Les contes cruels de Paula Rego au musée de l'Orangerie
Il ne reste que quelques jours pour découvrir l’œuvre inquiétante et dérangeante de Paula Rego (née en 1935), artiste portugaise de l‘école de Londres, présentée au musée de l’Orangerie.
Une artiste contemporaine dont je pourrais qualifier le style de « figuratif féroce ». Plus sérieusement, les experts la situent dans la ligne des figuratifs modernes : Matisse, Modigliani, Picasso, Soutine, Marie-Laurencin … Rien de moins. Tout à fait le style des peintures qu’affectionnent Florence et Nicolas !
S’y ajoute une approche narrative et politique des « histoires » ou « contes » renouant avec la tradition illustrative du XIXème siècle : Goya, Gustave Doré, mais aussi Benjamin Rabier, Granville … Les références sont explicites. Ce qui produit une œuvre qualifiée de « baroque, catholique, sensuelle, hispanique … »
A partir de 1975, grâce à une bourse de la Fondation Calouste-Gubelkian, Paula Rego relit les contes populaires et étudie leur signification psychologique profonde. Elle applique à l’enfance un regard ambivalent, cruel, trivial, manipulateur, violent, animal …
Une relecture sans indulgence des mythes de l’enfance comme Peter Pan, le pillowman, Pinocchio. Elle déclare : « Je veux travailler sur des histoires qui se dévoilent au fur et à mesure. » et « Tout en aimant les histoires, je veux les malmener, comme lorsqu’on l’on recherche à faire du mal à la personne que l’on aime. »
Des histoires à générer des cauchemars et un bestiaire fantastique - mais pour moi, la découverte d’une artiste européenne dont je n’avais jamais entendu parler, au détour d’une re-visite aux Nymphéas de Claude Monet.
Les contes cruels de Paula Rego, exposition au musée de l’Orangerie jusqu’au 14 janvier.