté deux...Le long de ses rares tronçons restés debout, près de la porte de Brandebourg, en bien mauvais état à cette époque, des étals de pllein vent où on vendait à tour de bras des chapkas de l'Armée Rouge, des casquettes vert de gris, des tas de gadgets, souvenir de la dictature...
Les Berlinois ont un humour très corrosif...C'est sans aucun doute ce qui leur a permis de tenir !
* et aussi, de triste mémoire, celui de la Nuit de Cristal

06 novembre 2009
Place Saint Pierre à Paris
Ne comptez pas trouver, au pied du Sacré Coeur, la Cité du Vatican.....
Ici, c'est le royaume du tissu débité au mètre, de tous les styles, de toutes les couleurs, du plus humble au plus sophistiqué.
Je venais déjà chez Dreyfus, au fameux "Déballage du Marché Saint Pierre " avec ma mère et la maison a plus de soixante ans. Le vendeur qui m'a servi m'a dit, lui, qu'il n'était là que depuis 20 ! 2500m² de rayons, un des magasins de tissus les plus grands au monde (mais Mustafa est certainement hors concours !)
Je cherchais du pilou, mais j'ai eu bien du mal à trouver un motif et une qualité valables.
Je me suis rabattue sur un très léger piqué de coton avec de petites oies bleues, pour Camille.
Et, de l'autre côté de la rue, voisin de "Reine", la boutique des Coupons de Saint Pierre. Les métrages sont ici calibrés à 3m, et le prix du coupon est de 5 ou 10€.
Résultat de mes achats : un prix moyen au mètre de 3,58 € ! Maintenant, il faut se mettre au travail ..

04 novembre 2009
Un après-midi avec Hugo....
J'avais toujours cru que les films publicitaires n'étaient nés que de l'imagination fertile des scénaristes ...Que nenni !
Vous savez, la pub Lotus du bébé qui déroule le rouleau de papier toilette...Eh bien, essayez donc d'attraper un enfant de 3 ans qui court en déroulant un si joli ruban et en définitive, fier de sa prise, dépiaute méticuleusement le reste de bobine pour jouer à la neige !
Voila Hugo, après les légos, la séquence "bagarre" avec son Daddy dont l'enjeu est toujours la paire de lunettes, le bâteau de pirates (toujours aussi efficace, Florence !), un simple rouleau de papier toilette volé (mais allez courir après un gamin facétieux quand vous y êtes, aux toilettes .....), le tout avec mille sourires charmeurs.
Il faut dire aussi qu'après avoir bien joué, Hugo a ramassé tous les bouts de papiers et les a déposés à la poubelle !
Je craque.....

02 novembre 2009
C'est joli aussi, Paris !
Claude m'avait prévenue hier soir, en rentrant du TGV : à part les clayettes du frigo, il n'y avait plus rien à manger à la maison. Plus rien...de frais, plus de légumes, plus de fruits, même plus de jambon sous blister plastique comme il l'aime (Si, si, là, je cafte !)
Donc ce matin dès l'aurore, départ à pied pour la rue Cler (traduisez : on prend le 82 direct) et courses de survie. Très peu de boutiques ouvertes, juste de quoi bien manger à midi et acheter un gros poulet pour mercredi et les Babous. Retour à pied par la rue de Grenelle dans la splendeur du soleil jouant sur les ors des arbres, en marchant sur les feuilles mortes détrempées (attention, ça glisse, que fait la Mairie ?), avec passage par la rue du Cherche-Midi et la halte chez Poilâne.
Quatre kilomètres en un peu moins d'une heure, ce qui devrait constituer une dose de marche quotidienne. Paris est somptueux en automne et la pluie peut venir, j'ai plein de choses à faire à la maison !

01 novembre 2009
Pujols, fière forteresse, veille sur Villeneuve
Campée au plus haut de la montagne de calcaire qui surplombe le Lot, Pujols a, de temps immémoriaux de l'époque gauloise, constitué un "locus idoneus" pour surveiller la riche plaine de Villeneuve. On y trouve une voie romaine, et une puissante forteresse y fut construite dès le Vème siècle, pour lutter contre les invasions...Les Goths ?
Aujourd'hui, c'est un superbe village qui ne souhaite qu'être envahi par les touristes, Goths de l'est et/ou de l'ouest, britons, germains, bataves, angles et saxons....
Jusqu'au XIIIème siècle, Pujols était considérée comme une des places fortes les plus importantes de la région et échappe de ce fait à la croisade des Albigeois.
La forteresse médiévale, rasée puis reconstruite, sera vendue pierre à pierre en 1830.
En regardant attentivement, on distinguera tout de même les vestiges du château avec ses tours d'un diamètre de 12m, les restes du mur d'enceinte, les superbes portes dont celle des anglais, le clocher donjon de l'église qui fait corps avec la muraille, une très jolie halle, la rue principale et son puits.
Et, détail non moins intéressant, plusieurs excellents restaurants !


31 octobre 2009
Merci aux anges gardiens de la maison !
Un petit coup de chapeau à ceux et celle qui font que ma maison nous est si accueillante, qui oeuvrent à la maintenir confortable et à la mettre en valeur.
Les inconnus, comme le livreur de gaz que nous ne voyons presque jamais remplir la cuve - une seule panne d'approvisionnement en vingt ans - et ceux qui font partie de nos amis à présent. Michel, l'as du diagnostic électrique, Etienne qui a construit avec son frère Jean-Claude l'extension de la chambre du pigeonnier, Olivia qui met l'ordre que nous dérangeons, et Carlos qui vient s'occuper du jardin.
Cette fois, il s'est attaché - ou peut-être devais-je dire "attaqué" ? - à la partie du jardin que nous avons baptisé "jardin marocain". Il en a supprimé toutes les ronces qui l'avaient au fil des années envahi. Seuls restent les massifs pérennes, et voici de la place nouvelle pour planter, lors de nos prochains séjours, des rosiers !
Aujourd'hui est revenue la brume, ce soir ou demain la pluie...Le beau temps qui nous a permis de passer toute la journée avec nos amis sur la terrasse hier est de sortie : nous repartons demain.
J'adore partir, j'adore revenir !

