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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 7 petits-enfants.
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2 septembre 2009

The Reader, roman et film

La critique de Claude sur le roman de Bernhard Schlink (édition Folio, traduction de Bernard Lortholary) et le film qui en a été tiré par Stephen Daldry (2008)

 

the_reader__affiche2C’est une terrible histoire que nous racontait il y a dix ans Bernhard Schlink, magistrat allemand né en 1944, celle d’un jeune garçon de sa génération, lycéen qui rencontre un jour, par hasard, une femme solitaire, belle, et qui l’accueille. Ils vivent de grands moments de bonheur, pendant lesquels, notamment, il lui lit l’Odyssée, Tchekov etc. Un jour, elle disparaît.

Quelques années plus tard, étudiant en droit, il la retrouve dans un procès, accusée d’avoir été gardienne (Kapo) à Auschwitz, et d’avoir commis un crime de guerre pendant la « marche de la mort », la marche vers l’ouest devant les Russes.

Elle se défend très mal, et il comprend qu’elle est illettrée. Elle pourrait atténuer sa responsabilité si elle l’avouait, mais elle en a honte. La suite est poignante, vous la retrouverez dans le livre ou au cinéma dans ce film qui vient de sortir sous son titre anglais. Pourquoi d’ailleurs "The Reader" ? et pas « der Vorleser », ou « Le liseur », et pourquoi, dans le film, les héros, infiniment allemands,  lisent-ils des livres traduits en anglais ?.

C’est écrit avec simplicité et élégance – bravo aussi au traducteur français -, et on n’en sort pas indemne. Quant au film, il est assez fidèle à l’histoire, avec les inévitables simplifications qu’impose le cinéma, mais sans tomber dans les erreurs de nombre d’adaptations. Un des acteurs est remarquable, David Kross, jeune allemand dont c’est le cinquième film, et n’oublions pas la présence et le métier de Kate Winslet et de Ralph Fiennes.

Un élément troublant : dans d’autres livres (« les Bienveillantes », de Jonathan Littell, 2006, ou « La mort est mon métier » de Robert Merle, 1952, les auxiliaires de la mort nazie sont  des bureaucrates ambitieux et organisés. Hanna, au contraire, apparaît elle-même comme une victime : femme, pauvre, handicapée par son illettrisme, désorientée. Le procès met aussi en lumière une vérité dérangeante : l’Allemagne a plus jugé les « lampistes » - ici, de surcroit des femmes - que les patrons, grands et même moyens, de la SS.

 

A lire et à voir, pour l’émotion, et aussi pour contribuer à la réflexion sur la culpabilité devant les crimes de guerre, qui ne s’arrête ni en 1945, ni aux frontières de l’Allemagne. 

 

 

 

 

 

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