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4 novembre 2022

Adèle Blanc-Sec, Le bébé des Buttes-Chaumont par Jacques Tardi

bébégarde

Jacques Tardi est mon complice de lecture depuis toujours. Nous sommes « de la classe 46 » et nos deux pères ont été prisonniers dans le même camp pendant la deuxième guerre mondiale (notez que je ne parle pas de « seconde » car la menace d’une troisième pointe son nez).

Comme Georges Rémi – inoubliable créateur de Tintin – il a décidé qu’après ce dixième épisode des Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, personne ne serait autorisé à tenter d’y donner une suite. C’est son droit le plus strict. Nous, pauvres lecteurs, respectons sa volonté – mais avec regrets …

Encore que : ce dernier opus est pour le moins déconcertant, voire totalement farfelu. Pour ma part, je n’en retiens que l’excellente mise à la couleur de Jean-Luc Ruault et surtout les vues magnifiques du Paris des années 20, noyées de pluie et d’une fantastique précision.

Le-Bebe

Le-Bebe-vache

Tardi joue ici les Nostradamus a postériori : il nous narre une histoire de pandémie (mais il précise que son album était déjà dans ses cartons bien avant la Covid) et de masques, une maladie véhiculée par un pinard empoisonné (par un virus ?) qui a d’étranges effets sur ses consommateurs : apparition de pustules, puis de tentacules auriculaires, enfin la transformation radicale des victimes en bovidés carnivores à la manière de Benjamin Rabier (autre précurseur, créateur inoubliable du logo de La Vache qui Rit) mais sans le sourire.

Le méchant dispose aussi d'une armée de clones d’Adèle (pour lui faire porter le chapeau) qui ont pour mission de se faire sauter en approchant la foule … mais elles n’y parviennent pas totalement.

Autre gag récurrent : l’envoi dans le décor de trottinettes totalement anachroniques.Encore une lutte obsessionnelle de Tardi ?

L’occasion pour l’auteur de faire appel à tous les anciens personnages de ses précédents ouvrages – y compris Le cri du peuple – et de glisser une multitude de références aussi vachardes que contemporaines – Le Figaro dans les poubelles p. 13 et 54, la recherche de la formule du vaccin qui enrichira ceux qui réussiront à le mettre sur le marché, etc...

Pour ma part, ayant un peu négligé les dernières aventures de la belle Adèle, je n’ai pas capté tous les retours de personnages pour moi inconnus.

Ici, le scenario n’a toutefois pas grande importance. Il s’agit plutôt d’un exercice de style façon Magritte, une sorte de collage du genre « ceci n’est pas une bande dessinée » où l’essentiel des révoltes de Tardi est mis en valeur : contre les institutions et en particulier la police ...

Mais ce qui ne change pas, malgré les années, c'est le graphisme avec tous ses codes bien connus des aficionados, les dialogues ciselés, les chansons détournées de la chorale des Momies dues à la complice de l’auteur Dominique Grange.

Bref, un ouvrage à décrypter à plusieurs niveaux, qui clôture un cycle de façon explosive … et décevante pour ceux des lecteurs qui en resteront au premier degré.

 

Adèle Blanc-Sec, le bébé des Buttes-Chaumont, BD de Jacques Tardi édité chez Casterman, 64 p., 15

Commentaires
T
Il ne m'est pas encore tombé sous les yeux... Adèle Blanc-Sec, je les lisais au fur et à mesure de leur parution lorsque j'étais plus jeune.<br /> <br /> Tant que Tardi est vivant, rien ne lui interdira un 11e opus malgré tout ce qu'il a pu dire (je me rappelle Sokal annonçant qu'il interrompait définitivement sa série "Canardo" pour passer à autre chose... il a bien dû dessiner une dizaine d'albums après cela!). <br /> <br /> (s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
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