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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 7 petits-enfants.
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4 mars 2021

L'homme en rouge, récit de Julian Barnes

julian barnes

Quel est le déclic, dans l’âme d’un talentueux écrivain n’ayant plus rien à prouver, qui le pousse, devant le portrait aussi étrange que réussi d’un très bel homme vêtu d'une robe d’intérieur écarlate – à s’intéresser à la vie compliquée de son modèle ?

Ni un roman, ni une biographie, L’homme en rouge est une dissection de la société intellectuelle de la Belle époque, une galerie féroce de portraits. Et si le qualificatif de « belle » lui a été donné, c’est sans doute en référence aux années terribles qui la suivirent …

Samuel Pozzi

La vie de cet homme si séduisant, si parfaitement accompli, honoré de son vivant pour ses compétences professionnelles inédites, séducteur compulsif, collectionneur lancé dans le monde des arts et des lettres, est en effet plus étonnante que celle de n’importe quel héros de roman.

Samuel Pozzi (1846 – 1918) est le pionnier de la gynécologie moderne en France. Et aussi un dandy, comme ses comparses archétypes du genre : le compte Robert de Montesquiou, poète mondain et critique d’art superbement portraituré par Boldini, modèle de plusieurs romans de son époque (en particulier Des Esseintes d’A rebours et le baron de Carlus de La Recherche) et le prince Edmond de Polignac, tous les deux homosexuels notoires.

Selon Baudelaire, le dandysme est « le dernier éclat d’héroïsme dans les décadences. »

Oscar Wilde dit « devenir le spectateur de sa propre vie (…) et échapper à la douleur de vivre. » Être un dandy présente aussi une forte résistance à l’hétérosexualité dominante …

A travers la vie tumultueuse de Samuel Pozzi, incorrigible séducteur qui couchait avec ses patientes et qui eut de célèbres liaisons avec Sarah Bernhardt, Réjane, Emma Fischof … Julian Barnes brosse le portrait des élites intellectuelles parisiennes et anglophiles – et souvent aussi antisémites (mais pas Pozzi !) - de ce temps : une époque de bruits et de fureurs – l’affaire Dreyfus, le meurtre de Gaston Calmette …

Carolus-Duran

Prince de Polignac James Tissot

R de Montesquiou Boldini

De nombreuses illustrations des peintres en vogue car il était de bon ton de se faire portraiturer, une curieuse reproduction des images des célébrités de l’époque glissées dans les tablettes de chocolat Félix Potin, un rappel de ce que furent Carolus-Duran, John Sargent – le peintre mondain de l’Homme en rougeJames Tissot, mais aussi J.K. Huysmans, Jean Lorrain, Jules Barbey d’Aurevilly, Gabriel Yturri, les Daudet, Léon Bloy,  Colette, Gyp, Anna de Noailles …

L’essence de la civilisation française rendu par un écrivain francophile, ou bien « ultime complaisante efflorescence fin de siècle » ?

Un ovni littéraire, un peu « foutraque » selon moi. C’était ma première incursion dans l’œuvre de Julian Barnes, mais je ne pense pas que je poursuivrai … un nouvel essai, tout de même puisque tous ses romans sont dans ma bibliothèque de campagne ...

 

L’homme en rouge – The Man in the Red Coat - de Julian Barnes, traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin, publié au Mercure de France, 300 p., 23,80€

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