31 janvier 2008
Une nouvelle étape de mon parcours médical
J’avais dû
négocier ferme pour maintenir mon rendez-vous pour biopsie aujourd’hui, étant
toujours sous anticoagulant. J’ai encore négocié le moment venu, argant de ce
que je n’en pouvais plus d’attendre cette mammotomie dont le verdict décidera
si je réenchaîne sur un processus déjà connu…ou si la série de catastrophes
médicales s’arrête enfin. Les médecins de l’Institut Curie ont pris le risque
d’un hématome important, et moi aussi, et tout s’est bien passé. Plusieurs
prélèvements ont été effectués sous anesthésie locale. Les résultats seront
connus dans quelques jours. Contrairement à ce qui avait été pratiqué en 2001,
l’examen est réalisé sous mammographie. Le médecin voit donc où il va, prélève
partout où il faut. Il pose aussi un « clip » de repérage (en titane)
des tissus suspects. Lors de prochaines mammographies, on ne pourra donc pas
« rater » la zone à surveiller.
Je dois
dire combien sont douces, explicatives et efficaces les personnes entre les
mains desquelles je suis passée. Tout le processus ainsi que les appareils –
très impressionnants tout de même – sont doucement décrits. Pas de prise en
traître. Une des assistantes me tenait le dos pendant l'investigation : cela apporte une chaleur toute humaine et accessoirement évite que le patient ne sursaute. L’examen se fait à plat ventre sur une table surélevée et rembourrée, dans
laquelle un trou est ménagé. Les radios de guidage et les prélèvements se
passent en dessous. Cela n’est pas plus douloureux qu’une anesthésie chez le
dentiste. Sans doute ressentirai-je une douleur lorsque l’anesthésique aura cessé
son effet…Mais avec le pansement compressif qu’on a posé et du paracétamol, je
sais pouvoir assurer.
Permanence, rémanence
Lu dans Le
Monde d’hier : « L’Italie reste fragilisée par les liens entre mafia
et politique ». On y apprend tout bonnement que le vice-président de la
région Calabre – où sévit la Ndgrangueta, sœur de la Mafia sicilienne –
Francesco Fortugno, a été assassiné de cinq coups de feu alors qu’il sortait
d’un bureau de vote pour les élections primaires à gauche, le 14 octobre 2005.
En fait, cet homme peu conciliant avait été élu par surprise à la place du
candidat soutenu par l’organisation mafieuse et son élection remettait en cause
les équilibres politico-économiques micro-mafieux, disent les juges.
Ainsi le
rapport annuel de la Direction Nationale Antimafia souligne-t-il la permanence
des liaisons maintenues entre hommes politiques et mafieux…..
Rendue
curieuse de la question à travers la série « Les Soprano’s », j’ai
entrepris la lecture de l’histoire de la Mafia sicilienne de 1860 à nos jours (par John Dickie, PERRIN, collection Tempus). Rien ne change…..Hommage à ceux
qui luttent et le paient parfois – souvent – de leur vie, comme les juges
Falcone (portrait) et Borsellino. Avoir décerné leur nom à l’aéroport de Palerme ne les
fera pas revenir.
30 janvier 2008
Bientôt la Chandeleur
Et une foule de souvenirs m'assaillent de nouveau : les parties de crêpes de maman, que nous n'aurions manqué pour rien au monde. Il nous fallait tourner et faire sauter notre crêpe, avec coincée au creux de la main, une pièce d'or. Comme nous n'avions pas de Napoléon, maman nous confiait son bracelet : c'était une gourmette à laquelle avaient été rajoutées quatre pièces d'or montées sur un cercle. Je me souviens combien c'était malcommode de tenir à la fois le manche de la poêle et le bracelet. La tradition était destinée à nous prémunir contre la famine : symbolique du disque solaire dans la forme de la crêpe, et de l'or pour viatique. Et de fait, nous n'avons jamais manqué de rien, en particulier grâce aux vertus de bonne gestion et d'épargne de ma mère. L'autre tradition - piémontaise celle-là - de début d'année était le premier repas, après de réveillon du 31 décembre : obligatoirement des lentilles. Cette année, je l'ai ratée ! Mais Claude a maintenu avec les filles. L'honneur est sauf.
Pâte
à crêpes
1/2
litre de lait (ou quatre verres), 250g de farine (deux verres), 3 œufs entiers, un trait
d’huile neutre, du sucre ou pas du tout pour des crêpes salées, une pincée de
sel en tout état de cause, un verre de rhum pour parfumer.
Mélanger
au fouet ou au mixeur plongeant afin de ne laisser subsister aucun grumeau, puis
faire reposer au moins une heure au frais, à couvert.