Bon anniversaire Hugo !
Octobre est particulièrement riche en anniversaires !
Aujourd'hui, c'est Hugo qui célèbre ses 3 ans ! Un cap puisqu'il va depuis la rentrée à l'école.....
Trois ans qu'il nous charme avec ses mimiques expressives, et ses phrases à l'emporte-pièces comme lorsqu'il lance à sa tante Anne-Christine, montant dans la voiture de ses parents : "Eh, j'fais pas le taxi, moi !"
Encore quelques semaines et il va voir enfin naître sa petite soeur, avec laquelle, me dit Victoire, il tient de grandes conversations à travers le ventre de sa mère.
Une maman qui reste désormais à la maison jusqu'à la naissance du bébé. Quel bouleversement ce sera ! Il va devenir grand-frère !
Bon anniversaire Hugo !

30 octobre 2009
Bon anniversaire Dorian !
Deux ans déjà !
Et tant de souvenirs qui me lient à mon petit-fils Dorian, pourtant si loin de nous, à Singapour.....
Claude et moi pensons très fort à lui, sous ses pseudonymes les plus courants : Calinator ou Calinausore...
Je le revois juste sorti du chou, presque à la maison, et son départ pour Tokyo juste au moment où moi, on m'emmenait à Cochin en ambulance.....
Comme Florence était inquiète !
Je le revois aussi cet été, faisant ses premiers pas dans le salon du Clafour, après avoir mûrement réfléchi.
Un enfant sage, calme et déterminé, un bébé puissant et tendre...Ils en ont de la chance ses parents ! Et nous donc, ses grands-parents !
Donc, bon aniversaire Dorian, profite bien de la fête que te prépare ta maman !

29 octobre 2009
Moirax, prieuré clunisien fondé il y a preque 1000 ans
Parmi les merveilles romanes du Lot-et-Garonne, l'abbatiale Notre-Dame de Moirax occupe une place prépondérante. D'abord parce qu'elle est une des plus anciennes du Sud-Ouest - elle fut construite entre 1049 et 1140), par ses dimensions (une nef de 54m), la beauté de ses châpiteaux, son choeur carré surmonté d'une coupole.
Son plan basilical est des plus classiques : deux bas-côtés, une abside flanquée de deux absidioles, de merveilleuses sculptures tout autour des corniches, un banc des pauvres à l'intérieur.
Elle fut édifiée après que le seigneur du lieu ait fait donation de ses terres à l'ordre de Cluny, malgré les protestations de ses héritiers, ce qui perturba fortement la construction.
Et il y avait sans doute de quoi protester contre ces dernières volontés les privant des péages du gué de Lécussan, l'un des plus importants sur la Garonne, et des revenus de cette étape sur le Chemin de Saint-Jacques.
Aujourd'hui, les bâtiments conventuels ont servi de réserve de pierres pour restaurer l'église devenue église paroissiale, ainsi que quelques maisons de ce délicieux village situé à quelques kilomètres d'Agen sur la route d'Auch. Il ne subsiste du cloître que le puits des moines.
L'église a été restaurée au XIXème siècle, des fenêtres ont été percées sur les flancs de la nef et un affreux "châpeau chinois" édifié sur le portail principal. Malgré ces modifications incongrues, la silhouette de cette merveille d'art roman est superbe, et elle vaut d'être visitée.
A noter aussi, de très beaux bas-reliefs de bois sculpés représentant des scènes bibliques, par Jean Tournier (fin du XVIIème siècle).

28 octobre 2009
Salamandre, leçon de choses
En nous promenant sur le chemin qui conduit à la maison, nous avons trouvé sous nos pieds, avant-hier, pas moins de trois cadavres de salamandres mâles. Quel dommage, puisque cette espèce de batracien amphibien nocturne est protégée !
Hélas, son principal prédateur est l'homme, avec ses véhicules, qui écrasent irrémédiablement cet animal lent, la nuit.... En fait, pour les autres animaux qui seraient tentés de l'approcher, l'animal qui mesure environ 17cm pour les mâles et jusqu'à 31cm pour les femelles, dispose d'une arme secrète (oh le jeu de mots !) : il propulse en effet dans leur direction une substance venimeuse blanche, brulante, à partir de glandes de son dos et entre ses deux yeux ! Sinon, sa lenteur limite son ordinaire aux lombrics, limaces, escargots et vers divers....
Sa forme chantournée, ses taches jaunes sur le dos, font penser à une créature de l'enfer. On croyait, au Moyen-Âge, qu'elle vivait dans le feu. La devise de François Ier, qui l'avait choisie pour emblème (représenté ici à droite, sur un chapiteau du château de Chambord), étant : "J'y vis et je l'éteins".
Mais ce pauvre animal vulnérable, avec ses quatre doigts de mains et ses cinq doigts de pieds, mue chaque mois et ne saurait, sous peine de mort, se passer de l'humidité qui lui est indispensable pour survivre...sa longévité dépassant 25 ans en temps normal. Quel paradoxe !