Jouer
sur la quantité de liquide pour obtenir une pâte plus ou moins liquide, selon
le type d’utilisation. Utiliser une poêle anti-adhésive bien chauffée, passer
un papier absorbant légèrement enduit de beurre entre chaque crêpe. Les crêpes
peuvent se préparer un tout petit peu à l’avance. Dans ce cas, poser l’assiette
sur laquelle vous les empilez sur une casserole d’eau en ébullition, couvertes
d’un papier d’aluminium. Mais le mieux, c’est de les déguster au fur et à
mesure, encore mieux, dans la cuisine elle-même : fous-rires garantis !
29 janvier 2008
Je repense à mes parents
Il est des jours où je pense très fort à eux. Ils me manquent. Ils formaient un couple formidable, malgré leurs différences et leur vie conjugale exemplaire, qui a duré plus de soixante ans, et ne fut pas dénuée d'orages. Ils avaient une passion pour leurs enfants et leurs petits enfants. Chaque été, ils venaient passer trois semaines dans notre maison du sud-ouest. Plus tard, lorsque Maman nous eut quittés, Papa ne ratait pas une occasion de venir, lors de pratiquement chaque séjour : ils se rendait utile en nous donnant des conseils pour la maintenance de la maison, le jardin. Maman cuisinait, elle adorait ça. C'est en son hommage que j'ai "relevé" le diminutif de Mammy. Ils avaient en particulier le chic pour nous faire les raviolis, en duo, Papa étirant la pâte avec la machine italienne - que j'ai toujours - et Maman confectionnant la farce et la sauce. Aussi, c'est en pensant à eux - pourquoi ce soir ? - que je transcris ce dont je me souviens de leur tour de main inégalé....
Les raviolis des Mens
L’intérieur des raviolis est confectionné à base
d’un reste de daube. On réserve séparément les morceaux de viande refroidis, et
la sauce de base pour l’accompagnement.
Faire blanchir quelques minutes une quantité de vert de blettes, les égoutter et bien les essorer (compter au minimum deux bottes, garder les côtes pour un gratin). Passer au mixer ou à la moulinette deux volumes de viande pour un de verdure. Placer l’ensemble dans un grand saladier, lier avec deux jaunes d’œufs et bien mélanger afin d’obtenir une pommade de consistance fine. Soigner l’assaisonnement : la farce ne doit pas être fade.
Les pâtons de pâte aux œufs (5 œufs entiers dans un
kilo de farine avec de l’eau et du sel) doivent être pétris soigneusement et
reposés. La partie la plus spectaculaire et la plus difficile est de laminer la
pâte de façon à obtenir un ruban de la largeur du moule à raviolis (plaque de
24 alvéoles, ce qui correspond à la portion individuelle minimale), et de
l’épaisseur la plus fine possible avant la rupture de la pâte.
Fariner légèrement le moule métallique à puis le garnir avec un
ruban de pâte, enfoncer chaque alvéole et l’emplir d’une petite noisette de
farce du bout des doigts, recouvrir avec un nouveau ruban, bien enfoncer cette
couche en passant un coup de rouleau à pâtisserie sur le dessus du moule, de
façon à bien marquer le damier, ce qui permet de bien découper les raviolis. Saupoudrer de farine puis retourner chaque plaque de raviolis (côté bombé au-dessus) sur
un torchon propre également fariné, posé sur une surface plane, si possible en bois (attention à la condensation).
Un temps de repos et de séchage au frais (mais surtout
pas au frigo) est indispensable (deux à trois heures) avant la cuisson. Il faut
prendre garde à ce que l’humidité puisse s’évaporer – donc éviter les surfaces
comme le plastique sous le torchon - et éviter les chevauchements de
coussinets : la pâte fraîche colle…..
Juste avant la cuisson à l'eau bouillante alée cuisant à gros bouillons et à l'aise (qui ne dure pas plus de 3 à
4 minutes), découper soigneusement les plaques pour libérer chaque ravioli. Vérifier que les petites enveloppes ne se défassent pas dans l'eau.
Ananas Saint Germain
Pourquoi Saint Germain, je l'ignore, mais c'est une recette ultra-facile à réaliser, qui peut aussi avoir sa version light avec du fromage blanc maigre. Choisir
de petits ananas individuels, compter un pour deux convives. Les couper en deux
dans le sens de la longueur (garder le plumet) et évider la pulpe. Après avoir
éliminé les parties dures, couper la chair en dés, réserver dans un bol avec un
petit verre de rhum.
28 janvier 2008
Routine et extras
Le temps file entre mes doigts comme une poudre, impalpable. Chaque jour, avec sa routine et ses « extras », m’éloigne un peu de la panique d’une rechute. Je marche dans l’appartement. Vingt pas le long du couloir : un aller. On peut dire que je fais les cent pas, histoire de ne pas endormir la circulation du sang « de retour » et de faire jouer les articulations. Je lis avec délectation les aventures de Romane à Tokyo, nous regardons des séries américaines, Claude s'acharne sur une grille de mots croisés....Ma prochaine étape est jeudi après-midi : la macro-biopsie. Je ne sais quand j’en obtiendrai les résultats. Dieu merci, j’ai de quoi m’aider à m’endormir…En tous cas, Claude à l’air de supporter cette réclusion avec humour. Cela ne doit pas être très agréable pour lui depuis deux mois ; mais cela le repose des émotions que je lui ai fait, bien involontairement, subir ! Nous avons aussi la possibilité de faire quelques entorses à la routine : hier un déjeuner à La Coupole, ce soir, un dîner chez des amis. Même si j’ai une tête à faire peur, cela me distraira….
27 janvier 2008
Des hommes d'Etat
Publié chez Grasset (450 pages). Je viens de terminer le journal de
bord – 1er janvier 2005 – 6 mai 2007 – du plus proche conseiller de
Dominique de Villepin, Bruno Le Maire, que j’ai lu d’une traite. Une chronique
presque quotidienne du sommet de l’Etat, autour de trois figures
emblématiques : un Président désabusé, vieillissant, indifférent, un
premier ministre qui s’enfonce dans ses certitudes et ses maladresses, un
Nicolas Sarkozy brûlant, habité par son ambition, enjôleur, et que l’auteur
s’efforce de présenter sous le meilleur jour…..histoire, sans doute, de pouvoir
à nouveau servir son pays ! De ces événements relatés, si on lui demande
comment il concilie devoir de réserve et objectivité, il répond : "Sur la loyauté, j'ai toujours dit que
j'étais fier du travail que nous avions réalisé avec Dominique de Villepin, et
je ne change pas. Sur le devoir de réserve, j'ai volontairement évité de parler
de tout ce qui était couvert par le secret: les affaires de défense, les
conversations diplomatiques confidentielles, les sujets économiques sensibles.
Je cherche une vérité sur le pouvoir et sur les hommes qui l'exercent, je ne
montre pas ce qui doit rester secret." (blog Rue89). Bruno Le Maire
écrit bien, est très lucide, les passages sur sa vie de famille émeuvent. On
comprend très bien la charge de travail – et émotionnelle - d’un tel « job » : directeur
de Cabinet du Premier Ministre, c’est l’enfer. En contrepoint de « West
wing », c’est un livre passionnant !
26 janvier 2008
Je renoue avec les déjeuners de famille.....




Certes, certes, je n'ai pas cuisiné mais j'ai simplement commandé un mezzé chez Feyrouz (Paris XVème). Livré vers midi et à la fois copieux et bon. Il nous en reste pour deux jours ! Mais c'est surtout le plaisir d'avoir à nouveau mes enfants et petits enfants autour de moi. Manquaient à l'appel évidemment les tokyoïtes et aussi Laurent, couvant une grippe. Les enfants étaient ravis d'être ensemble - mes petits, mais aussi mes grands - et moi au milieu, heureuse comme une reine. Un peu estropiée, mais tout de même ! Si je n'avais pas, par erreur, débrayé l'autofocus de mon appareil photo et ainsi loupé la plupart des images, ma joie serait complète.......
Poulet Zanzibar
Aujourd'hui, je transmets une recette qui me vient de Mark L., le mari de Michèle. A part cela, il exprime son talent aussi dans la peinture de portraits saisissants !
Faire
chauffer de l'huile d'arachide dans une grande poêle épaisse et y faire dorer
les morceaux de poulet pendant 4-5 minutes. Les retirer de la poêle. Faire
revenir deux oignons émincés, trois gousses d’ail pelées, dégermées et écrasées
avec deux piments verts (avec leurs graines) jusqu'à ce qu'ils soient tendres.
Ajouter trois tomates (un pu vertes) hachées et bien mélanger. Rajouter 30cl de
crème et 80cl de lait de coco et cuire à feu doux.
Concasser
les épices : ½ c. à café de curcuma, de graines de cumin et de
coriandre, 8 ou 9 cardamomes avec un mortier et pilon puis les rajouter
dans la poêle. Rajouter les morceaux de poulet, ainsi que la moitié du jus d’un
citron vert. Assaisonner.
Cuire
à feu doux pendant 45 minutes sans couvrir. Vérifier que le poulet soit cuit
Pour servir, ajouter les haricots verts dans la poêle et laisser chauffer.
Concasser le piment vert et le basilic avec mortier et pilon puis mélanger avec
le reste du jus du citron vert. Rajouter à la poêle. Servir avec du pain naan.
25 janvier 2008
Excursion lointaine
Cet après-midi, Claude et moi sommes allés à la FNAC rue de Rennes. Facile à l'aller, dur, dur au retour...J'ai peut-être un peu présumé de mes forces. Mais bon, on est bien rentrés à la maison. L'objet de notre visite ? Acheter la suite de West wing, bien sur ! Nous n'avons trouvé que les saisons 4 et 5, j'ai commandé la 3 sur Amazon en rentrant à la maison.....









